Rechercher sur cgjung.net Espace Francophone Jungien
Accueil    C.G. jung    Son oeuvre    Articles    Séminaires    Ressources    Livre Rouge    Sites jungiens    Contact

Espace Francophone Jungien menu



Bernard Long

Bernard Long, médecin homéopathe, publie plusieurs textes sur l’homéopathie et les symboles.

 

Ses recherches s’appuient également sur les travaux de C.G. Jung.

Le sujet sepia se fait un sang d’encre

L’encre de seiche est noire. Le sujet sepia va agir, mais il aura la « difficulté d’être ». Il passe son temps à se mouvoir, parfois à fuir dans une course éperdue à l’action et, en cas de danger, il tente de s’échapper en se précipitant vers l’ombre, la solitude et une froideur stérilisante.

Sepia la seiche

La seiche est un céphalopode qui peut être assez grand. Son corps est de forme ovale, assez large et aplati. Elle a deux grands yeux. La bouche est entourée de dix tentacules, deux longs et huit courts (sepia octopoda soit la seiche à huit pieds), dont elle se sert pour chasser.

La seiche, avec ses huit pieds, est un animal véloce qui sait se dissimuler en adaptant sa couleur au milieu, en se cachant derrière son nuage d’encre noire. Elle fuit l’autre, elle fuit la lumière, pour mieux se dissimuler, pour être plus efficace dans la saisie de ses proies, tout cela grâce à un appareil locomoteur performant.

Elle adapte sa couleur à celle du milieu et se tient tapie, immobile au-dessus du fond face à sa proie. Sa chasse est nocturne. Elle propulse brutalement ses deux longs tentacules munis de ventouses sur sa cible et les ramène ensuite pour engloutir l’animal dans son bec où elle déchire sa proie en lui injectant une toxine. La seiche peut se déplacer très vite. Elle expulse de l’eau par un siphon situé près de sa tête et peut masquer sa fuite en lançant de l’encre.

L’encre de seiche est noire. Elle est contenue dans une poche. Hahnemann écrit à son propos :

« Ce liquide brun noir est contenu dans une poche dans la partie inférieure du gros animal marin, la seiche et, de temps en temps, elle en éjecte pour assombrir l’eau autour d’elle, vraisemblablement pour s’assurer ainsi de sa proie, ou aussi pour se cacher de ses ennemis ».

Sepia homéopathique

On trouve sepia chez Hahnemann dans les « Maladies chroniques ». Hartmann en donne la préparation :

« Un grain de cette substance en poudre est étendu dans du sucre de lait jusqu’au millionième, et ensuite traité comme tous les médicaments antipsoriques ».

La symbolique de sepia homéopathique

Un remède féminin … mais pas que

Il est classique de dire que sepia est un remède qui convient surtout aux femmes. Cependant, il est important de souligner le fait qu’il peut être bénéfique, beaucoup plus qu’on le pense, pour un certain type d’hommes.

La femme sepia est active, productive. Elle procrée, mais le sens maternel lui manque. Sepia possède des enfants, tout en s’occupant de mille autres choses et peut s’en occuper à merveille. S’il s’agit d’un homme, il travaille et il gère.

Ni l’un ni l’autre n’ont le temps, ni l’idée, de se pencher avec douceur sur leur enfant intérieur. Parfois ils s’enfoncent dans une sorte de spleen noir où tout tombe et s’écroule.

Le sujet de type sepia passe son temps à se mouvoir, parfois à fuir dans une course éperdue à l’action et, en cas de danger, il tente d’échapper en se précipitant vers l’ombre, la solitude et une froideur stérilisante.

Sexe et procréation  posent problème

La femme sepia présente une problématique du sexe et de la procréation. Sa partie cachée est comme un sexe noir, bourré d’encre. Elle est soumise au cycle de l’amour sexué auquel elle voudrait échapper, particulièrement par une activité sociale intense.

Ce n’est pas tant les enfants qu’elle craint (ils peuvent accroître son efficacité et sa représentativité sociale) que les moyens pour les obtenir et l’attachement charnel qu’ils impliquent.

Elle a peur que son ombre noire l’empêche d’être efficace dans la vie, de ne pas pouvoir concilier vie sociale et affective. Elle va compenser cette angoisse, cette peur de son intériorité par tous les moyens. Cela se traduit par une hyperactivité, voire même par une sexualité gymnique, une fuite dans le travail et une hypertrophie du rôle maternel dans un sens plus effectif qu’affectif.

