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Les manœuvres perverses et les personnes cibles

Les pervers narcissiques rendent confuses leurs victimes par le biais d’allusions, diversions, falsifications, intimidations, omissions, attaques personnelles, etc. Ils n’assument aucune responsabilité, laissent pourrir une situation. Leurs victimes se trouvent sidérées et médusées.

Les manœuvres du pervers narcissique mêlent les agirs et les faire agir. Nous pouvons les distinguer selon les points ci-dessous :

Au premier rang figurent les manœuvres confusiogènes, telle la disqualification ou l’attaque des liens.  Aux manœuvres perverses de communication (parler bas, faire répéter…) s’ajoutent :

  • les manœuvres perverses d’omission de qualification (ne pas reconnaître les qualités positives de la personne),
  • les manœuvres d’absentéisme (qui disqualifient les réunions),
  • les falsifications,
  • le renversement de la causalité,
  • les diversions.

Collusion narcissique, mensonges

La collusion narcissique, accord inconscient entre deux personnes, peut engrener les besoins sadiques de l’un aux besoins masochistes de l’autre et aboutir à l’entretien d’une tension intersubjective perverse, les conflits permanents tenant lieu de lien.

Enfin, les mensonges liés à une surestimation, une sous-estimation ou une pseudoégalité mensongère peuvent s’associer à la séduction par la douleur (« regarde comme je souffre à cause de toi ») et à la séduction par l’idéologie promue au rang de fétiche (Objet auquel on attribue un pouvoir magique).

S’y ajoutent les caractéristiques des noyaux pervers : la culpabilisation, les intimidations et l’entretien de secrets de famille ou de pseudo-secrets avec l’imposition d’un non-à-dire.

Le pervers procède par allusions, critiquant des personnes montrant des ressemblances avec la personne à laquelle il s’adresse plutôt que d’attaquer de manière frontale : « Le groupe pense que tu… ».

Goût du risque et manœuvres 

L’origine de son goût du risque est à rechercher du côté du besoin d’excitation en remplacement du plaisir inaccessible et l’absence d’émotions.

Les manœuvres agies, en relief, peuvent se doubler d’une perversion en creux qui consiste à ne pas faire ce qu’il faut, ne pas prendre les responsabilités qui doivent être prises, laisser pourrir une situation etc.

Dans les institutions, cette forme de perversion mène droit au burn out car les travailleurs sont amenés à se surmener, à perdre le bénéfice de leur travail (dont le pervers s’empare). Ils sont angoissés car il prennent des responsabilités qui ne leur incombent pas et qu’ils n’ont ni les moyens ni le statut d’assumer.

Deux formes de perversion narcissique

La perversion narcissique peut prendre deux formes :

  • la forme phalloïde, âpre, vénéneuse et agressive, qui s’observe surtout chez les femmes,
  • la forme avantageuse, plus imprégnée de suffisance, qui s’observe chez les hommes.

La première procède d’une revendication d’être tout et d’avoir tous les droits, d’où une âpreté pernicieuse, des manœuvres en coulisses (méchanceté, cruauté…) et une utilisation de ses propres enfants comme objets narcissiques.

La seconde implique de faire le paon, de se voir sans cesse loué, admiré, voire adulé.

Toute personne peut être victime d’un pervers narcissique

Toute personne, surtout si elle crée, peut être victime d’une attaque de la part d’un pervers narcissique, lorsque celui-ci veut échapper à l’envie suscitée par les qualités qu’elle montre. Cependant, un milieu favorable, dans lequel manque la solidarité normale entre les personnes, s’avère nécessaire. L’entourage participe en effet sans le savoir à entretenir les clivages.

Souvent, la victime n’a pas été respectée par ses parents durant l’enfance et n’a jamais eu le droit de dire « non ». Le pervers narcissique présente une incapacité relative ou absolue de vivre le plaisir ou le désir car, pour nourrir sa grandiosité, seule compte pour lui l’humiliation de l’autre, qu’il met au service d’un besoin de se valoriser à ses dépens.

Il attaque et dévalorise sa victime

Il se présente dès lors à sa future victime comme capable de satisfaire tous ses désirs et attire sur lui la projection de l’idéal du moi de cette personne( sur lui). Ensuite, il attaque et dévalorise sa victime, usant du langage pour agir sur elle. Envahie par des émotions contradictoires, celle-ci voit sa pensée paralysée, ce dont le pervers profite pour la disqualifier et la déstabiliser.

Il insinue que, si elle veut avoir une valeur, elle doit se conformer à ses attentes à lui. L’espoir d’être reconnue l’amène à entrer dans son jeu – espoir que n’importe qui peut éprouver.

Cette manœuvre possède une force d’autant plus grande que le pervers se montre anormalement perméable à l’inconscient, étant mal séparé, et qu’il a tout le loisir d’observer sa victime. En effet, il n’a pas à gérer des sentiments et des émotions qu’il n’éprouve pas, ni à se soucier de la vérité qui constitue un frein chez une personne normale.

La victime se retrouve sidérée et médusée

Par conséquent, la victime se retrouve sidérée et médusée. Le pervers exporte alors en elle des affects narcissiques intolérables tels que la honte, le désespoir, la terreur, la rage, la dépression, le manque d’estime de soi.

Le clivage a pour effet que celui qui est agi par le pervers ne distingue pas ce qui vient de lui-même et ce qui est induit par l’autre. Plus que de menaces, qui sont le fait du paranoïaque, le pervers narcissique use d’intimidation, plus difficile à repérer car plus sournoise.

De manière générale, si la victime accepte difficilement l’idée d’avoir longuement subi la perversion narcissique, c’est parce qu’elle a gardé l’espoir que le pervers s’amenderait, qu’il la reconnaîtrait enfin. La source de cet espoir se situe dans la blessure narcissique de tout un chacun, blessure ignorée parce que s’étant produite dans la première année de vie.

L’effet hypnotique du pervers

En outre, l’effet hypnotique du pervers, le blocage de la pensée, le décervelage et les perpétuels agirs contribuent à paralyser la victime.

Dans les couples, la victime croit avoir rencontré le Prince Charmant ou la Princesse Charmante qu’elle a toujours attendu, croyance qui perdurera longtemps après la rupture de la relation. L’attitude ici en jeu s’oppose donc à celle qui prévaut dans les couples normaux, où l’état amoureux mène à la découverte réciproque et au retrait progressif de la projection.

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Michel Cautaerts

Médecin psychiatre et psychanalyste jungien, ancien président de la Société Belge de Psychologie Analytique, Michel Cautaerts est un chercheur, clinicien et conférencier. Sa riche expérience s’étend sur plus de 40 ans. Il est l’auteur de deux ouvrages :

Vous pouvez l’écouter : émission de radio Dialogue du 05/11/2006 sur Fréquence Protestante.


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