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Ecrits sur Jung
Docteur Bernard Long
Homéopathie et symboles
Lexique homéopathie
Poésie


Bernard Long

Bernard Long, médecin homéopathe, publie plusieurs textes sur l’homéopathie et les symboles.

 

Ses recherches s’appuient également sur les travaux de C.G. Jung.

Le charbon de bois : carbo vegetabilis

La substance : l’humble charbon de bois

Le charbon de bois est une forme de carbone noir, cassant et poreux. Généralement le résidu de bois partiellement brûlé s’obtient traditionnellement en faisant calciner du bois dans des vases couverts jusqu’à ce qu’ils ne dégagent plus de fumée.

Le charbon de bois est issu des bois de saule, de bouleau, de peuplier et surtout de hêtre. Les charbonniers recouvrent la pyramide de bois qu’ils vont faire calciner par une épaisse couche de terre gazonnée. Autant dire qu’on étouffe le bois.

Dans les temps anciens on faisait brûler le bois lentement pendant plusieurs jours avec juste l’air nécessaire à la combustion des gaz et on obtenait ainsi une forme de carbone relativement pur. Cette façon de faire nécessitait beaucoup de temps et de surveillance. Le charbon de bois était un combustible très apprécié.

La matière vivante est essentiellement organique, donc dépend de la chimie du carbone. Le charbon végétal est en réalité un carbone impur qui contient certains sels minéraux, en particulier du carbonate de potassium. Il est doué d’une porosité considérable et possède pour les gaz un pouvoir d’absorption considérable. L’affinité du carbone pour l’oxygène est considérable. 1

Un symbole de l’œuvre au noir

Carbo vegetabilis représente un aspect de l’œuvre au noir  (abordée dans l’étude d’arsenicum album).

Le stade carbo vegetabilis est un stade infiniment pénible et douloureux où les choses semblent bloquées, désespérées.  Cependant, ce n’est peut-être qu’une étape nécessaire de repli sur soi-même, de réflexion et de purification. Le bois perd son eau, se ressert, devient noir.  Il ne reste qu’une structure solide et poreuse dont une énergie nouvelle pourra émerger.

Cette nouvelle substance avide d’air (qui fait suite à une combustion en vase clos) va permettre un élan neuf après l’étouffement.  Elle va servir à un nouvel embrasement, à une nouvelle énergie, avant les cendres, avant la grande lessive.

Le bois est enfermé dans une sorte d’athanor, comme le fœtus in utero. La dissolution signifie sa mort et l’utérus – l’athanor – devient sa tombe. 2

Le sujet carbo vegetabilis vit un bardo.

L’emblème XXVIII de l’Atalante fugitive

On est tenté de voir dans l’emblème XXVIII de l’Atalante fugitive du bain laconien 3 une correspondance avec carbo vegetabilis.

On y trouve l’épigramme suivante : on y voit le Roi Duenech couronné et nu, enfermé dans une sorte d’étuve, où brûle une lampe à huile et où montent des vapeurs. L’atmosphère semble étouffante. Le texte parle d’évacuation de la bile.

Nous sommes là devant un régime du feu dans un vase clos, où le roi se présente comme dans un cabinet de réflexion ou, selon certains rites, la chambre de réflexion ou encore le  cabinet de méditation.

Le sujet va purger ses humeurs peccantes et toutes les scories qui l’accablent. C’est le début d’une mort à son être ancien, objectivé dans la substance charbonneuse noire, début d’une nigredo. Il va y avoir déshydratation et une calcination va suivre.

Le roi va étouffer et mourir, il fera le sacrifice de sa vie, de ses imperfections, pour tomber enfin en cendres après avoir vécu l’embrasement du feu vital, comme celui de la braise du charbon de bois auquel on boute le feu.

La carbonisation

Le stade ultime du charbon de bois sera, après combustion complète, celui des cendres, la substance du deuil, du lessivage qui blanchit l’horrible stade de la putréfaction arsenicum album.

Il s’agit d’un processus de carbonisation. La carbonisation, aussi appelée carbonification est la transformation plus ou moins rapide d’une substance organique en charbon, gaz et goudrons, sous l’effet de la chaleur (à différencier de la calcination qui est plus en rapport avec le calcaire).

S’agit-il d’une sorte de mort à l’actuel état vital, étape dramatiquement ressentie, dénouement possible d’une destinée nouvelle sur le chemin douloureux des transformations et de l’individuation ?

