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Présence de Jung

Plusieurs entretiens avec Marie Louise von Franz, Barbara Hannah et Gerhard Adler, ainsi qu'un hommage à Jung, nous permettent de découvrir la richesse et la complexité de la personnalité de C.G. Jung et de préciser sa pensée.

Ces entretiens sont extraits de la série Remembering Jung, éditée par l'Institut C.G. Jung de Los Angeles (DVD disponible en anglais seulement). Les éléments ci-dessous sont extraits du livre présenté. 

Retrait des projections

Marie Louise von Franz, page 19, à propos du retrait des projections :

"[...] il ne s'accomplit que si vous voyez vraiment en vous-mêmes la caractéristique qui vous irrite ou que vous admirez chez l'autre. Ça ne sert à rien de dire : «Mea culpa, j'ai une ombre comme ceci ou comme cela, j'ai un animus comme ceci ou comme cela.» Ce n'est pas du tout une aide.

Je dois vraiment voir cette caractéristique, ce qui signifie que je dois la prendre en flagrant délit. Je dois avoir, comme réaction : «Mon Dieu, je me comporte comme ceci ou comme cela.» A ce moment-là, je la saisis; à ce moment-là, je sais où elle se situe en moi, comment elle fonctionne en moi. Je sais alors quelle sorte de voix j'ai, quelle sorte de ressenti physique j'ai quand je vis ce complexe. Je peux alors le garder à l'intérieur de moi et ne plus le plaquer sur les autres."

Écarter l'animus de son chemin

Marie Louise von Franz, page 38 :

"Je crois que la seule chose à faire est d'écarter l'animus de son chemin et de laisser les choses se faire d'elles-mêmes, car, naturellement, ce ne sont pas tant les hommes extérieurs qui répriment vraiment les femmes, c'est l'animus. Si des hommes extérieurs veulent vous réprimer, vous n'avez qu'à les laisser tomber, mais l'animus est par contre le vrai problème. On devrait créer un mouvement pour libérer la femme de l'animus et non des hommes. Ce serait la vraie libération de la femme : sa féminité referait alors surface d'elle-même. 

[...] il est important que la conscience de la femme sorte de son identification à l'animus. Ce qui est terrible, c'est qu'au moment où l'on est dans l'animus, on ne sent pas, dans un premier temps, qu'on est dans l'animus. On pense être soi-même."

Donner un autre nom aux concepts junguiens

Marie Louise von Franz, page 44, à propos de ceux qui reprennent les concepts jungiens :

"Ils prennent par exemple un concept junguien et lui donnent un autre nom, mais sa signification reste exactement la même ; c'est juste pour être original et créatif et ne pas être un simple «junguien».

Tout cela montre qu'ils n'ont pas compris que ce concept est une réalité à laquelle nous sommes confrontés, et que notre tâche est de nous confronter nous-mêmes à cette réalité, la même que celle à laquelle Jung lui-même s'est confronté. Si nous le faisons nous-mêmes, si nous restons fidèles à notre propre travail sur nous-mêmes, alors notre ombre, nos rêves, etc., nous rappellent en permanence que nous ne sommes pas Jung et que nous ne sommes pas allés aussi loin que lui. Mais le danger est l'inflation.

Le problème du mal

Marie Louise von Franz, page 68, à propos du problème du mal :

"la seule chose que vous pouvez faire est de vous confronter vous-mêmes à ce problème, là où vous êtes. Tout le reste... Si les discours charitables et raisonnables pouvaient aider, nous serions depuis longtemps hors de danger, parce que ces discours ne manquent pas, mais ils ne servent à rien.

Par conséquent, le seul endroit où vous pouvez vraiment prendre en mains le problème du mal, le saisir dans un corps à corps, c'est en vous-mêmes. Là, vous avez l'espoir de changer quelque chose, mais l'espoir de changer le monde est une illusion puérile." 

