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Ariane Callot
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Poésie Ariaga

Ariaga

Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

 

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Introduction à l’interprétation alchimique des rêves

Les alchimistes vivaient des rêves éveillés dont il semble que l’on peut trouver encore une trace dans les songes contemporains.

Présence d’éléments alchimiques dans les rêves

Dans d’autres pages, nous avons montré le cheminement de Jung sur la voie alchimique et donné au lecteur un aperçu de la terminologie utilisée par les traités hermétiques.

À une approche quelque peu didactique, il convient d’ajouter la découverte de permanences symboliques éclairant réciproquement l’alchimie et l‘univers onirique. Il s’agit, maintenant, d’aborder l’exploitation par Jung de ces correspondances.

Les représentations oniriques utilisent souvent, pour leur mise en scène, des décors et des événements en relation avec les quatre éléments naturels que sont l’eau, la terre, le feu et l’air.

On navigue sur l’eau, on vole dans les airs, on explore les profondeurs souterraines on se chauffe devant un feu, on cuit un aliment. On peut aussi subir les rigueurs du froid du vent, de la chaleur.

La base du matériau onirique n’est pas l’intellect mais plutôt un mélange d’émotions et de représentations, plus ou moins symboliques, du monde sensible. Cet assemblage, même s’il est surprenant, voire burlesque, demeure compréhensible pour un rêveur, puisqu’il est capable de l’écrire et d’en rendre compte.

Voie humide et voie sèche des alchimistes

Au moment de sa confrontation avec l’inconscient, Jung, qui était à la fois l’opérateur et le matériau de sa propre transmutation, a failli se perdre, au cours des nombreuses distillations qu’il a imposées à sa psyché. Mais il a aussi commencé, sans le savoir, à explorer la voie que les alchimistes appelaient la voie humide. Cette voie symbolique, que l’on pourrait appeler voie des images, sera celle utilisée par Jung pour l’interprétation de la série de rêves de Psychologie et alchimie.

Celui qui suit la voie humide observe les reflets des phases de l’opus sur les parois du vase en verre. Il s’agit d’une lente gestation, durant laquelle il voit des images, qu’il traduit en symboles. Un texte, offrant des concordances psychologiques avec cette démarche, se trouve dans Ma vie :

“Dans la mesure où je parvenais à traduire en images les émotions qui m’agitaient, c’est-à-dire à trouver les images qui se cachaient dans mes émotions, la paix intérieure s’installait. Si j’avais laissé les choses demeurer sur le plan de l’émotion, il y a lieu de penser que j’aurais été déchiré par les contenus de l’inconscient. … Mon expérience eut pour résultat de m’apprendre combien il est salutaire, du point de vue thérapeutique, de rendre conscientes les images qui résident, dissimulées, derrière les émotions.” (p.206)

La voie sèche est décrite par Étienne Perrot  dans son ouvrage La voie de la transformation. Il s’agit d’une voie où

“l’artiste est directement aux prises avec la réaction de la transmutation dans le vase”

Elle ne peut être décrite, c’est une voie sans images.

Le rêve éveillé de l’alchimiste

Les alchimistes qui suivaient la voie humide éprouvaient des émotions induites par leurs expériences. Ils opéraient avec l’ espoir fou de conquérir un fabuleux trésor mais aussi sous la pression d’une angoisse provoquée par la crainte de Dieu et du Diable. Au fond d’eux-mêmes, ils savaient bien qu’ils étaient quelque peu hérétiques.

Ils traduisaient leurs émotions en images et en symboles qui, grâce à un processus semblable à celui mis en évidence par Jung, avaient une certaine vertu thérapeutique. La différence vient du fait qu’ils ne le savaient pas, tout au moins consciemment.

L’impression de brouillard chimérique que donne la symbolique alchimique, est due au fait que ces hommes du Moyen Âge, semblables en cela à celui qui reçoit des rêves absurdes, se trouvaient devant un inconnu, pour lequel n’existaient pas de représentations connues. Ils étaient obligés de procéder par approximations, allégories, images mythologiques, espérant, ainsi, exprimer leur secret d’une manière qui les soulage, tout en ne les chargeant pas d’une culpabilité religieuse.

Entouré de ses fioles, livres et instruments, épuisé par la chaleur de l’athanor, les veilles et les méditations, intoxiqué par les vapeurs du mercure et autres produits chimiques, l’alchimiste devait, souvent, être submergé de visions et d’hallucinations. Il vivait une sorte de rêve éveillé, durant lequel se produisaient des manifestations de l’inconscient collectif.

Sortant ensuite de son nuage onirique, l’alchimiste tentait d’exprimer l’inexprimable par une symbolique infiniment complexe, tellement riche qu’on ne peut s’empêcher de penser, comme Jung, qu’elle “devait son existence à une raison suffisante”.

Fréquence des symboles alchimiques dans la série du Rêveur de Jung

L’inconscient collectif ne connaissant ni le temps ni l’espace, il n’est pas surprenant que Jung nous montre, au cours de son commentaire de la série du Rêveur, que certains symboles, fréquents chez les alchimistes, s’y retrouvent sous diverses formes.

Leur re-présentation différente s’explique par le contexte personnel et la vie quotidienne du sujet.

Ceci montre que, le symbole en soi étant irreprésentable, et ayant pour seule fonction discernable d’être un cadre dans lequel s’inscrit la représentation archétypique, cette dernière ne peut s’effectuer que par l’intermédiaire du symbole vivant, par essence protéiforme.

Ce sont certaines manifestations de cette résurgence, issue du courant souterrain de l’alchimie, elles-mêmes résurgences de toute la Philosophie de la Nature prè-chrétienne, que Jung a mises en évidence, et commentées, à partir de la série du Rêveur de Psychologie et alchimie. Il les a choisies, dans le but de donner une explication, cohérente à ses yeux, de la vision finale de l’Horloge du monde.
Si nous portons un regard plus personnel sur la série, d’autres possibilités d’interprétation apparaissent, mais l’essentiel demeure :

La découverte faite par Jung de la présence de manifestations de la symbolique alchimique dans les rêves de ses contemporains.

La théorie, à visée paradigmatique, qu’il tenta de mettre en place à partir de cette découverte, sera notre appui, et notre constante stimulation, quand il s’agira de l’interprétation alchimique de la série de la Rêveuse.  On peut nous objecter que l’on ne voit que ce que l’on cherche, mais encore faut-il avoir l’idée de chercher, et une indication sur la direction.

Comme ce fut le cas, au niveau de la construction narrative et de l’élaboration structurelle, la plupart des thèmes importants dont on observe la pérennité jusqu’aux rêves d’aboutissement, s’enracinent dans les rêves initiaux.

Cette précocité pourrait fournir un commencement de preuve de la présence d’un fonds commun, à partir duquel émergeraient des représentations propres aux alchimistes que l’on retrouve encore dans des rêves d’aujourd’hui.

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Publié initialement dans le cadre d’une thèse cette page a été adaptée par Ariaga (Ariane Callot), son auteure.
Les ouvrages cités sont référencés à la page bibliographie.



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Ariane Callot

(Ariaga) est docteur en philosophie. Elle a soutenu en 2000 une thèse orientée sur Jung.

Elle est l’auteur du blog le Laboratoire du Rêve et de l’Alchimie spirituelle. Sur le présent site elle publie des extraits revus de la thèse, des écrits sur Jung et des poésies.

Ariane Callot

Cheminant dans les pas de Jung, j’ai tenté de donner à penser que l’on peut, par l’intermédiaire des série de rêves, observer les re-présentations structurelles et symboliques d’un enseignement de l’inconscient …
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