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Ariane Callot
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Poésie Ariaga

Ariaga

Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

 

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Moments marquants de la série de la rêveuse

Des rêves de la série qui racontent comment la rêveuse va se libérer de son dégout du corps et accepter qu’il ne soit pas une prison de l’âme.

 

Moments marquants de la série

L’ombre maternelle

L’affrontement avec l’ombre ne peut trouver de véritable conclusion, car elle fait partie de la totalité psychique. Pour ce qui est de l’histoire racontée par cette série, la part obscure à éclaircir est l’ombre maternelle qui, depuis toujours, juge, déprécie, décide de ce qui doit être rejeté.

Rendue plus puissante par tout le poids de l’inconscient familial, elle est la nourriture de l’animus négatif. Présente dès la début de la série, elle forme alors une espèce de couple mère-fille, jamais d’accord, dont nous avons un bon exemple au rêve 103 où la révolte se dessine déjà : la fille aime le cru, la mère aime le cuit. La fille trouve délicieux les œufs de la féminité qui dégoûtent la mère. Le fait qu’il s’agit d’un saumon, poisson qui remonte jusqu’à la source pour se reproduire, ajoute à l’intérêt de ce conflit où nous voyons la rêveuse commencer à se séparer de cette pesante ombre maternelle.

Rêve no 103 : l'afficher

Au Rêve 47, il avait été montré que, pour qu’une conjonction soit possible, il fallait soigner la mère. Cependant, même silencieuse, elle demeure comme le montrent les rêves 108 et 125. Pour que finisse l’histoire, au rêve 145, il faut d’abord que la Rêveuse coupe, au rêve 132, le cordon ombilical qui la relie à l’inconscient familial et aussi qu’elle entreprenne, au rêve 143, de laver les pieds de sa mère, c’est à dire de la racine de l’ombre maternelle. La manière de soigner la mère est tout à fait radicale puisqu’elle l’expédie joyeusement vers une mort certaine au Gouffre de l’Enfer. Il aura fallu toute la série pour arriver à ce résultat 1.

Rêve no 47 : l'afficher Rêve no 108 : l'afficher Rêve no 125 : l'afficher Rêve no 132 : l'afficher Rêve no 143 : l'afficher Rêve no 145 : l'afficher

Se libérer du corps

PapillonL’histoire, commencée au rêve 1, de la résistance au fait d’habiter une enveloppe corporelle, histoire qui révèle finalement un refus d’accepter sa naissance, et un désir de se libérer de l’incarnation pour retrouver la vie de l’âme, se poursuit au rêve 5 où le papillon, symbole de grâce et de légèreté, est devenu énorme et gras comme un animal. Il est plein de chair et de graisse et nous voyons là tout le ressentiment de la Rêveuse qui tape avec violence sur une image de l’incarnation que son point de vue aliéné voit comme la cause de ses blessures et de ses difficultés.

Rêve no 1 : l'afficher

Rêve no 5 : l'afficher

Il faut noter au sujet du rêve 5, et cela sera valable pour l’ensemble de la série, que la pensée (terme freudien) du rêve n’est pas unilatérale. Généralement, un autre point de vue est proposé. Ici, la Rêveuse se rend compte de l’horreur de son geste. Elle craint la mort définitive de cette chair, d’autant plus que, dans le rêve arrive un chat qui risque de dévorer le papillon. Cela suscite une forte émotion.

L’impressionnant rêve 38, âmes sensibles s’abstenir, met en scène une possibilité de brûler, dissoudre, ces corps dont seules les têtes conservent encore un peu de vie. Cette terrible vision a été précédée, au rêve 32, d’une possibilité de monter au ciel en empruntant de gigantesques monte-charges. Tout ceci est très dangereux, et reflète un dramatique oubli de notre condition d’êtres biologiques.

Rêve no 32 : l'afficher

Rêve no 38 : l'afficher

Une nouvelle illustration de ce point de vue se trouve au rêve 88, où se produit le massacre du grand chien, symbole de la vitalité, de l’instinct. Cette violence, l’acharnement sur les pattes, évoque une destruction de tout ce qui concerne la relation à la terre, au monde vivant.

Rêve no 88 : l'afficher

Ces scènes pénibles, destinées à offrir une représentation de la mauvaise relation entre la rêveuse et son corps, sont compensées par des rêves qui vont, progressivement, faire gagner du terrain au positif sur le négatif.

Dans la première partie, le discours du rêve, par l’intermédiaire de la Grande Voix, donnait déjà, au rêve 65, une clé avec les mots : Il y avait la source. C’est la parole d’une antique Nature annonçant une grande perte. Il y avait en la Rêveuse une qualité d’être humain biologique, une réussite de la Nature, qu’elle n’incarne pas. Elle est un désert où la source s’est tarie.

