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La primauté de l’expérience en philosophie et en théologie
par Lise Villemaire, M.Ps. psychologue

Considérations pratiques

Je ne rejette pas tout de la science, puisqu’en tant que phénomène humain, elle doit être considérée comme tout autre phénomène, mais à sa juste valeur, et dans le domaine humain, cela signifie pour moi, dans son utilité pour l’humain.

On dit qu’une recherche doit permettre de faire avancer la science. Je vous avoue que j’en ai rencontré plusieurs qui ne faisaient qu’empeser les tablettes des bibliothèques, que faire progresser plutôt l’avancement de la carrière du chercheur lui-même et qui n’aidait d’aucune manière à faire progresser notre connaissance et notre compréhension de l’être humain.

Et même si nous avons la chance d’avoir un Maître qui nous apprend ainsi, nous devrons nous approprier par nous-mêmes ce qu’il elle nous aura appris et le mettre en pratique à notre manière, selon notre personne qui est unique.

C’est qu’en fait, il n’est pas question ici d’élaborer des idées abstraites, mais de chercher des réponses à la vie humaine.

Au fond, que cherchons nous? Nous cherchons le pourquoi de notre existence et comment vivre le mieux possible notre vie et notre vie avec les autres. Nous avons besoin de réponses concrètes, liées à notre vécu quotidien. On ne se pose pas de question quand tout va bien et on ne cherche pas non plus de réponse: on vit, tout simplement.

Mais étant donné qu’il existe une souffrance humaine ( en fait, on ne peut que constater qu’il y en a beaucoup!) plusieurs personnes se posent des questions et cherchent des réponses ou - à tout le moins - de petites indications sur le chemin.

Nous cherchons tous fondamentalement le sens de notre vie et conséquemment, de notre mort, dans l’ici et maintenant avec les êtres qui nous entourent. Souffrir, c’est se sentir morcelé, la guérison, c’est tendre à se réunifier, harmonieusement.

Mon expérience de vie personnelle autant que professionnelle en tant que psychothérapeute et enseignante me montre ce besoin du sens de l’existence, avec celui d’aimer et d’être aimé.

Aimer, être aimé, le sens de ma vie et de ma mort, ma place dans ce monde. Ce sont des mots simples, mais qui demandent pour chacun, chacune à les questionner, les rencontrer en face à face de manière responsable, libre et à les sentir, à les vivre le plus pleinement et humainement possible soi-même, par soi-même. 

Et la vraie rencontre, le profond dialogue se fait dans l’or du silence.

On aura beau lire mille livres, écouter de grands conférenciers sur l’amour, sur la peine d’amour, on aura beau savoir les étapes du deuil selon le Dr. Kübler-Ross, quand je me retrouve en face à face d’une personne mourante, quand je serai dans les nuages euphoriques du coup de foudre amoureux, ou quand je serai dans le fond du puits à pleurer des larmes de sang pour un amour perdu, ce savoir me sera peu utile.

Et même si j’ai traversé antérieurement ces mêmes expériences, je serai amené à la revivre comme si c’était la première fois...parce que vivre, c’est tout simplement cela.

Chaque rencontre, chaque épreuve doivent être vécues dans l’émerveillement de l’enfant qui découvre, qui s’étonne comme si c’était toujours la première fois. Mais en même temps, c’est tout lourdement et légèrement cela. Je dis légèrement, car si nos pas dans le chemin sont trop lourds, nous risquons de rester pris dans la vase, de s’y enfoncer et ainsi ne plus être capable de marcher.

Il n’existe rien d’autre de plus, de moins ou de mieux que de vivre ma vie, avec le plus de conscience possible. Ce dernier point est très important, car être conscient est ce qui nous distingue de tous les êtres vivants. Vivre pour vivre, serait de souffrir pour souffrir : ce serait …bien bête! Le chimpanzé que nous étions peut-être avant doit maintenant comme nous l’a dit Jacques Brel: Vivre debout!

Charles Beaudoin, dans son livre « Christophe le passeur » écrit: « Porter sans penser n’est pas digne de l’homme » (11). Mais penser sans porter n’est pas – par ailleurs une expérience humaine totalement vivante.

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(11) Beaudoin, Charles : Christophe le passeur, p.62

Lise Villemaire

Colloque Anthropologie et Spiritualité, Université de Sherbrooke, Faculté de Théologie, d’Éthique et de Philosophie, Octobre 2004

 Introduction

 Considérations épistémologiques

 Considérations pratiques

 Considérations sur le devenir humain

 Conclusion

 Références bibliographiques

 
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