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1993 : la lettre de juin
Les trois serpents sont l'homologue alchimique de la Trinité, et l'unique serpent représente, d'une part, l'unité des trois, et d 'autres part, le serpent mercuriel qui contient tous les possibles du temps. Le monstre à trois têtes, dans le calice, est le symbole de la materia prima qui est notre inconscient, le chaos primitif de la première image. La nature contradictoire du but : l'intégration du mal - et non son rejet - entraîne le caractère monstrueux du symbole. Mais cette explication rationnelle ne change rien au fait que le monstre est une perversité de la nature. La figure lumineuse du Christ est compensée par la présence du noir, du mal (ici, l'oiseau), parce que la matière demeure inconnue et qu'elle contient tous les possibles. L'arbre des treize lunes souligne le perpétuel changement, l'instabilité de l'être humain, bien qu'il semble triompher en posant les pieds sur la lune. Si l'on se refuse à admettre que ce qui fascine est fatalement une vérité absolue, si nous ne laissons pas les illusions nous ôter tout bon sens, nous apprendrons à extraire de toute fascination la quintessence d'une part de notre personnalité. La totalité de l'homme ne peut être décrite que par des antinomies (l'antimoine alchimique). La Pierre, ou "Homme Primordial", est à elle-même sa propre racine. Tout est né de cet UN et par cet UN. Ce créé-incréé ne peut être enregistré que sous forme de paradoxe, et celui-ci fait parfois irruption de f açon inattendue, étrange ; il est si étranger que nous ne pouvons que nous incliner devant cette Force qui nous dépasse ! Rolande Biès |
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