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1992 : la lettre de novembre
"Je suis noire, mais je suis belle".
Cantique des Cantiques)
L'image
III nous dévoile le Roi : la conscience dominatrice, et la Reine : l'inconscience
porteuse d'inconnu, donc de nouveau. Les personnages sont en contact, non plus avec la
main gauche (irrésistible tendance à l'inceste inconscient (1) et désir profond
d'être relié à soi-même), mais avec la main droite, intermédiaire du symbole
unificateur : fleur, encore fermée, du Saint Esprit ; les tuyaux sont devenus des tiges.
Il n'y a plus que trois fleurs au lieu de cinq, ce qui implique moins de contradictions en
nous. La parole commence à s'échanger ; le Soleil (la conscience) dit : "O lune,
donne-moi de devenir ton époux". Autrement dit : "Femme, porteuse de l'anima, aide-moi à être relié à toi". La Lune répond :
"O soleil, il est juste que je t'obéisse". Autrement dit : l'inconscient doit
obéir à la raison. La colombe dit de même : "C'est l'esprit qui unit".
Les vêtements sont tombés : notre vérité, donc notre ombre, est en
face de nous. L'être se montre tel qu'il est derrière son ombre ; nous ne projetons plus
le merveilleux qui est en nous et qui n 'est que narcissisme. Nous distinguons le réel et
l'idéal. Nous découvrons nos erreurs : nous sommes "en déprime", en
nigredo. Si nous nous en sentons coupables, c'est que nous en
sommes devenus victimes. L'ombre emprisonne notre créativité quand on dépense
l'énergie qui déborde dans nos défauts (colère, etc ...) au lieu de la récupérer.
L'ombre est de l'énergie mal utilisée. L'énergie une fois
récupérée, le moi et l'ombre sont reliés, ce qui exige patience et courage, car la
totalité de notre être n'est pas perfection mais intégration.
En nous peuvent exister des états douloureux ou joyeux aux étages
inférieurs, et aux étages supérieurs, un détachement de
la douleur et de la joie.
Rolande Biès
(1) Le mariage entre le Pharaon et sa sœur en est un
exemple.
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