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Du travail dialectique des forces à l’archétype du trois

Sculptrices et laboureuses imperturbables de l’univers, les forces fondamentales (gravité, électromagnétique et nucléaires) façonnent une quadruple structure ternaire.

Par Alain Nègre

Représentation des forces
A gauche : effet à distance. Au centre : interaction à travers un champ.
A droite : un « échange » de particules qui en constituent les messagères ou les médiatrices.

La nature des forces interroge toujours les physiciens contemporains comme elle avait rendu perplexes les anciens.

Pour Newton, l’attraction universelle était une puissance immatérielle agissant sur la matière. D’origine alchimique, cette mystérieuse force à distance agissait dans le cadre d’un espace fixe et absolu.

Avec Einstein, elle est devenue une déformation de l’espace, imposant aux corps qui la traversent une modification de leur trajectoire.

Aujourd’hui, elle résiste à l’unification avec les trois autres forces fondamentales, d’où la suggestion de certains physiciens qu’elle ne serait pas une force fondamentale mais une force émergente qui surgirait de la tendance du système à retourner vers son état d’équilibre.

L’archétype du « trois »

Si le quatre féminin stabilise la totalité dans son approfondissement intérieur, le trois masculin évoque une totalité dynamique en rapport avec les processus de développement dans le temps. Il peut être illustré par la fameuse dialectique ternaire selon laquelle le devenir s’effectue dans l’opposition des contraires (thèse, antithèse) et par leur dépassement dans la synthèse.

Cette triade, commode d’emploi, sera utilisée par souci de simplification. Il faut toutefois remarquer que, d’inspiration hégélienne, elle connote une pensée où le rationnel épuise totalement le réel, aux antipodes de l’approche de Jung. Pour ce dernier comme pour Pauli, la totalité est toujours ouverte, toujours intotalisable et débordant de fait toute possibilité de description.

Voir aussi : La relation conflictuelle de Jung envers Hegel. Ariane Callot.

Avec les reflets du quatre déjà entrevus, le récit de l’évolution de l’univers consiste en un déploiement quadripartite de la totalité. Comme pour toute discipline scientifique, le cosmologiste observe l’image psychique de la réalité physique. Il aboutit ainsi à des contenus psychiques qui sont soumis à une discrimination par les quatre fonctions d’orientation de la conscience.

Les reflets du trois quant à eux, apparaissent dans le découpage ternaire de chaque quadrant, d’où le diagramme 4 × 3 ci-dessous. Le conflit et le dépassement des contradictions sont gravés dans la matière cosmique par les forces fondamentales (gravité – nucléaires – électromagnétique).

Les forces fondamentales

La force de gravitation est la plus faible des forces de l’univers, toujours attractive. C’est la force dominante à l’échelle cosmologique. Elle maintient ensemble les grandes structures telles que planètes, étoiles et galaxies. La particule médiatrice qui transmettrait la gravité s’appelle le graviton (non encore observé).

La force électromagnétique lie les électrons aux noyaux d’atomes. Elle lie les atomes pour former des molécules et les molécules les unes aux autres. Elle est responsable de la lumière, de l’électricité, du magnétisme, de la chaleur et du traitement de l’information. Attractive ou répulsive selon le signe des charges électriques, sa particule médiatrice est le photon.

Les forces nucléaires forte et faible agissent sur de très courtes distances. La force nucléaire forte maintient ensemble les protons et les neutrons dans le noyau. C’est une attraction extrêmement intense qui l’emporte sur la répulsion due à la charge électrique des protons. Sa particule médiatrice est le gluon.

La force nucléaire faible joue un rôle fondamental dans l’univers. Sa manifestation la plus connue est la radioactivité bêta qui permet de transformer un neutron en proton ou inversement, donc de changer la composition d’un noyau. Elle est décrite par l’échange de « bosons » W chargés ou de Z neutres.

La force nucléaire faible n’est responsable d’aucune structure stable dans la nature. Mais sans elle le soleil s’arrêterait de briller car il ne pourrait pas fusionner l’hydrogène en deutérium. Ainsi, à l’instar du sculpteur qui modèle sa statue en supprimant la partie superflue de la pierre, le travail consciencieux des quatre forces jamais ne cesse.

Ne cesse de sculpter ta propre statue jusqu’à ce que brille
en toi la splendeur divine de la vertu et que tu voies la
tempérance qui siège sur son « auguste trône. »
Plotin, Ennéades, I

La quadruple structure ternaire

Première triade dialectique

Une première triade apparaît d’abord au niveau global de l’univers. L’énergie de l’inflation (la thèse) se voit confrontée à la condensation de substance matérielle (antithèse) qui apparaît avec la nucléosynthèse primordiale. La synthèse s’accomplit dans le « frottement » matière-lumière qui vise à la formation des premiers atomes légers comme l’hydrogène.

