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Ariane Callot
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Poésie Ariaga

Ariaga

Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

 

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Le serpent qui se mord la queue

La Rêveuse rencontre dans ses songes une représentation symbolique incomplète de l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue des alchimistes.

 Une mauvaise relation avec la Nature

Nous allons voir que le problème de la Rêveuse est lié à une mauvaise relation avec la Nature en tant qu’élément féminin de la totalité. Un bon exemple est donné au rêve 47. La Mère Nature y est symboliquement représentée par la propre mère de la Rêveuse qui doit être soignée.

Rêve no 47 : l'afficher

Ce qu’il y a d’un peu tragique, au cours de cette partie de la série, si l’on privilégie le point de vue alchimique, est que tout est en émergence mais rien ne se réalise. La suite du songe 47 le met en évidence.

Il y a un couple, ce qui est fort bien. Ils ont eu deux enfants, garçon et fille qui, par une conjonction, auraient pu donner naissance au rebis, à l’androgyne de l’unité. Ce serait, alors, le petit être à peine visible sous le lit. Mais nous retombons simplement sur une manifestation du ternaire masculin : ce sont des triplés, est-il dit.

Un fort enracinement dans la dualité

Le système habituel de compensation onirique génère, au rêve 49, une belle quaternité doublée : quatre chandeliers à deux branches.

Rêve no 49 : l'afficher

Cependant, là encore, il y a un manque. Ces chandeliers, porteurs de lumière, sont éteints et, de plus, révélateurs d’un fort enracinement dans la dualité. Ils ont deux branches et non sept comme on le voit dans la symbolique de diverses Traditions.

Notons la présence du petit garçon serviable du rêve 4, ce qui accrédite, à nouveau, l’idée jungienne de la continuité des rayons à partir du noyau central.

Voir les rêves de la série de la rêveuse

Le rêve 50 se caractérise par un retour à l’unité.

Rêve no 50 : l'afficher

Au rêve 8 la Rêveuse hésitait entre deux poissons. Maintenant, c’est avec ravissement qu’elle mange le gros poisson brillant qu’elle a choisi. Nous laisserons de côté les significations christiques attachées au poisson pour citer cette phrase de Georges Ripley, un alchimiste anglais du XV° siècle  que cite Jung à la page 416 de Psychologie et alchimie :

“Les philosophes disent aux chercheurs que les oiseaux et les poissons nous apportent le lapis, chaque homme le possède, il est en chaque lieu, en toi, en moi, en chaque chose dans le temps et dans l’espace.”

Ce texte est en concordance avec les mots mais elle a toujours été là, déjà évoqués à d’autres niveaux de notre étude, à la fois chez le Rêveur et chez la Rêveuse. La matière de l’Oeuvre est présente au sein de l’inconscient collectif, donc au niveau des couches profondes de la psyché des rêveurs, mais elle n’accède pas à la visibilité. Cette présence est soulignée par le rêve suivant, le 51, où il est dit que toutes les chambres donnent sur l’intérieur et qu’il y en a beaucoup.

Rêve no 51 : l'afficher

Dangers dans les profondeurs de l’inconscient

Le poisson, tellement apprécié par la Rêveuse au rêve 50, vit dans l’eau, élément qui, pour beaucoup d’alchimistes, est un des symboles essentiels de la materia prima. Cette matière, que nous assimilons à l’inconscient collectif, est tellement envahissante qu’elle est à nouveau prête à submerger la Rêveuse.

Le danger, si la rêveuse cédait à la tentation de se réfugier dans le domaine des profondeurs de l’inconscient, est représenté, au rêve 52, par un virus mortel.

Rêve no 52 : l'afficher

Le chaos, libéré par l’ensemble des manifestations propres aux débuts d’un processus alchimique, émerge sous la forme d’une terrible tempête. C’est dans ce songe, dont les débuts représentent la matière chaotique et dangereuse qui doit être travaillée au commencement de l’Oeuvre, qu’apparaît un symbole alchimique très ancien et très fort : l’Ouroboros, qui, malgré son dégoût, va permettre à la Rêveuse de surmonter l’épreuve.

L’Ouroboros symbole de Totalité

L’Ouroboros, un des plus fameux symboles hermétiques, prend l’apparence d’un serpent ou un dragon, parfois d’un poulpe. Il dévore sa queue et c’est probablement, selon Jung, “un des plus anciens symboles pictural de l’alchimie que l’on connaisse par des documents”.

Le Codex Marcianus, qui date du X° ou XI°, siècle en comprend une illustration, avec la légende l’Un, le Tout.

