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1992 : la lettre d'octobre
"Nul ne peut avoir de lien avec son prochain
s'il ne l'a d'abord avec lui-même".
C.G. Jung Psychologie du
transfert
Sur l'image
II, nous voyons le Roi et la Reine : l'homme et l'anima, ou la
femme et l'animus, ou encore, l'analyste et l'analysant au cours de leur union profonde.
Comme il n'y a pas de passage à l'acte sexuel, c'est un processus de purification dans
lequel tout ce qui est superflu est éliminé dans le feu, qui est amour, pour faire
apparaître l'essentiel. D'où la nécessité des émotions,
feu qui nous habite et nous transforme, et que nous ne devons pas fuir. Sans émotion, pas
de transformation d'obscurité en lumière. C'est un être nouveau que nous voyons sortir
de la multiplicité. L'individu unifié conservera sans doute des traces de la discorde
primitive, - ses anciennes contradictions -, mais la souffrance sera
éliminée.
Le Roi et la Reine se donnent la main gauche, celle de l'inconscient, de
ce qui est obscur. Les fleurs sont les quatre éléments, la cinquième est apportée par
la colombe couronnée du Saint-Esprit. Le secret réside dans l'union des mains droites.
Les trois branches sont les trois tuyaux de la fontaine. Le mystère de la Conjonction
fera naître des phantasmes "érotiques" issus de l'inconscient, mi-spirituel,
mi-sexuel, qui nous dit que la lumière ne peut naître que des ténèbres. La totalité humaine est située au-delà des sexes.
Les vêtements laissent la rencontre dans le conventionnel. La
familiarité avec l'analyste lui succèdera, car on projette sur lui les contenus
infantiles, on l'en couvre. Ce "travail" ne concerne que celui qui veut s'en
sortir, car certains préfèrent rester à l'abri de leur névrose, de leur cuirasse.
Mais on ne gagne rien à rester enfant, comme l'attestent dans
l'image le soleil et la lune (les parents archétypiques) foulés au pied. L'épouse n'est
pas la mère, le frère ou le père n'est pas l'époux. La discussion éclaire : les
vêtements tomberont, la vérité apparaîtra. Il ne s'agit pas d'égoïsme, mais
d'édification de l'âme individuelle ouvrant sur celle de l'Ame du Monde, d'instant en
instant, et pour chacun de nous, d'une manière infime.
Rolande Biès
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