Biologiquement, la fonction sexuelle réprimée ou régressant, en particulier lors de la ménopause, fausse toute l’activité vitale du corps. On observe alors des désordres circulatoires et congestifs, une stase, de la rigidité, de la spasticité, une irritabilité générale. Finalement elle va se décompenser vers une castration générale, ménopausique, une fuite et une chute dans une tristesse irascible, une dépression noire et l’indifférence.

Marie-Louise von Franz et Emma Jung

Pour Marie Louise von Franz, même chez une femme extérieurement très féminine, l’animus peut se manifester avec dureté. On se heurte subitement chez la femme à quelque chose d’obstiné, de froid, de totalement inaccessible. C’est très souvent un tableau sepia.

Emma Jung décrit des femmes dont l’attitude masculine a envahi la féminité et l’a supplantée :

« ce sont des viragos trop énergiques, sans scrupules et brutales, entreprenantes et agressives. Leurs déclarations ou leurs opinions sont souvent proférées avec beaucoup d’aplomb, ce qui est caractéristique de l’animus vigoureux ».

Et lorsque la féminité est submergée par l’animus et repoussée à l’arrière plan, une dépression, une insatisfaction générale, une perte d’énergie vitale apparaissent rapidement. Dans ce cas les symptômes sont la conséquence de cette énergie sexuelle refoulée (par tempérament ou par ménopause) avec l’émergence d’une personnalité sombre inconsciente, amalgame de l’animus et de l’ombre.

Sepia sous l’angle de l’animus et de l’anima.

Whitmont écrit :

« la manifestation masculine rend la femme qui a refoulé sa féminité une mégère affairée, nerveuse, agitée et têtue. L’homme qui refoule son côté féminin devient dur, mauvais, égoïste et borné ; il peut devenir victime de pulsions émotionnelles inexplicables ou même hystériques lorsque la fonction refoulée prend soudain sa revanche ».

L’homme peut connaître une anima dure, peu affective, froide ou inaccessible, ce qui le rend hyperactif, pragmatique, voire effondré en bout de chaine, lorsque l’énergie pour « faire » viendra à lui manquer et que l’affectif et l’ « être »ne pourront le tirer d’affaire.

Sepia agit mais ne parvient pas à être…

Le sujet sepia fuit l’être pour l’action. Il a un mal fou à aller vers son intériorité, car il est sans cesse poussé(e) à agir ; c’est une façon d’échapper à soi-même. On pourrait croire les sujets sepia tournés vers eux-mêmes, mais en fait ils sont parfois effondrés dans un spleen qui n’a rien d’introspectif. La plupart du temps ils ignorent complètement pourquoi ils sont si dépressifs.

Leur ferveur est plus située dans l’action que dans la contemplation. Les sepia compensent leur tendance au glissement vers l’hypocondrie par une activité incessante qui les améliore : comme la seiche, ils remuent les tentacules. Le mouvement et l’occupation leur font du bien.

Sépia est un travailleur acharné et ceci jusqu’au burn out

Les symptômes sont améliorés par les exercices violents lorsque la phase est encore tonique. C’est un travailleur ou une travailleuse effréné(e), celui ou celle qu’on qualifie de responsable au caractère sérieux, sans réaliser qu’il s’agit de la compensation névrotique à une angoisse du vide.

Sepia est consciencieux, jusqu’à devenir tatillon, plein de soucis pour les travaux domestiques. C’est le ou la responsable d’entreprise qui finit après tout le monde, qui ne s’arrête ni le soir, ni le week-end, toujours occupé(e), plein(e) de projets, d’idées diverses et graves, de théories rarement ludiques.

Dans cet état compensatoire un peu exalté, sepia chante volontiers, peut se sentir détendu(e), rit, devient même sensible à la musique et à l’orage.

Évidemment, à un stade ultérieur, sepia est pris(e) de paresse, déprimé(e), triste et lent(e). C’est le prototype de l’effondré(e), incapable de prendre la moindre décision, d’avancer, pour finir comme une véritable loque sombre, désespérée et avachie. Sa parole devient lente, il ou elle répond lentement, se meut et évolue au ralenti.

Sépia est un être de l’ombre avec quelques flash de lumière

Sépia est un sombre vaisseau gonflé d’encre noire qui chasse ses proies la nuit. C’est un être de l’ombre.

Sepia, dans une dynamique compensée, est quelqu’un de sthénique, qui semble gai et même parfois coloré. Mais au fond c’est un sombre qui se fait du souci facilement, qui a des idées préoccupantes.

