C.G. Jung
    
        sur cgjung.net  sur le web (avec google)
en langue française
     > Accueil > Ressources > Alchimie > Lettres 1993 > Février    
     
   

1993 : la lettre de février

" La corruption de l'un est la génération de l'autre".
Avicenne - Tractaculus Artis Auriferae.

Le roi et la reine sont unis dans la douleurLes deux corps soudés de la sixième image nous présentent la mort que l'on trouve dans tous les mythes des déesses-mères et de leur fils-amant incestueux, où le fils descend affronter les forces du mal. Ici, le roi et la reine sont unis dans la douleur, car la fontaine et la mer sont devenus "tombeau liquide". La fusion est un être à deux têtes (qui existe entre époux et enfants). Quand les opposés s'unissent, l'énergie cesse : c'est la nigredo (dépression) ; c'est l'extinction de la conscience (qui correspond dans la tradition chrétienne au Vendredi saint). On remarquera les positions des bras croisés, celle des cadavres dans l'antiquité.

Quoique l'homme et la femme s'unissent, ils n'en demeurent pas moins encore des contraires inconciliables qui peuvent dégénérer en hostilité, s'ils sont vécus au niveau du moi. Tel est l'aspect négatif de l'image.

Si nous en regardons maintenant l'aspect positif, c'est l'apparition anticipée de l'hermaphrodite, de l'être unifié, qui sera le résultat de la confrontation de l'homme avec l'anima, de la femme avec l'animus. (Comparer le sein de la femme et celui de l'homme). Le bras de l'homme posé sur le bras de la femme indique que l'homme ne doit pas se laisser submerger par l'anima. C'est ce "jeu royal intérieur", exigeant un effort considérable, qui mène à l'individuation. Cela inclut une sorte de mortification, dont nous trouvons un symbole dans le crucifix.

Cette crucifixion - les fleurs croisées que les personnages tenaient à la main -, c'est le conflit, la mort, et une potentielle renaissance. L'intégration des projections entraîne une expansion de l'être qui peut donner une folie des grandeurs ou une négation de l'égo, l'une alternant souvent avec l'autre.

Cette image traduit par excellence l'ambiguïté d'un état intermédiaire,   héritier du passé et prometteur d'avenir. Ainsi, il y a bien encore deux têtes - signe de dualité - : la tête est le siège du mental diviseur ; mais déjà une seule couronne : signe que la royauté intérieure est en voie d'être acquise. Il y a bien encore deux têtes, mais il y a seulement deux bras et deux jambes : signe qu'il y a encore deux individus, mais déjà plus qu'un seul être.

Rolande Biès
 
Le Yi King

L'Encyclopédie
des Symboles

 
     

 

 @ Copyright 1998 - tous droits réservés

Plan du site

Haut de page