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Ariane Callot
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Poésie Ariaga

Ariaga

Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

 

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Le projet de recherche sur Jung

Avertissement

Mes recherches sur C.G. Jung ont abouti à une thèse de philosophie intitulée : Symboles et structures dans le cheminement vers une RE-présentation de la Totalité chez Jung

Le sous-titre de cette thèse, soutenue en 2000, était : De L’oubli à la manifestation de la Nature dans les séries de rêves.

Cette thèse a été, en grande partie, revue pour être moins « universitaire » et d’une lecture plus aisée. Elle a été divisée en une suite d’articles.

Les Recherches sur Jung regroupent des textes destinés à donner aux lecteurs une boite à outils permettant de préciser les concepts de Jung et mes présupposés.

Les Écrits sur Jung sont plus personnels.

Ariane Callot (Ariaga )

Propositions

Cheminant dans les pas de Jung, j’ai tenté, dans l’ensemble de la recherche :

  • De donner à penser que l’on peut, par l’intermédiaire des séries de rêves, observer les re-présentations structurelles et symboliques d’un enseignement de l’inconscient,
  • De donner à penser que, même si la Totalité en Soi est impensable et irreprésentable, il existe cependant un lieu de re-présentation d’une manifestation de cette Totalité : l’être humain,
  • De donner à penser qu’une symbolique alchimique perdure dans les rêves de nos contemporains et que cette présence s’explique par la perte de contact avec la Nature et l’idée que le progrès est à l’extérieur de l’homme.

Enfin et surtout, débarrassée du carcan universitaire, j’ai voulu faire une relecture critique de ce travail. J’ai effectué des ajouts, des suppressions et tenté de rendre le tout lisible pour le lecteur non spécialiste.

Je pense que Jung, qui écrivait que ses théories n’étaient que des propositions, ne pourrait que se réjouir de cette remise en cause de mes écrits, de ma pensée et, parfois, de la sienne.

J’ai conservé le nous de la thèse originale car je pense que beaucoup d’autres ont écrit avec moi. Il y a d’abord Jung dont la pensée ne m’a pas quittée et avec lequel j’ai eu des dialogues intérieurs parfois difficiles. Il y a tous ceux qui ont écrit avant moi sur les sujets abordés. Il y a ceux qui, depuis la fin de ce travail m’ont apporté aide et conseils.

Influences et objectifs

 

Freud, un tournant dans l’histoire de la pensée

L’idée que nous avons de l’Homme et de sa relation aussi bien à l’humanité qu’à la Nature est en crise. Nous vivons dans un monde éclaté où dominent les rapports de force et la méfiance envers l’Autre.

Bien des voies ont été explorées mais c’est Freud qui ouvrit véritablement la voie vers l’inconscient.

Même s’il avait eu des précurseurs, il est le premier à avoir proposé une véritable approche de l’inconscient en procurant au monde des rêves et des fantasmes un statut et une syntaxe.

La démarche freudienne constitue un tournant dans l’histoire de la pensée. Les notions de déplacement, de compensation, de mise en image et d’élaboration qu’il a mises en évidence, donnent au rêve une cohérence interne et au rêveur une possibilité d’auto-explication.

L’approche freudienne de l’interprétation des rêves demeure donc la fondation d’un premier niveau de la pratique analytique.

Elle ne nous a cependant pas fourni de réponse constructive au problème de la crise vécue par des êtres humains ayant élevé un mur intérieur les séparant de leur totalité et ayant coupé le lien avec celle des autres.

Il semble que ce soit perdu la numineuse intuition de l’existence d’une Totalité plus vaste. Cela nous a conduit à rechercher un autre appui, que nous pensons avoir trouvé chez Jung.

L’approche freudienne de la psyché

Les approches de la psyché freudienne et jungienne, même si elles s’enracinent dans le même terrain, ont produit des résultats très différents quand il s’agit de caractériser les relations entre les deux pôles que sont le conscient et l’inconscient.

Dans le cas de Freud on observe des rapports de force conflictuels et dans celui de Jung des rapports de dialogue et de coopération.