Il est difficile de répondre à cette question et celui qui vit cette étape n’aurait certainement pas envie la plupart du temps d’y voir une lueur d’espoir. Cependant, il faut encore une fois remarquer que le charbon végétal pourra servir de combustible avant de terminer en poussière, ultime transformation capable de blanchir et de lessiver.

 

 Carbo vegetabilis homéopathique

 

L’air manque à carbo vegetabilis

On trouve chez Hahnemann la pathogénésie de carbo vegetabilis (issu du bouleau) dans la Reine Arzneimittellehre en 1827 et dans les Chronischen Krankheiten de 1837.

Le problème essentiel de carbo vegetabilis est un problème pneumatique. Il manque d’air, d’oxygène, de prana, de souffle de vie. L’encombrement par le CO² se répercute sur la respiration et la circulation, avec un effet sur le centre bulbaire de la respiration. Il y a refroidissement, asphyxie, congestion, inflammation, cyanose, flatulence et putréfaction. On l’étouffe.

Une patiente me disait qu’on lui avait mis un étouffoir sur la tête, une autre que les problèmes l’étouffaient, que les gens l’étouffaient. Il y a chez carbo vegetabilis un désir d’air, d’espace ouvert et libre. Il a l’impression d’être enfermé, à l’étroit, dans un endroit confiné qui l’oppresse. Cette sensation correspond étrangement au mode de préparation de la substance que l’on étouffe pour obtenir une combustion incomplète.

Le monde semble bloqué, il y a apparemment obstacle à l’individuation, mais peut-être est-ce simplement une étape provisoire de transformation, celle qui mène du bois au charbon, cheminement qui pourrait aboutir à une issue nouvelle.

On peut trouver le remède à la suite d’un confinement dans un milieu étouffant, ou à la suite d’une asphyxie, d’une asphyxie à l’oxyde de carbone, à la suite d’un manque d’oxygène sanguin, lorsque le patient ne s’en remet pas, à la suite d’une maladie, d’une blessure qui affaiblit l’organisme.

Comme Kent le précise, carbo vegetabilis est un remède merveilleux dans les états septiques, dans les empoisonnements du sang, spécialement après les opérations chirurgicales et après les chocs, après une maladie grave et dans toute maladie qui prend une forme torpide, avec aspect pourpré et marbré de la peau. Il est aggravé par les pertes de liquides vitaux (hémorragies, sueurs, diarrhées, etc.).

Finalement le malheureux sujet carbo vegetabilis est sous cloche, bloqué dans son élan vital, à bout de souffle.

Un remède d’agonie

Carbo vegetabilis est ralenti, refroidi, cyanosé, à l’agonie.
Le sujet carbo vegetabilis est ralenti, il présente une diminution de sa force vitale. Ses idées émergent lentement, il manque de mémoire.

Carbo vegetabilis respire mal. Il présente un catarrhe nasal, avec mal à la gorge, un enrouement, a vif, surtout le soir, une aphonie le matin. Il n’est pas bien par temps humide, frais et surtout par temps chaud et humide. Il se sent mal après avoir parlé et particulièrement après avoir eu trop chaud dans une pièce, comme le bois du charbonnier.

Il a une toux spasmodique, creuse, par à-coups brefs et durs, toux continue, dure et sèche, provoquée par une sensation de vapeur de soufre. C’est un remède d’asthme des gens affaiblis et des constitutions mauvaises et épuisées.

Carbo vegetabilis se ralentit, se refroidit. Ses membres sont froids, en particulier ses genoux . Son visage est froid, il a des sueurs froides au front. Il ressent aussi des brûlures aux mains, avec un froid de glace.

Ultimement carbo vegetabilis est un remède de collapsus, d’agonie.

Le sujet a un faciès hippocratique, sa langue devient noire et froide, son souffle est froid. Le sujet carbo vegetabilis est plongé dans un univers infernal et, lorsqu’il fait sombre dans sa chambre, des formes effrayantes apparaissent devant ses yeux. Il a peur des fantômes la nuit. Il pense entendre quelqu’un s’approcher de son lit. Il a l’impression que les murs de la pièce s’effondrent, que les objets deviennent à son côté plus rapprochés et plus petits.