Tous ses maux se présentent sous un aspect néfaste, avec le côté noir des choses. Voici sepia triste et abattu, fatigué, ruminant de sombres pensées sur sa maladie, sur l’avenir. Sa tristesse est si marquée, qu’il (ou elle) peut avoir des crises de larmes difficiles à contenir.

Sepia se sent malheureux, pleure très facilement, particulièrement en parlant de ses problèmes. Cette humeur sombre se double d’un esprit assez volontiers critique, réprouvant tout et ne voulant rien de ce que veulent les autres. Rien ne convient à sepia qui trouve à redire à tout. C’est une mauvaise langue, critique, qui a tendance à calomnier et à faire des reproches.

« Black is black il n’y a plus d’espoir »

Le sujet sepia voit tout noir. C’est un chanteur de blues.

Physiquement, sa peau devient jaune, noire : taches jaunes et brunes sur la peau, en particulier du visage, masque de grossesse. Il se couvre d’éruptions  et c’est un des principaux remèdes de la peau.  Il souffre d’eczéma, herpès, herpès circiné à chaque printemps sur différentes parties du corps.

Les règles peuvent être foncées, noires. La transpiration colore le linge en brun, les urines contiennent un sédiment rouge. Le ciel s’assombrit.

Sepia désire la solitude, souhaite rester seul(e), allongé(e) les yeux fermés. Il a une aversion marquée pour la compagnie tout en redoutant la solitude. Il peut avoir horreur de parler et une intolérance aux conversations.

Le sujet ressasse les événements désagréables d’un noir passé. Il a un dégoût extrême de la vie, avec des cauchemars où il voit son corps défiguré et il a des visions de corps mutilé. Il lui semble ne pas pouvoir pas supporter plus longtemps une existence aussi misérable… Il n’a plus d’espoir !

Sepia veut saisir…

Sepia fuit l’amour pour saisir et posséder. Les tentacules sont faits pour avancer et saisir.

De même que sepia a du mal à être, il ou elle a du mal à vivre ses sentiments, en particulier l’amour. Ce n’est pas que ce remède ne soit pas attaché à ses proches, mais ses liens sont plus des liens de possession que des liens purement affectifs.

Il ou elle est hanté(e) par le manque, a peur de la pauvreté ou a l’impression d’être pauvre et que sa famille va mourir de faim. D’où une compensation vers un sens de l’économie qui peut confiner à l’avarice.

Sepia devient indifférent envers ceux qu’il est censé aimer

Sepia devient jaloux(se). Physiquement le sujet se constipe, avec des selles dures, difficiles et en boules, avec sensation de poids ou de masse dans l’anus. Une évacuation n’améliore rien. Les selles sont dures et grosses : rectum atone et sensation de balle à l’intérieur. Cette constipation s’accompagne d’un phénomène équivalent au niveau du psychisme.

Sepia devient indifférent à tout et apathique, au point que la vie n’a plus aucun intérêt. Ce sentiment d’indifférence s’étend au plaisir, à ses proches et en particulier à ceux qu’il ou elle est censé(e) aimer.

Sepia peut alors fuir ses enfants et avoir de l’indifférence pour eux et pour son conjoint. Il peut même oublier ses enfants et notons que sepia a une aversion pour le lait. Il va donc devenir indifférent aux proches mais peut s’enthousiasmer pour son travail. Il ne s’aime qu’en tant qu’être de labeur et d’occupation.

Sepia à des difficultés pour concevoir

L’amour physique peut être de qualité, surtout s’il est considéré de façon hygiénique, sportive, à la limite de la compétition.  Il est fréquent que la libido diminue après une phase d’embellie et les rapports sexuels n’améliorent pas la situation ; ils peuvent être suivis de tristesse, de découragement, de vertige, de fatigue mentale, d’irritabilité.

D’ailleurs, la femme sepia a souvent peu d’intérêt pour l’amour physique et trouve quelques prétextes pour l’éviter. Tout ceci ne favorise certainement pas la conception. Déjà les règles étaient irrégulières, problématiques, douloureuses, foncées, hémorragiques, accompagnées de douleurs pesantes du bas ventre. Pour couronner le tout, de nombreux troubles surviennent pendant la grossesse.

Il convient d’ajouter que sepia est un remède central de la ménopause, avec son cortège de bouffées de chaleur accompagnées de sueurs au moindre mouvement, de malaises, de douleurs, de fatigue et d’irritabilité, de dépression ou bien de refuge dans des activités domestiques.

