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Correspondance C.G. Jung - Erich Neumann

La correspondance de C.G. Jung et d'Erich Neumann, qui s'étend de 1933 à 1959, est d'une grande richesse et de première importance. Les deux hommes échangent autour des problèmes liés à l'actualité immédiate - Jung résidant à Zurich et Neumann à Tel Aviv - mais avant tout interrogent les fondements du psychisme dans son immense profondeur. 

Contexte et intérêt de la correspondance C.G. Jung / Erich Neumann

Les éditeurs précisent le contexte et l'intérêt de cette correspondance :

"La correspondance entre C. G. Jung et Erich Neumann est d'abord un dialogue confiant et amical entre le grand penseur et fondateur de la «psychologie analytique» et son disciple certainement le plus brillant, né à Berlin, réfugié à Tel Aviv en 1934, et promoteur en Israël de l'école jungienne.

Au-delà du dialogue entre deux esprits de haute volée qui s'appréciaient et défrichaient le même champ intellectuel, il est clair qu 'elle constitue une pièce majeure dans deux dossiers sensibles : «C. G. Jung et les années 30», et «C. G. Jung et le judaïsme».

Des rumeurs tenaces, souvent acerbes, n 'ont jamais cessé d'imputer à Jung un prétendu antisémitisme et des compromissions avec les dérives de cette époque tragique.

Entre Neumann, qui fuit Berlin avec femme et enfant dès l'été de 1934 pour s'établir en Palestine — Neumann dont le propre père mourut sous les coups des nervis nazis — et C. G. Jung, auquel il restera toujours fidèle, le sujet du judaïsme ne pouvait que s'imposer. [...]

C'est donc avec respect pour ces deux psychologues, et avec l'attention que requièrent leurs échanges intellectuels, qu 'il convient de lire cette correspondance peu commune.

Au-delà des idées, elle éclaire aussi la vie pionnière en Israël, les intrigues des cercles zurichois, ainsi que les prestigieuses Rencontres intellectuelles d'Eranos.

Jung et Neumann à Eranos

Le propos reste constamment à un niveau élevé, comme en témoignent le remarquable échange sur Job ou sur la fameuse autobiographie de Jung, connue sous le titre de Ma vie."

Voici quelques courts extraits :

Jung : l'esprit m'interpelle personnellement

Jung, 27 avril 1935 : "L'esprit m'interpelle personnellement, non pas parce que j'appartiens à un peuple ou à une race, ou encore à l'humanité ; je pourrais tout aussi bien être un animal ou une plante. Mais je ne suis qu'un «je suis» individuel, le pendant le plus extrême de la divinité et le plus indispensable, divinité pour laquelle je suis aussi essentiel qu'elle l'est pour moi.

Ce dialogue qui a lieu dans une éternité sans fin est plus grand que tous les millions de facettes et de gradations de ce qu'on appelle «réalité» — quand j'y suis. Quand je n'y suis pas, je suis «l'esclave du monde», déguisé pour tenir le rôle fatidique d'un homme vivant à une certaine époque, dans un certain lieu, enchaîné à des racines qui plongent dans l'histoire, le peuple, le sang, le sol, et des opinions collectives. Confronté à ces liens, quelque chose en moi semble crier à la rédemption."

Neumann : à propos du comportement éthique

Erich Neumann, 9 avril 1949 : "Le comportement éthique de l'alchimiste consiste à préparer et à préserver le feu, à réaliser une multitude d'opérations actives et responsables ; il doit faire l'Œuvre, tout en sachant qu'au final l'Œuvre se fait tout seul, mais pas en violant les éléments terrestres.

Je ne suis pas un «vieux protestant» ni un adepte de «l'Ancien Testament», mais un Juif, c'est-à-dire quelqu'un qui a fait l'expérience profonde que le rituel et le symbole ne protègent pas un être humain lorsque aucun moi moral ne les contrebalance, et quand aucun comportement éthique, ancien ou nouveau, ne fait contrepoids à l'inconscient chargé de symboles."

Jung : Dieu est toujours spécifique

Jung, 5 janvier 1952, à propos de la représentation canonique de Dieu : "C'est ce qui nous concerne avant tout, pas la notion générale, philosophique de Dieu. Ce dernier ne vit ni en moi, ni en un quelconque autre lieu : Il est purement intellectuel.

Dieu est toujours spécifique et a une valeur localement déterminée, sans quoi II serait inefficace. C'est l'image que l'Occident se fait de Dieu qui est valable pour moi, que j'y adhère ou non intellectuellement. Je ne fais pas de philosophie des religions, je suis saisi, presque écrasé, et je me débats de toutes mes forces.

La Gnose et les Midrasch n'ont rien à voir là-dedans, car ils en sont totalement absents. Les notions de purusha-atman et de Tao ne parlent qu'à mon intellect, pas à la force vivante qui me saisit. Ce saisissement est déterminé localement, il est barbare, infantile et profondément dépourvu de scientificité."

Neumann : votre oeuvre n'est pas une fin, mais un début

Neumann, autour du 26 juillet 1950, à l'occasion des 75 ans de Jung :

"Voici que vous avez 75 ans et que la prochaine guerre, froide ou brûlante, est à nos portes. On se demande évidemment, que fait-on réellement, est-ce que cela a un sens ? Vous-même avez planté dans le monde votre œuvre et votre action qui germeront : moins, je le crois, dans une Suisse sursaturée ou dans la sécurité apparente de l'Amérique, que là où le danger et la souffrance menacent d'anéantir l'individu.

Mais nous ? Mais ma génération ? Pour nous, tout est plongé dans les ténèbres du danger [Erich Neumann vit à Tel-Aviv en Israël et nous sommes en 1950]; il est donc difficile de toujours garder la foi inébranlable que la décision restera celle de l'individu. À une époque où l'exigence de l'homme collectif s'impose avec violence et, à juste titre, à l'intérieur comme à l'extérieur, continuer est souvent assez difficile, tant est manifeste l'absurdité de vouloir maintenir l'ordre dans le monde à partir de l'individu et de l'intérieur.

Mais je suis entre-temps tellement convaincu du caractère réellement paradoxal du vivant que je peux chasser ces soucis et, pour cette raison, je suis certain que votre œuvre n'est pas une fin mais un début, même si nous ne savons pas quel en est véritablement le terme visé."

Editions La Compagnie du Livre Rouge & Imago - 15,3 x 24 x 2,8 cm - 353 pages
Présenté et annoté par Martin Liebscher
Traduit de l'allemand par Véronique Liard
Appareil critique traduit de l'anglais par Florent Serina
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