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Ecrits sur Jung
Docteur Bernard Long
Homéopathie et symboles
Lexique homéopathie
Poésie


Bernard Long

Bernard Long, médecin homéopathe, publie plusieurs textes sur l’homéopathie et les symboles.

 

Ses recherches s’appuient également sur les travaux de C.G. Jung.

Bryonia alba le remède du confiné

Le sujet « Bryonia » se plait chez lui où il peut se réfugier tranquille. C’est un confiné volontaire. Il craint le moindre mouvement qui l’inquiète et lui fait mal, il est matérialiste. 


La plante bryonia alba

On appelle aussi vigne blanche la bryone blanche (alba).

La bryone est une plante herbacée vivace, grimpante ou rampante, portant des feuilles alternes présentant à leur base une vrille enroulée en spirale. Les fleurs ont une corolle soudée à cinq lobes, d’un blanc jaunâtre (verdâtre). Les fruits, à maturité, sont des baies noires.

La racine grosse et charnue de la bryone est usitée en médecine depuis un temps immémorial. Cette racine est de couleur blanc-jaunâtre. Si on la coupe elle laisse exsuder un suc laiteux.

La racine aurait une ressemblance avec « des bras, des jambes, des seins, le sexe mâle ou femelle », ce qui sur le plan morphologique la rapproche de la racine de mandragore.

Bryonia alba homéopathique

Hahnemann a décrit la matière médicale de bryonia alba (Zaunrübe) dans son Traité de matière médicale.
La teinture-mère de bryone est préparée à partir de la partie souterraine de la plante.

Bryonia à la différence de rhus toxicodendron est un remède caractérisé par l’immobilité. Il veut rester tranquille, il veut rentrer à la maison. Le moindre mouvement l’aggrave. L’exercice lui est contraire, il lui est pénible de se relever ou de se pencher en avant.

Byronia se sent lourd, avec une sensation de pierre à l’estomac. Il est bloqué, figé, constipé. Ses muqueuses sont sèches, à tel point qu’il a soif de grandes quantités. La moindre toux est douloureuse. Le moindre toucher augmente sa souffrance mais une pression forte le tenant immobile l’améliore, si bien qu’il se couche sur le côté douloureux.

Son caractère volontiers irritable est sédentaire, accompagné par un souci du matériel, avec une peur de la pauvreté. Il parle souvent d’affaires et de travail.

 

Le comportement du sujet Bryonia

 

Bryonia cherche un environnement sécurisant

Il existe une véritable synchronicité entre la plante et la pathogénésie de bryonia.

Bryonia est véritablement ancrée dans le sol par une racine énorme, une sorte de pied enfoncé en terre, qui ne la lâche pas. De plus, la plante est arrimée alentour par un réseau de vrilles qui s’agrippent pour qu’elle ne bouge pas. Nous avons affaire à un végétal fixé qui résiste au mouvement et à tout déplacement.

Cette fois la substance n’a pas comme celle de calcarea carbonica (la coquille), qui cherche à s’abriter, à se réfugier dans un giron.  Elle s’accroche à l’environnement comme si elle ne voulait pas en sortir et surtout comme si elle voulait tout saisir autour d’elle. Elle a tendance à se sécuriser car elle se sent misérable, ce qui l’oblige à se rassurer par des possessions matérielles et par un environnement réconfortant.

Bryonia aime à rester confinée

En fait, bryonia aime à rester confinée dans son intérieur, dans sa maison, entourée de toutes ses possessions et de ses affaires. Elle va alors penser  à son travail, à son business.

Elle est claquemurée dans son chez-soi, un peu comme l’est la materia prima philosophique dans son matras.

La préparation de la pierre alchimique se faisait dans un petit ballon, athanor, ou œuf philosophique. Il est clair que cet « œuf » matriciel est le lieu d’une couvaison.

Nous sommes en présence d’un archétype symbiotique, en l’occurrence pour bryonia, la maison dans laquelle elle veut se réfugier, comme si elle avait la nostalgie d’un monde protégé, enfoui comme sa racine.

La fuite en avant vers le concret pour échapper à l’inconscient

La substance utilisée pour la pathogénésie est précisément la racine de la plante.

On décrit parfois une racine énorme, comparable à un tronc humain, avec de fortes cuisses. Cette racine est fichée dans la profondeur de la terre, enfouie dans un monde inconscient dont le sujet bryonia est entièrement tributaire car, au lieu d’écouter ses messages il les ignore, dans une sorte de fuite en avant vers un monde concret qui le rassure.

Chez bryonia l’être conscient s’agrippe aux murs, au sol, aux branches environnantes, sans véritable autonomie. Elle est esclave d’un inconscient qu’elle ignore et s’accroche au tangible. Une énergie considérable monte du sous-sol mais  bryonia néglige cet appel et compense son angoisse en se tenant fermement au monde matériel qui l’entoure.

Carl Gustav Jung rappelle, dans Psychologie et alchimie, que la conscience se met dans une situation périlleuse en s’enfonçant dans l’inconscient. Elle est, dit-il, dans la situation du héros primitif qui est dévoré par le dragon.

