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1993 : la lettre d'avril
"La lumière luit dans les ténèbres".
Saint Jean.
La septième image des deux corps
toujours soudés et de la pluie de rosée montre la purification, l'œuvre au blanc, l'albedo. Avec la mort de l'ego, l'ombre s'éclaire et dote le couple
d'une connaissance autre qu'intellectuelle : le sentiment. Les yeux
du cœur commencent à voir : le sourire est sur les visages. (On peut rêver alors
d'une souris, et la Langue des Oiseaux incite à sourire ...) C'est un présage de
naissance au discernement objectif. C'est la lumière apparaissant après les ténèbres
(rêve d'aurore ou de lever de lune qui indique la perception accrue de la luminosité de
l'inconscient).
La rosée est l'eau de la sagesse, plus précieuse que tout au monde :
elle est la nourriture essentielle (d'où son nom alchimique d'eau
ignée - conciliation des contraires = eau + feu). C'est l'enlèvement du superflu,
et en particulier les contenus symboliques de l'inconscient projetés sur les autres.
On estime, à ce moment, que l'œuvre est achevée sur le plan intellectuel. Mais il
est nécessaire alors de la mettre en pratique, dans le concret de chaque jour.
L'humidité annonce le futur retour de l'âme. La compréhension intellectuelle produit
l'impression de libération et de supériorité (orgueil).
Le sentiment créera le lien avec l'existence Mais la réalisation même par le
sentiment n'est pas l'étape finale. Il manque l'intuition, quatrième fonction sans
laquelle aucune réalisation n'est vraiment possible. Car pour l'homme complet, le
mystère de la nature humaine est une sensation (la terre),
une pensée (le feu), un sentiment
(l'eau) et une intuition créative (l'air). La descente dans
une profondeur toujours plus grande se change en illumination venant d'en haut. "Le
haut et le bas ne font plus qu'un", comme le dit la Table
d'Emeraude. L'âme est humide par nature ; l'union des opposés a fait sortir de la
lumière de l'obscurité.
Rolande Biès
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