Une sexualité qui peut évoquer le viol

Sepia rêve d’un homme âgé fuyant sa femme et suspecté d’avoir épousé une autre femme. Il s’agit là de la projection en rêve d’une image masculine négative. Whitmont rappelle que de même que l’anima d’un homme est façonnée par la mère, l’animus est fondamentalement influencé par le père de la femme.

La sexualité chez la femme sepia est parfois tellement mal vécue qu’elle évoque le viol : sepia rêve de viol. Cette peur fondamentale des rapports sexuels les relègue au rang d’activité mécanique. La meilleure manière d’y échapper est l’abstinence ou bien une fuite éperdue dans la gymnastique, le yoga, la danse et autres exercices corporels.

La danse convient particulièrement à sepia. Les corps se démènent, se touchent, se frôlent mais ne s’échangent pas, mimant parfois une parodie de ballet nuptial par de longs et vigoureux déhanchements et des frôlements suggestifs.

Sepia a peur de manquer

Enfin il existe aussi un aspect important de sepia, le fait de fuir le vide pour ressentir la plénitude qui rejoint le problème de la stérilité et de la fécondité. Ce problème est évidemment une autre manière de vivre la tension qui règne entre l’être et l’agir ainsi qu’entre l’amour et la saisie, cette tendance à la contradiction interne.

Le sujet sepia a peur de manquer, nous l’avons déjà noté. Ce manque s’exprime par un appétit solide, avec une sensation de faim à l’estomac, très tôt après les repas. Souvent Il est amélioré(e) après manger (au niveau des céphalées, de la nausée, etc..). L’appétit est difficilement rassasié. Il existe une sensation de vide à l’estomac et au ventre.

Sépia a besoin de se remplir

Le sujet se sent vide de lui-même, vide d’amour. Ce vide est évidemment ressenti certainement très fort au tréfonds de la femme sepia qui désire être remplie, non pas d’un conjoint mais d’un fruit qui lui permette d’exister socialement et maternellement.

Ce remplissage ne sera pas le résultat d’un accouplement tendre mais d’un acte sexuel accompli sans trop de bonne grâce. Le vide va peu à peu se combler à tous les niveaux. Au niveau digestif il est tellement marqué que la nausée va faire son apparition, nausée, du matin, qui disparaît après avoir mangé quelque chose, nausée à la vue et à l’odeur de nourriture.

Sépia s’alourdit et ressent une pression

Le ventre s’alourdit, sepia est un remède de gros ventre chez les mères. Au niveau des organes génitaux, la sensation de pression pesante est totale, sensation de bearing-down : pression comme si le contenu allait sortir des organes génitaux.

Le pelvis est pour sepia une poche sombre et lourde dans le bas ventre. Pression vers le bas, comme si l’utérus allait sortir de la vulve… Elle doit croiser les jambes pour éviter l’issue du vagin, bien que rien ne sorte. On a l’impression alors que la femme sepia est prête à rejeter son utérus et son contenu.

Les sensations sont identiques au niveau urinaire : sensation que la vessie est pleine et son contenu va tomber par dessus le pubis. A partir de là tout semble tomber.

Elle fait des rêves effrayants, comme si elle tombait d’une haute montagne. Les cheveux tombent, les paupières sont lourdes et tombantes. Il y a sensation que des poids sont attachés à la partie postérieure des globes oculaires, etc.

Chez l’homme, il y a des pertes de liquide prostatique, des écoulements muqueux multiples à tous les niveaux, blanchâtres, jaunâtres, verdâtres. Finalement il existe un relâchement général des tissus dans ce médicament.

Il semble que l’impression de désespérance, de lourdeur et de pression ressentie par le sujet Sepia se retrouve dans ce poème de Baudelaire :

Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits.

Articles de Bernard Long




Bernard Long

Bernard Long, médecin homéopathe, publie plusieurs textes sur l’homéopathie et les symboles.

Ses recherches s’appuient également sur les travaux de C.G. Jung.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages.

Bernard Long

Médecin homéopathe, j’ai entrevu des ponts très évidents entre le monde jungien et l’homéopathie.
Lire la suite

 

Rubriques :

 

Espace Francophone Jungien - cgjung.net
Espace Francophone Jungien
Menu principal
Page d'accueil
Carl Gustav Jung
Ouvrages de C.G. Jung
Articles et entretiens
Séminaires de formation
Ressources jungiennes
Le Livre Rouge de C.G. Jung
Marie-Louise von Franz
Sites jungiens
Mises à jour du site
Formulaire Contact
Qui sommes nous ?
Rechercher sur le site
Plan du site
Facebook   Twitter
Jungian Psychology Space

cgjung.net © 1998 - Haut de page