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1994 : la lettre d'avril
La matière première (les rêves, issus de notre obscurité) sera notre Miroir de l'Art, le "sujet des sages" : travailler à nous transformer, à réfléchir, relève du miroir. Nous deviendrons savants selon les trois règnes en nous : minéral, végétal et animal. Sapience qui nous offre au moins trois trésors : vérité de notre lourdeur, prudence dans notre lenteur à croître, mesure dans notre tenue. Nous y ajouterons simplicité, qui est d'enfance, et doit être protégée : elle seule donne chant et joie. Le miroir est aussi instrument d'illumination, car symbole de connaissance : reflétant la vérité, il la révèle. Il concilie ces contraires que sont l'être et son reflet. Il est figure d'harmonie conjugale : nous ne serons plus de glace mais miroir chaud, capable d'incendier à distance. L'alchimie soufie rappelle que "le croyant est le miroir du croyant" : plus la face du miroir de l'âme a été polie par le travail intérieur et les épreuves, plus elle sera capable de refléter ce qui l'entoure, même les secrètes pensées d'autrui. Le miroir, symbole de la manifestation, reflète l'intelligence créatrice solaire. Il est donc symbole lunaire, à l'instar de la lune reflétant la lumière du soleil. Comme existe une parfaite identité entre macrocosme et microcosme, l'alchimiste affirme qu'existe un miroir dans lequel "le Monde est vu". L'Artiste peut voir sa nature à découvert car ce miroir est porte ouverte sur l'infini. Au lieu de voir les étoiles très loin dans le ciel, l'alchimiste trouve son étoile au plus profond de lui. (+) Pensons de même aux couronnes des Vierges qui, souvent, penchent au point de laisser croire qu'elles vont tomber. Rolande Biès |
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