En effet, le souci essentiel de Freud était d’étayer, contre tous ses détracteurs, sa théorie de la sexualité comme fondement de l’inconscient.

L’essentiel de l’analyse freudienne renvoie à une problématique du désir, au sein du triangle parental. Ce désir omniprésent a pour conséquence une lutte incessante entre la convoitise envers un objet défendu et la peur de la sanction liée à la transgression.

S’il y a transgression, imaginaire ou réelle, suivent expiation et renonciation à l’origine de refoulements qui sont une autre forme de violence induisant un rejet de soi-même ou des autres. Il découle de cette problématique une théorie de la sexualité comme fondement de l’inconscient, démontrant que le besoin sexuel n’unit pas les hommes mais au contraire les sépare.

A ces sources de conflit entre le conscient et l’inconscient il faut ajouter la lutte entre les forces de vie et les forces de mort, Éros et Thanatos.

La pulsion de mort induit une relation conflictuelle supplémentaire entre l’instinct de conservation de la Vie et un sombre désir de destruction tapi à la racine de l’être psychique. L’inconscient est, en quelque sorte, une poubelle du conscient. Il constitue un réservoir d’affects, de désirs, de craintes qui sont à l’encontre de l’adaptation à la civilisation humaine.

Pourquoi Jung plutôt que Freud

Ce qui nous a séduit dans l’attitude de Jung, par rapport à celle de Freud, est une vision théorique et pratique différente, plus fondée sur la relation que sur l’affrontement.

Jung est, en effet, le premier à avoir défini une réalité positive de l’inconscient. On peut se mettre à son écoute, non seulement pour déceler ce qui produit les névroses mais aussi pour rechercher des éléments créateurs de la civilisation humaine.

Freud envisage presque le rapport avec l’inconscient comme une guerre pour défendre le Moi.

Jung, lui aussi, pense qu’il faut défendre le Moi. En effet, il y a forcément dans l’inconscient des menaces très négatives pour la personnalité du sujet. L’ombre, par exemple, à laquelle il faut ajouter de puissantes forces archaïques qui pourraient être dévastatrices pour le Moi conscient. Cependant, à ses yeux, l’inconscient est globalement une réalité positive. Il ne s’agit surtout pas de déprécier ses contenus dans le but d’établir une sorte d’impérialisme du Moi par rapport aux contenus psychiques.

L’enjeu de la théorie jungienne est d’établir une dynamique à partir d’une relation constructive entre le Moi et l’inconscient. La finalité est de faire émerger, autant que faire se peut, une totalité psychique par une coopération entre le Moi et la force centrale organisatrice qu’il nomme le Soi.

L’inconscient comme un matériau à transmuter

Autre sujet d’intérêt, une conception alchimique de l’inconscient qui est, pour Jung, un matériau brut destiné à être transformé par le contact avec le conscient. Même les aspects négatifs font partie de ce matériau qui, lorsqu’il est reçu et écouté, commence à être transmuté et redevient une énergie positive.

C’est à partir de l’étude des textes alchimiques qu’il a envisagé la possibilité de proposer une théorie plus générale sur les rêves comme manifestation des “intentions” de l’inconscient”. Il a trouvé dans ces textes une abondance de matériaux, comparable à celle de la production onirique chez certains sujets prêtant attention à leurs rêves pendant une assez longue période.

En effet, l’expérience analytique révèle parfois des séries de rêves qui paraissent obéir à une logique interne et soulevant des questions d’un autre ordre que celles qui naissent de l’analyse des rêves isolés.

Si on fait des séries de rêves un objet d’étude global indépendant du contexte personnel du rêveur, on observe alors le rattachement de l’activité consciente à un fond bien plus ancien.

Un travail d’individuation

On voit ainsi s’élaborer un travail d’individuation, sur la base d’une participation à des processus que l’histoire du rêveur ne suffit pas à expliquer. Ceci nous renvoie à une dynamique fondamentale rattachée à une Nature oubliée à partir de laquelle se serait lentement élaborée la psyché humaine.