Il chemine vers les bardos. Il perçoit des sons de cloche, des crissements dans les oreilles, comme de la paille. Il présente un écoulement par l’oreille de liquide épais, couleur chair, de mauvaise odeur. Ses selles sont brûlantes, claires, fétides, aqueuses, sanglantes, avec ténesme, couvertes de mucus jaune filamenteux, d’odeur putride et cadavérique, involontaires. C’est véritablement un remède d’agonie, de perte vitale, agonie à un monde ancien, avant, peut-être, une transformation.

 Carbo vegetabilis et le pneuma

Carbo vegetabilis a un dérèglement de la circulation pneumatique. Il a besoin d’air. Un des symptômes clefs du remède est le désir d’être éventé. Le sujet a besoin d’air frais. Il a beaucoup de difficultés respiratoires, il s’assoit près d’une fenêtre ouverte. Il tousse, et c’est une excellent remède de coqueluche débutante, avec le visage qui se congestionne pendant les quintes.

Le remède a un dérèglement général de son économie pneumatique corporelle et souvent il a de l’air en excès. Il accumule les gaz, dans l’estomac, dans les intestins, il flatule. Il est très amélioré en éructant parfois bruyamment. Il lâche parfois des vents putrides. Il a une digestion souvent difficile, en particulier après avoir mangé gras, de la pâtisserie ou bu du lait, du vin.

Cette agitation pneumatique se ressent également au niveau de son psychisme. Il est oppressé et anxieux. L’air n’est-il pas parmi les humeurs antiques l’élément qui agite l’esprit ? Il a tendance à soupirer et à prendre une inspiration profonde. Carbo vegetabilis est congestionné – il ressent la brûlure

Carbo vegetabilis est en surchauffe

Le déficit respiratoire de carbo vegetabilis entraine une congestion générale, en particulier après avoir été surchauffé, après avoir mangé certains aliments et après avoir bu du vin. Il a eu trop chaud, il rêve de feu. Il a une anxiété avec chaleur du visage, des brûlures dans la tête, les mains chaudes. Il passe du froid au chaud. Ses veines se dilatent.

Partout chez ce remède on trouve de la brûlure. Il ne supporte pas le soleil. Sa congestion est telle qu’il se cyanose car son sang stagne dans les capillaires. On voit un réseau capillaire, comme marbré. Partout la congestion a lieu. Son visage est rouge, aubergine, il a des hémorroïdes qui sortent, bleues, avec des brûlures. Carbo vegetabilis présente des hémorragies, par le nez, aux gencives, des hématémèses, des troubles des règles. Il transpire.

Carbo vegetabilis est indifférent

Carbo vegetabilis se retire et est indécis.
Il est peut être affectueux mais devient timide, il a peur des étrangers, craint d’apparaître en public, manque de confiance en lui.

Son état mental peut également se teinter d’irritabilité, d’humeur chagrine, colérique, avec parfois une tendance à pleurer, voir un état profondément dépressif, voir suicidaire. Il se sent abandonné.

Kent affirme que chez carbo vegetabilis l’indifférence est un symptôme très prononcé. Il prétend qu’il a une incapacité de percevoir ou de sentir les impressions que les circonstances devraient éveiller. Ses affections sont pratiquement effacées, au point que rien de ce qu’on lui dit ne semble l’exciter ni le troubler.  Des événements horribles n’ont pas l’air de le toucher beaucoup, des choses agréables ne lui font pas plaisir. Il ne sait pas trop s’il aime sa femme et ses enfants ou non… Cet état d’indifférence est certes dû à sa congestion et à sa mauvaise oxygénation. Il n’en peut plus, il est à bout…

Conclusion :

Voilà la triste et lamentable description d’un remède en difficulté, un remède gonflé qui manque d’air, un remède en vase clos, bloqué et étouffé qui semble répéter :

oh! laissez-moi donc respirer.

Articles de Bernard Long

Notes :

  1. Hodiamont. Homéopathie et physiologie. p. 93…
  2. Jung C. G. – Mysterium conjonctionis. tome II – Paris : Albin Michel ; 1980, p. 78.
  3. Le terme « bain laconien » fait référence à des ablutions et purges qui se pratiquaient dans la Grèce antique en Laconie, c’est à dire dans le sud du Péloponnèse.



Bernard Long

Bernard Long, médecin homéopathe, publie plusieurs textes sur l’homéopathie et les symboles.

Ses recherches s’appuient également sur les travaux de C.G. Jung.

Bernard Long

Médecin homéopathe, j’ai entrevu des ponts très évidents entre le monde jungien et l’homéopathie.
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