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1994 : la lettre de Juillet
Cachée dans sa coquille, la perle est connaissance nécessitant effort et persévérance, d'autant qu'elle naît, dit la légende, par l'effet d'un éclair ou par la chute d'une goutte de rosée? Saâdi, dans son Bûstan, nous dit que cette goutte fait s'entr'ouvrir la coquille afin qu'elle la reçoive : c'est cette semence céleste qui devient perle. Celle-ci est donc symbole de naissance spirituelle, quête de l'Essence. Les mythes persans associent la perle à la manifestation primordiale. Elle est, dans sa coquille, comme le génie créateur dans la nuit. Selon la cosmogonie des Ahl-i-Haqq, "les Fidèles de la Vérité", "au commencement il n'y avait dans l'existence aucune créature que la Vérité suprême. Sa demeure était la perle ; son essence était dissimulée. La perle était dans la coquille, la coquille était dans la mer, et les ondes de la mer recouvraient tout". La perle a un caractère noble, dérivé de sa sacralité. C'est pourquoi elle orne la couronne des rois ; elle signifie le mystère du Soi rendu sensible. Elle joue un rôle de centre, lorsque les instincts sont maîtrisés : il s'agit de spiritualiser la matière, le corps, de transfigurer les éléments grâce à l'introversion de l'énergie, à la concentration que la perle cachée, puis découverte, représente justement. C'est tout cela que veut représenter l'image finale du monastère de Cimiez, dont la coquille fait écho à Compostelle. Rolande Biès |
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