Freud a parlé de l’existence d’un courant souterrain véhiculant un savoir qui dépasserait l’expérience vécue des sujets. Les fantasmes originaires dont on peut lire l’histoire dans Totem et Tabou (cf.p.236,237) postulent

l’existence d’une âme collective dans laquelle s’accomplissent les mêmes processus que ceux ayant leur siège dans l’âme individuelle ” et une “continuité de la vie psychique de l’homme”.

Le problème réside, pour nous, dans le fait que l’hérédité psychique freudienne, qui est à l’origine du développement de l’enfant et des régressions névrotiques, repose une fois de plus sur le triangle des désirs et refoulements familiaux. Or, la richesse symbolique des séries de rêves nous apparaît aller bien au delà de la problématique du désir et de la faute ou d’un complexe d’œdipe à l’origine de tous les commencements.

Au delà des fantasmes originaires les archétypes

Jung est allé plus loin que Freud au sujet des fantasmes originaires. Ils constituent pour lui les conditions préalables communes à toute l’humanité, des patterns qui sont des productions naturelles au même titre que les instincts. Il leur donne le nom d’archétypes et postule qu’ils structurent toute la vie inconsciente.

L’universalité des symboles, par delà leur incarnation dans des images particulières, trouverait son origine dans l’enracinement premier de certaines représentations, à caractère quasiment universel, en ce fond commun à toute l’humanité. La rupture du lien avec ce substrat originel serait à la source du sentiment d’incomplétude et d’angoisse de l’homme.

Le choix et les moyens

Un dernier point, et pas le moindre, expliquant notre choix de prendre appui sur Jung trouve son origine dans son caractère et ses écrits.

Il pensait que les théories ne sont que des propositions. Souvent, et ses détracteurs le lui ont reproché, il a changé d’avis.

Il plaisantait avec ses amis sur le sort réservé à une œuvre qui serait certainement malmenée par ses successeurs. C’est pourquoi, profitant de son indulgence, nous tenons à préciser que nous n’effectuons pas un travail “sur” Jung mais “à partir” de Jung.

Nous ne pourrons cependant nous dispenser, après l’avoir choisi comme mentor, de fournir au lecteur qui ne le connaîtrait pas, une sorte de cartographie des concepts et procédés fondamentaux de la pensée jungienne. Nous donnerons aussi une description du matériau utilisé pour notre recherche.

Il s’agit de deux séries de rêves. L’une est celle commentée par Jung dans Psychologie et alchimie, nous l’avons nommé la série du rêveur.

Voir les rêves de la série du rêveur

L’autre, plus récente, fournie par un analyste jungien procure un élément de comparaison, nous l’avons nommé la série de la rêveuse.

Voir les rêves de la série de la rêveuse

Cheminement et rencontres de Jung

 

Le cheminement de Jung est fait de rencontres et de relations qui ont, elles aussi, leur place dans l’itinéraire emprunté pour notre travail.

D’abord, la rencontre et l’attention précoce prêtée à ses propres rêves avec lesquels il dialogua jusqu’aux ultimes moments de sa vie, devenant ainsi le sujet et le laboratoire de ses propres recherches.

Ensuite, sa relation, faite d’un mélange d’attraction et de répulsion, avec Nietzsche, le philosophe qui eut le plus d’influence sur sa pensée.

Enfin, la découverte, plus tardive, de l’alchimie et de sa pertinence toujours actuelle. L’alchimie l’accompagna pendant toute la seconde partie de sa vie. Il s’appuya sur elle pour une grande partie de ses essais de recherche du sens et de l’ordonnancement de la symbolique onirique.

L’étude des traités alchimiques conforta l’idée qu’avait Jung d’un parallèle entre le travail de la Nature et les processus internes de la psyché. Il refusait, en effet, le dualisme, dominant depuis le début des temps modernes. Il pensait que ce dualisme tend à privilégier une altérité radicale entre l’homme et une Nature réduite à l’état de servante de ses désirs ou de fournisseur des matériaux de sa puissance.

Jung a trouvé, chez les alchimistes et dans les manifestations oniriques de l’inconscient, des preuves de la vitalité de cette Nature, soi disant si bien domestiquée, et de l’absence d’une démarcation nette entre la matière et l’esprit.

