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L’inspiration alchimique de Jung dans trois œuvres essentielles

Ariane Callot décrit comment, à partir de trois ouvrages majeurs, C.G. Jung édifie les fondements historiques de la psychologie des profondeurs. Un pont est ainsi établi entre sa confrontation avec l’inconscient et les courants comme l’alchimie, la religion, la philosophie et la psychologie.

Ariane Callot – Avril 2021

Les fondements historiques de la Psychologie des profondeurs

Jung pensait que, sans continuité, il était impossible de fonder une théorie solide. Il s’était beaucoup intéressé aux gnostiques, qui avaient, à leur manière, rencontré l’inconscient profond mais il lui semblait qu’une chaîne était rompue et il n’était pas satisfait.

Comme il le raconte dans Ma vie, il lui était impossible de « trouver un pont entre la gnose, ou le néo-platonisme, et le présent ».

Pendant de longues années, après un lent décryptage des obscurs traités des anciens alchimistes du Moyen Âge, il lui vint l’intuition d’avoir retrouvé le maillon perdu de la chaîne. En tant que philosophie de la Nature, l’alchimie était presque certainement ce pont, tant recherché, entre la gnose et la psychologie de l’inconscient.

Le lien de Jung avec l’univers, et surtout la symbolique, des alchimistes existait d’une manière latente mais le cheminement fut long. Il aboutit à trois ouvrages majeurs : Psychologie et alchimie, Psychologie du transfert, et Mysterium conjonctionis.

Psychologie et alchimie 

C’est en 1944, quelques mois après avoir frôlé la mort que Jung publie Psychologie et alchimie.

Jung ne brillait pas par sa patience et il était agacé par le fait que ses lecteurs ne semblaient pas le comprendre quand il parlait d’alchimie. Il propose donc dans cet ouvrage un résumé des concepts de base et des différentes phases du processus alchimique.

Pour expliquer les propos obscurs et les motivations des anciens Philosophes de la Nature il enseigne, à sa manière, leur vocabulaire. Il semblerait que ce travail didactique ne l’ait pas du tout amusé et il le fait une fois pour toutes. Il considérera, pour ses livres suivants, que les lecteurs ont lu le foisonnant Psychologie et alchimie, ce qui est passionnant mais pas toujours facile.

Évidemment, il y a autre chose que de la didactique dans ce livre essentiel.

Il se propose de décrire l’essence de l’alchimie en étudiant ses relations avec la religion, la philosophie et la psychologie.

Il analyse une série de rêves sur le plan symbolique et structurel. Même si il les présente de manière anonyme, on sait qu’il s’agit des rêves de Wolfgang Pauli. Cela le conduit à une remarquable étude sur la symbolique du mandala.

Il pense, à partir de cet ouvrage, avoir fondé le résultat de sa confrontation avec l’inconscient. Il lui semble aussi qu’on peut voir une concordance entre son propre processus de métamorphose et les phases de la métamorphose alchimique telles qu’il les décrit.

Psychologie du transfert

Jung publie Psychologie du transfert en 1946.

Comme Freud, il considère qu’un problème essentiel de l’analyse est le transfert. Mais, dans cet ouvrage, il veut aussi montrer les similitudes entre sa propre psychologie et l’alchimie. Il s’appuie pour cela sur un traité de 1550 intitulé Rosarium philosophorum (le Rosaire des philosophes). Il veut montrer que l’échange entre l’analyste et l’analysant atteint une dimension qui dépasse leurs deux personnes.

Jung compare la relation entre les deux protagonistes de l’analyse aux manifestations symboliques des principes masculins et féminins qui conduisent au mariage du couple représenté par le roi et la reine.

Il pense que la situation psychique entre l’analyste et l’analysant est, quand ils sont de sexe opposé, semblable à celle de l’alchimiste et de sa sœur mystique quand ils travaillent ensemble dans leur laboratoire-oratoire. En effet, quand ils cherchent à transformer le contenu de ce qu’ils appellent le vase, c’est à leur propre transformation qu’ils œuvrent.

Mysterium conjunctionis

Pendant les années qui suivent la publication des deux précédents ouvrages, Jung ne cesse d’amplifier ses recherches sur les correspondances entre l’alchimie et la psychologie des profondeurs. Il effectue un travail herculéen pour engranger les matériaux nécessaires à l’écriture des trois tomes prévus de Mysterium conjonctionis.

Il pousse très loin le parallèle entre ses propres idées et les textes des alchimistes du Moyen Âge. Un de ses principaux appuis est l’œuvre d’un alchimiste de la fin du XVI° siècle : Gérard Dorn. Il traduit en termes psychologiques les trois phases déterminées par Dorn pour aller vers une unité de l’homme et du monde. Pour Jung ces phases ont des points communs avec le processus d’individuation.

C’est seulement dans les dernières années de sa vie, en 1955 et 1956, que paraissent les deux premiers tomes, en gestation depuis longtemps. Il les avait écrits en étroite collaboration avec sa « sœur alchimique » Marie Louise von Franz. Quand paraît l’année suivante le troisième tome elle le signe seule sous le titre de Aurora consurgens (le lever de l’aurore).

Cette œuvre monumentale met en évidence une culture difficilement imaginable.

Jung décrit toutes les composantes symboliques, l’infinité des paradoxes, les multiples personnifications qui représentent les contraires. L’œuvre est digne des plus grands textes des Philosophes de la Nature et montre l’évolution du processus alchimique jusqu’à son aboutissement : la conjunctio symbolisée par l’union du côté obscur féminin au côté lumineux masculin.

Jung a rempli sa mission

À partir de Mysterium conjonctionis, Jung considère qu’il a rempli sa mission qui était d’établir, grâce à l’alchimie, les fondements historiques de la psychologie des profondeurs.

Il ne peut pas aller plus loin sans dépasser les limites du rationnel. En effet, il voulait rester scientifique même si, pendant la seconde partie de son existence, il s’est parfois permis de laisser s’exprimer un numéro deux intérieur ayant tendance à franchir la frontière. Mais il se reprenait toujours et tentait le plus possible de conceptualiser ses découvertes.

Il pense que grâce au Mysterium conjonctionis sa psychologie à trouvé une place dans le réel et concluait :

« Au moment où j’atteignais au fond solide, je touchai en même temps à la limite extrême de ce qui était pour moi scientifiquement saisissable, au transcendant, à l’essence de l’archétype en lui même à propos de laquelle on ne saurait plus rien formuler de scientifique. » Ma vie, p. 258

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