Deuxième triade dialectique

  • La gravité, attractive au niveau local, rassemble la matière autour d’inhomogénéités (thèse).

  • La pression thermique augmente ce qui déclenche les forces nucléaires (antithèse, ci-dessous en rouge ) et crée le carbone et autres atomes lourds enrichissant l’environnement.

  • Un « frottement » local entre matière et lumière a lieu sur la Terre qui développe et synthétise des formes de mieux en mieux adaptées à l’environnement.

Troisième triade dialectique

A nouveau au niveau global de l’univers, l’émergence explosive de conscience réflexive (thèse) se voit confrontée (antithèse) à la désorganisation des substrats matériels, à la désintégration des protons et aux trous noirs qui avalent tout puis s’évaporent. La vie, codée sur les particules de matière restantes (électrons et positons), développe des réseaux de communication et « aspire » à une unité de conscience.

Le quatrième ne voulait pas venir…
      « Nous en avons pris trois avec nous ; le quatrième n’a pas voulu venir.
Il a dit qu’il était le véritable, qui pensait pour eux tous. »
(Goethe, Faust, p. 366 )

Quatrième triade dialectique

Le temps n’étant plus défini tant dans les phases pré-inflationnaires qu’eschatologiques, l’ordonnancement des événements du quatrième quadrant n’est pas aisé à percevoir.

On pourrait imaginer la gravité (indistincte des 3 autres forces) en conflit dialectique avec l’énergie sombre répulsive (s’identifiant en partie avec l’énergie du vide ?) pour aboutir à la synthèse de ? …

Une théorie quantique de la gravitation est nécessaire pour décrire ces événements. On retrouve ici le difficile passage du troisième au quatrième, un mystère qui a tant fasciné Jung et Pauli après Platon, Goethe et Marie la Prophétesse.

La représentation 4 × 3 du récit cosmologique

Dans la représentation circulaire, le récit cosmologique est devenu un système de relations et d’interactions permettant l’examen de symétries et de polarités qui pourraient suggérer une meilleure compréhension systémique de l’univers. Des événements cosmologiques apparemment sans relation sur un axe temps linéaire apparaissent en vis-à-vis dans la représentation circulaire.

Six paires d’oppositions dessinent trois croix qui désignent des événements diamétralement opposés, successivement sculptés par :

1) la force de gravitation,
2) la force nucléaire,
3) la force électromagnétique.

Ces trois «  moments  » de la dialectique ternaire correspondent aux trois «  qualités  » du mandala zodiacal, respectivement, cardinale, fixe et mutable.

Isomorphe au zodiaque  [1],  la structure symbolique 4 × 3 l’est aussi au symbole du Tao qui, par les petits cercles de l’axe vertical montre qu’il y a toujours du Yin au sein du Yang, et vice-versa. Rien n’est absolu.

Moments solsticiaux et équinoxiaux

L’axe vertical IV-X correspond aux deux points «  attracteurs  » de la structure 4 × 3 qui sont aussi les germes d’une nouvelle phase de développement. En IV, le petit cercle Yin (noir) représente les graines des futures structures matérielles de l’univers. En X où les deux « bouts » du temps linéaire se rejoignent, le petit cercle Yang (blanc) représente aussi bien l’achèvement que la promesse d’une prochaine tentative d’univers.

Quant à l’axe horizontal I-VII, il voit l’égalité entre le Yin et le Yang. C’est une symétrie à l’intérieur d’un processus dynamique qui se rompt au moment même de l’égalité parfaite comme aux équinoxes de printemps et d’automne. Il n’est pas étonnant de trouver les deux événements « fortement émergents » en ces deux points de « ruptures de symétrie ». Au « printemps », l’espace surgit du vide symétrique à la fin de la « grande unification » des trois forces quantiques qui marque le début de l’inflation. A l’autre extrémité de l’axe horizontal, la prise de décision, permise par le libre arbitre de la conscience réflexive, correspond aussi à un phénomène de « rupture de symétrie ».

Notes

[1] Les 12 événements cosmologiques peuvent se relire à travers les figures du zodiaque : l’inspir cosmique de l’inflation (Bélier), la matière baryonique de la nucléosynthèse primordiale (Taureau), le « frottement » matière/lumière (Gémeaux) etc. (troisième chapitre de « Entre science et astrologie »).

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