En parcourant la voie jungienne, nous avons observé une concordance entre cette pensée de la Nature et nos propres préoccupations. Elle est devenue un premier appui auquel s’est ajouté une perspective d’intelligibilité des séquences oniriques. Nous pensons y avoir trouvé un guide sur le chemin vers une plus grande harmonie issue de la possibilité de réinterpréter les rapports conflictuels entre l’inconscient et le conscient.

A partir de ce changement de perspective, nous avons entrevu une possibilité plus générale de réconciliation entre les contraires, génératrice d’un sentiment d’unification et, au delà encore, l’éventualité de moments de “coïncidence” avec une Totalité irreprésentable.

 

Réalisation des objectifs et sens du projet

 

Sur le plan de la réalisation, les objectifs et le sens de notre projet ont été de nature à la fois théorique et pratique.

À partir du matériau que représentent les séries de rêves, nous avons voulu, par un cheminement qui va de la contemplation de ces séries, sous des angles différents, à une réflexion philosophique, voire métaphysique, trouver la matière d’un questionnement. Peut-on considérer d’un point de vue nouveau le statut de l’être humain, sa possibilité de devenir un individu, son rapport à la Nature, aux autres, au divin ?

Notre questionnement concernait aussi l’éventualité d’une sagesse remontant du fond d’où dérivent tous les êtres, c’est à dire la Nature.

Au sein de la nature l’homme devrait être un lieu où les fonctions psychiques s’interconnectent harmonieusement aux fonctions biologiques. Or, l’autonomie nécessaire que l’être humain a conquise vis-à-vis de cette Nature ayant évoluée vers un état de complète rupture, il en est découlé une perte d’unité et une discordance.

Le monde est malade

Nous désirons montrer, en continuant la voie ouverte par Jung, que le monde est malade. Il souffre des divisions, des déchirements,des guerres, de la perte ou du détournement du sentiment religieux.

Les hommes ont de plus en plus tendance à considérer l’Autre comme un ennemi, c’est à dire celui dont il faut réduire l’altérité, soit en le ramenant au même soit en le détruisant.

Cependant, il est peut-être possible d’apporter quelques remèdes à ces situations de crise en se mettant à l’écoute du discours de l’inconscient.

Des pistes pour guérir

Les leçons véhiculées par les séries de rêves, leçons dont nous pensons qu’elles sont une source d’information sur une Nature oubliée et devenue étrangère, pourraient se révéler très utiles pour une société qui a perdu le contact avec ce qui constituait une part essentielle de son humanité.

L’inconscient est une sombre zone d’altérité par rapport au conscient. Décider de rentrer en relation avec lui représente un geste de coopération avec l’Autre, l’étranger le plus proche, celui qui est en nous. C’est aussi faciliter l’intégration par le Moi conscient de cette pensée dont Jung était pénétré : il n’y a pas de Je sans Toi.

Le Moi n’est pas une île

Nous voudrions surtout dénoncer l’illusion d’une insularité du Moi, et contribuer à rétablir les connexions avec le fond à partir duquel s’élabore l’accès à une identité par différenciation d’avec les autres hommes.

Nous pensons aussi qu’il serait temps, par delà même la référence à la Nature, de redevenir les participants d’une totalité, dont nous nous sommes exclus. Il serait alors possible d’instaurer le dialogue entre le couple féminin-masculin, puis d’étendre cette remise en question de l’insularité où nous nous sommes enfermés à l’ensemble des formes de vie.

Nous souhaitons aussi que ce travail, qui pourrait apparaître comme le résultat d’une recherche en circuit fermé, débouche sur une praxis faisant des séries de rêves, de par la grande possibilité de généralisation qu’elles offrent, un outil d’observation privilégié des émergences de l’inconscient profond.

Pour finir, à l’époque où ce travail a été fait Le Livre Rouge n’était pas accessible. Il reste donc beaucoup à écrire …

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Ariaga
Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Ariane Callot

Cheminant dans les pas de Jung, j’ai tenté de donner à penser que l’on peut, par l’intermédiaire des série de rêves, observer les re-présentations structurelles et symboliques d’un enseignement de l’inconscient …
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