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1993 : la lettre de juillet
L'ambivalence inconsciente (les nébuleuses qui emprisonnent la Fontaine de la première image), après bien des conjonctions- séparations, amène l'intégration d'où une conscience croissante qui dépassera les difficultés du quotidien. C'est l'image de la réalisation intérieure : la conscience éclairée. Ce n'est pas un état statique, c'est une présence totale à la réalité, une capacité de répondre aux sollicitations - intérieures - extérieures, - à en discerner le sens, et du même coup, à être au centre du monde et à percevoir le sens de ce monde, donc le Sens de l'Amour et l'Amour du Sens. De plus, en vivant le présent et seulement le présent, nous saisirons l'éternité dans le temps. A ce temps échappe la réalité. On peut la saisir dans l'instant comme une étincelle dorée qui jaillit du fond et à laquelle va succéder une seconde étincelle dans l'instant qui suit. Renouvellement de la création d'instant en instant ; c'est effectivement ce qui se passe pour celui qui vit cette expérience : il échappe à la mémoire, à l'avant et à l'après ; et parce que le passé et l'avenir ont disparu pour lui, ils convergent en ce point ultime qui est également le point d'origine, l'éternel Présent. Nous acceptons alors de courir des risques ; car la parole du Fond est tout autre que celle issue du moi. Etre fidèle au "moment" doit être notre loi. Rolande Biès |
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