Rêve no 65 : l'afficher

La chair n’est plus une prison

La progression s’amorce au rêve 113 qui marque le début du renversement de la tendance. La scène raconte une hésitation entre le côté humain et le côté animal. Il faut, à ce stade, sortir d’une expression de l’être trop raffinée par le mental, accepter le côté animal en tant qu’énergie brute, et y voir de la beauté. Cette phase surmontée mérite une récompense.

Rêve no 113 : l'afficher

La Rêveuse va recevoir, au rêve 116, un disque intitulé Berceuse du Chant de la Nature. Ainsi, la Nature n’est plus terrible mais prête à accueillir, à tenir dans ses bras, à devenir le berceau d’un enfant accueilli avec douceur par une mère aimante. L’acceptation de l’incarnation s’amplifiera au rêve 123 au moment où elle nage seins nus, ce comportement ayant été proposé au cours d’un déjà ancien rêve programme, le rêve 34.

Rêve no 34 : l'afficher

Rêve no 116 : l'afficher

Rêve no 123 : l'afficher

Un rêve programme est un rêve qui montre clairement le projet de l’inconscient mais qui généralement n’est pas compris parce que le rêveur n’a pas atteint un degré d’évolution suffisant. Ici l’amie que la Rêveuse prenait dans ses bras, comme on prend un enfant, pour la consoler contre ses seins nus, représentait la composante malheureuse de la psyché ayant perdu le contact avec la nature et n’aimant pas son corps. Ensuite, le corps mal aimé est soigné, il devient beau. Il s’agit du corbeau = corps beau du rêve 127 et cela annonce le rêve d’aboutissement.

Rêve no 127 : l'afficher

Cependant, le combat de l’acceptation de l’incarnation n’est pas encore gagné, et nous assistons à un retournement, car le mental défend ses privilèges. Il s’agit du rêve 141, où la Rêveuse essaie, une fois de plus, de s’échapper par le haut. Elle voudrait descendre des hauteurs de la station orbitale où elle se trouve, mais elle est très encombrée par les bagages symbolisant la prédominance de l’accumulation des connaissances intellectuelles.

Rêve no 141 : l'afficher

Plus grave, une voix tentatrice lui dit, alors qu’elle envisage l’impossibilité de redescendre : Tu peux être enfermée, mais ton âme ne risque rien , ce qui signifie que l’âme est enfermée dans un corps, et que l’incarnation est la prison de cette âme.

Heureusement pour le dénouement de l’histoire, un renversement se produit : la Rêveuse s’est trompée, elle est finalement bien enracinée sur la terre d’une planète. Tout est beau, et on pêche avec un filet à papillons. L’énorme papillon gras du rêve 5 est devenu une étoile filante. La chair est ainsi magnifiée, ce n’est plus une prison et l’on comprend que la Rêveuse soit ravie. Après avoir surmonté le dernier obstacle, elle va maintenant pouvoir accueillir sa propre naissance.

Rêve no 5 : l'afficher

La vision 149 constitue le dénouement, heureux, de l’histoire douloureuse et conflictuelle de l’incarnation mal acceptée de la Rêveuse. Il y a là toute la représentation 2 de l’état antérieur de sa relation à la vie biologique, et de la transformation qui s’est opérée au sein de son psychisme. Elle passe ce trou qui lui était fermé au premier rêve . Par un déferlement d’amour, le Qu’elle est belle! transforme cette naissance inhumaine et solitaire, cette vulve et ces mains anonymes, cette supplication devant l’horreur que représente l’incarnation, en un moment de lumière et de pur bonheur.

Vision hypnagogique no 149 : l'afficher

Le fait qu’il s’agisse d’une vision hypnagogique, c’est à dire d’un état de conscience particulier intermédiaire entre celui de la veille et celui du sommeil, donne encore plus de valeur à la scène, parce qu’elle est reçue dans un état assez proche de la conscience. Nous pensons que l’éblouissante lumière symbolise la conscience éclairée et que cette acceptation de l’incarnation dépasse les limites de l’histoire onirique, de par l’intégration de l’enseignement du rêve au niveau de la vie consciente.

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Notes :

  1. On rencontre aussi la mère aux rêves 14, 21, 56, mais, comme ombre, elle est surtout une présence “latente” au sein de rêves comme le 24 où on trouve une madame X avec qui elle est fâchée dans la vie.
  2. des éléments avaient été distribués tout au long de la série : les minuscules bébés du rêve 47, bébés de la dualité, le troisième, le résultat de l’exercice de la fonction transcendante, étant caché sous un lit ; l’inoubliable sourire du nouveau-né, la petite Aurore du rêve 73, l’essai d’élaboration d’une vision satisfaisante, qui se révèle très négatif, au rêve 106 avec un visage sans corps de nouveau né tout fripé , le tout étant associé à un poing.


Ariaga
Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Ariane Callot

Cheminant dans les pas de Jung, j’ai tenté de donner à penser que l’on peut, par l’intermédiaire des série de rêves, observer les re-présentations structurelles et symboliques d’un enseignement de l’inconscient …
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