La partie racine de bryonia est tellement  énorme et lourde de sens ignoré, que le sujet craint de se pencher vers elle et reste accroché au mondain, dans un divertissement matériel constant.

Bryonia, en refusant de s’enfoncer dans l’inconscient qui lui semble trop redoutable, se met dans une situation encore plus périlleuse que si elle allait vers son intériorité et elle provoque de ce fait des douleurs en réaction.

La maison de bryonia est semblable à un athanor

Bryonia veut rentrer à la maison. Il se plait chez lui, tranquille. Il ne s’agit pas de la maison du recueillement dont parle Jung dans le rêve no 54 de  Psychologie et alchimie, mais plutôt d’un lieu où il pourra se réfugier, échapper au mouvement général, à l’abri du besoin et de l’insécurité.

Rêve no 54 Psychologie et alchimie : l'afficher

Ce n’est pas une maison de rêve, esthétique, qui l’attire, c’est plutôt une maison confortable et bien achalandée. Il ne faudra pas le déranger, au risque de le fâcher et de déclencher une salve d’agressivité.

Cette maison est comme un athanor, comme l’œuf un germe de vie, le commencement du monde, l’ovum philosophicum de la philosophie médiévale de la nature. Elle est comparable au vase duquel, sort l’homunculus dont parle C.G. Jung dans L’Âme et le Soi.

On peut dire que la racine de bryone est une sorte d’homunculus… Mais ce n’est pas l’aboutissement d’un travail d’individuation. Ici le travail est vraiment à son début, la matière est brute, encore toute infusée de matérialité, dans sa gangue grossière.

Il s’agit du « confinement » de la materia prima qui reste encore inséparable de sa carapace matérielle. C’est un mercure complètement figé qui devra subir de nombreuses opérations pour devenir malléable et se purifier.

Bryronia est fixe et confiné

Il ne bougera pas. Il va rester à domicile, fixé sur son support, craignant le moindre mouvement qui l’inquiète et lui fait mal. Bryonia est douloureux. Il est figé car le mouvement lui est contraire, au point de déclencher des douleurs vives. Il restera prostré dans le noir, refusant la compagnie.

Le sujet est « confiné » dans son athanor matriciel pour se terrer dans la matérialité qui le rassure. Il est comme un insecte épinglé, figé dans sa boite, refusant de bouger car il en a horreur. Le moindre mouvement provoquerait un inconfort. Le moindre attouchement lui est pénible, alors qu’il recherche plutôt une pression forte sur son membre endolori, ce qui accentue son immobilité et le soulage. Tout est lourd, même son estomac où il ressent comme la présence d’une pierre. Il est lesté.

Bryonia est matérialiste

Bryonia est matérialiste. Il désire des choses qu’il ne peut avoir, il les refuse parfois ou n’en veut plus quand on les lui offre. Il éprouve une grande sensation d’insécurité avec de la dépression, de l’appréhension, de l’inquiétude et de la crainte à propos de l’avenir.

Il est angoissé au sujet de ses affaires dont il parle volontiers et dont il rêve.  Il est aussi angoissé pour l’argent, pour sa santé. Il a « les yeux plus grands que le ventre ». On peut parfois le trouver cupide, intéressé et c’est rarement un idéaliste.

Évidemment, dans un cas aigu, on peut ne trouver que les caractéristiques générales et locales du remède, mais dans un cas chronique il n’est pas rare de découvrir ces aspects assez « terre à terre » du sujet.

Bryonia est sec psychologiquement et physiquement

Bryonia présente une sécheresse psychologique et aussi une sécheresse des muqueuses. On trouve cette sécheresse au niveau de la bouche, avec des lèvres sèches et craquelées, un goût amer et surtout une soif importante de grandes quantités d’eau froide à intervalles espacés.

La sécheresse se retrouve plus bas, à tel point que le sujet est extrêmement constipé, avec des selles dures, grosses, sèches et comme brûlées.

La toux aussi est sèche et, comme elle secoue l’organisme, elle est très douloureuse. Le sujet est mieux immobile et il se comprime la poitrine pour éviter les à-coups.

Cette sécheresse est parfois contrebalancée par flux, des inflations liquidiennes telles que des épanchements synoviaux articulaires, une péricardite cardiaque ou même l’éventualité d’un syndrome pleural. Bien entendu, ces extravasations sont douloureuses et clouent le sujet dans une immobilité totale.

Conclusions

La bryone possède une énorme racine qui l’ancre en terre. Elle s’accroche alentour par des vrilles. C’est un remède qui a besoin de rester en place, de sa maison, de sécurité, en particulier de sécurité matérielle. Sa structuration passe essentiellement par la matérialité.

Articles de Bernard Long




Bernard Long

Bernard Long, médecin homéopathe, publie plusieurs textes sur l’homéopathie et les symboles.

Ses recherches s’appuient également sur les travaux de C.G. Jung.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages.

Bernard Long

Médecin homéopathe, j’ai entrevu des ponts très évidents entre le monde jungien et l’homéopathie.
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