Jung écrit, dans Psychologie et alchimie (p.377) :

Les alchimistes répètent sans cesse que l’opus naît de l’Un et ramène à l’Un, que c’est en quelque sorte un cercle semblable à un dragon qui se mord la queue. C’est pourquoi l’opus était souvent appelé circulare (circulaire) ou rota (roue).

Il donne, en note, un texte du Rosarium, très démonstratif de l’idée que se faisaient les alchimistes d’une totalité sous jacente à la multiplicité apparente du réel :

“Concentre donc ton attention dans l’œuvre de la nature, sans prétendre t’occuper tantôt de ceci, tantôt de cela, car notre science n’est pas pour s’accomplir dans la multiplicité des choses. Quelle que soit en effet la diversité des vocables, il s’agit pourtant toujours d’une seule et unique réalité, et c’est de cette réalité toujours la même…”

et ajoute une phrase de Morienus citant l’empereur Héraclès (610-641) :

“Notre art procède à l’origine d’une racine unique, qui dans la suite se développe en une pluralité de choses, et qui retourne de nouveau à l’unité”.

L’ouroboros, en tant que puissante allégorie de la double nature du Mercurius unissant en lui tous les opposés, se rattache à cette idée de totalité.

La représentation alchimique du serpent-dragon-hermaphrodite qui se dévore, se féconde et s’auto-ressuscite est, à la fois, une image des contraires, et un symbole de leur union.

Le grand rire de la Rêveuse

Remarquons que l’Ouroboros du rêve 52 n’est pas achevé. Le serpent forme presque un rond. Cette figure représente, cependant, une grande progression du cheminement de la Rêveuse vers une représentation de la totalité alchimique. Hélas, tout va être remis en question par une attitude intellectuelle très négative, tout au moins au niveau étudié. Il s’agira de l’ironie.

Au rêve 53, suivant immédiatement celui du serpent Ouroboros salvateur, le cercle se ferme et d’en haut on pose sur la tête de la Rêveuse une couronne de roses blanches.

Rêve no 53 : l'afficher

Ce rêve qui rassemble la mystique et la symbolique alchimique de la couronne et de la rose provoque, probablement à l’état limite entre le rêve et le réveil, un grand rire de la Rêveuse. On a l’impression que c’en est trop pour elle.

Il faut dire que la forme circulaire de la couronne, et le fait qu’elle semble descendre des cieux, surévalue le caractère transcendant de ce symbole, souvent associé à la perfection et à la totalité. Les alchimistes utilisaient l’expression de corona pour exprimer l’idée de l’accomplissement.

Cette couronne peut être interprétée, dans le contexte de la série, et sur le plan de signification privilégié en ce moment, comme une sorte de don divin, octroyé en récompense d’une épreuve réussie : avoir maîtrisé la tempête et le dégoût envers l’énorme serpent.

Ajoutons que la couronne est composée de roses, fleur très présente dans les traités des alchimistes.

Selon la couleur, la rose est associée à un stade l’Œuvre. La rose blanche fut liée à la pierre au blanc, but du Petit Œuvre, tandis que la rose rouge fut associée à la pierre au rouge, but du Grand Oeuvre.

Tentative manquée de fuite dans l’ironie

Alors que des images, évoquant la possibilité d’effectuer la première partie de l’Œuvre, se manifestent spontanément par l’intermédiaire de ce songe, la Rêveuse choisit, à demi consciemment, la distanciation.

L’attitude ironique permet la fuite, et le rire moqueur évite l’implication, quand un domaine trop sensible, souvent le sentiment, risque de se trouver sans défense.

Ici, le rire est très dommageable car il intervient à un moment où, si elle était plus consciente de ce qui se produit au niveau de son inconscient, elle pourrait coopérer avec son expérience intérieure. Mais, comme il sera montré au rêve 64, elle est semblable à une petite fille qui se balance dans les airs sur un trapèze.

Rêve no 64 : l'afficher

L’ironie de la Rêveuse semble sans effet sur la qualité des manifestations oniriques alchimiques. Les rêve 54, et ceux qui vont suivre seront la preuve que l’inconscient continue, imperturbablement, son discours.

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Publié initialement dans le cadre d’une thèse cette page a été adaptée par Ariaga (Ariane Callot), son auteure.
Les ouvrages cités sont référencés à la page bibliographie.



Ariaga
Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Ariane Callot

Cheminant dans les pas de Jung, j’ai tenté de donner à penser que l’on peut, par l’intermédiaire des série de rêves, observer les re-présentations structurelles et symboliques d’un enseignement de l’inconscient …
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