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1994 : la lettre de février
L'homme est le "singe de Dieu", mais le gibbon peut symboliser le diable, lequel est, lui aussi, singe de Dieu. On rencontre souvent ce singe dans les rêves. L'inconscient n'est cependant pas blasphématoire : il veut rattacher au monde religieux le Dionysos interdit, perdu ; d'où ici, la blancheur du bas de son corps qui met celui-ci en valeur. Là où habite le divin - l'"ange" -, le singe - la "bête" - apparaîtra. Celui-ci a d'ailleurs une mentalité infantile. Installé au carrefour du visible et de l'invisible, il symbolise en fait les activités de l'inconscient. Cette bête - cet enfant - est aussi, à ce titre, maître initiatique. Notre singe regarde vers la gauche. Cela veut dire qu'il nous faut tenter de descendre avec humilité vers l'irrationnel, dans la profondeur, dans le fond animal, instinctif de l'humain (+). C'est une sorte d'intégration de l'inconscient, un bain de jouvence, comme dans le sommeil ; ou une mort rituelle, comme dans l'initiation (telle que nous l'avons rencontrée dans le Rosaire des Philosophes). La transformation va du plus bas au plus haut, de ce qui est bestialement infantile à l'homme mystique (c'est-à-dire relié aux mystères) sans oublier que l'absence d'instincts est souvent source d'erreurs. On ne le constate que trop souvent dans le "travail" de chacun. Parce qu'il est noir et blanc, le singe relie les opposés ; et en montrant au loin la lune - le cercle, image de totalité, - il désigne l'unité à laquelle il aspire, et à laquelle nous aspirons avec lui, car aucune autre vue ne peut nous consoler ! Rolande Biès(+) Par instinct, il ne faut pas seulement entendre instinct sexuel, mais globalement, instinct de conservation, qui comporte, entre autres, l'instinct maternel. |
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