Nous devons combattre le mal

De son côté, Barbara Hannah s'exprime sur le même sujet, page 105 :

"C'est le problème le plus grave qui soit. Dans les «Pensées tardives» de Ma Vie, Jung dit que nous devons apprendre à combattre ce «mal sans fard» qui semble prendre une forme permanente. C'est en Allemagne qu'il a éclaté en premier, et il va à l'évidence se maintenir. Et comme il est là pour rester, «il nous faut apprendre à composer avec lui. Mais la manière dont cela sera possible sans les plus grands dommages est, à l'heure actuelle, encore inconcevable.»

Quelque chose doit être fait, car, pendant deux mille ans, la religion chrétienne nous a dit de réprimer le mal, et regardez ce qu'il en est maintenant, c'est terrible ! En fait, nous n'avons jamais connu une explosion du mal dans le monde comparable à celle de ces dernières années." [Nous sommes à la fin des années 70 au moment de cet entretien et depuis les choses n'ont cessé d'empirer.]

Les confessions publiques ne sont que des mots

Marie Louise von Franz, page 74, à la question posée par Susan Wagner :
"Est-ce que le processus analytique est le seul moyen de composer avec l'ombre, d'en devenir conscient ?" :

"Je ne sais pas si c'est le seul moyen, mais c'est le seul que je connaisse, car voir sa propre ombre est quelque chose de si douloureux que vous ne le faites jamais honnêtement dans un groupe, vous ne pouvez pas avouer des petits secrets si pénibles. Toutes les confessions publiques que les gens font en groupe ne sont que des mots : « Oh, je suis jaloux, je suis infantile! » Ils font de la dissimulation quand ils en arrivent aux points réellement douloureux.

Même l'analyste doit avoir beaucoup de tact, marcher sur des œufs et regarder par la fenêtre, parce que le patient se sent mal quand il se rend compte de son côté inférieur. Une présence humaine est donc nécessaire, une relation d'être humain à être humain qui l'aide à devenir conscient de son ombre. Vous ne pouvez pas le faire d'un grand coup de balai."

Des milliers de junguiens n'ont jamais entendu parler de Jung

Marie Louise von Franz, page 81 :

"Bien sûr, de nombreuses idées exprimées par Jung sont, pourrait-on dire, «dans l'air du temps», et certaines personnes les trouvent indépendamment de lui. Sans le connaître ni le lire, en regardant à l'intérieur d'elles-mêmes, elles arrivent à des conclusions identiques.

De mon point de vue, il existe donc des milliers de junguiens, dans le monde entier, qui n'ont jamais entendu parler de «Jung», mais, pour moi, ils sont junguiens, car ils se fondent sur la même expérience et la même vérité intérieure. Ils leur donnent des noms différents, mais ça n'a pas d'importance."

Nous devons aider l'inconscient

Marie Louise von Franz, page 86 :

"L'inconscient ne vous parle pas quand vous êtes avec d'autres personnes, quand votre attention se porte vers elles. Quand vous êtes seul, c'est différent : à certaines occasions, j'ai vécu seule dans cette tour [lieu du tournage] pendant 3 semaines, sans dire un mot à quiconque, et je pensais parfois que j'étais en train de perdre la tête, mais l'inconscient devenait vivant. C'était mon partenaire.

C'est pour cette raison qu'il faut être seul pour que l'inconscient se renforce. C'est comme si vous rechargiez l'inconscient : il se manifeste alors et vous n'êtes plus seuls. Nous devons aider l'inconscient. Il ne suffit pas qu'il soit en nous, il s'agit de se tourner activement vers lui et d'être un soutien pour lui de sorte qu'il nous aide par la suite."

Jung n'encourageait pas la dépendance

Barbara Hannah, page 109, répond à la question "[Jung] n'encourageait pas une dépendance ?" :
 
"Oh non, pas du tout! Vous deviez gagner la possibilité de rester près de lui grâce à un travail créatif. Sinon, il ne vous autorisait pas à rester. Non, il n'encourageait pas du tout la dépendance, bien au contraire. Il disait toujours que l'imagination active était une pierre angulaire pour savoir si quelqu'un voulait devenir indépendant ou voulait rester un satellite."

L'attitude soi-disant antisémite de Jung

Gerhard Adler, coéditeur des oeuvres complètes de Jung, est interrogé sur l'antisémitisme de Jung (page 125) :

"A propos d'antisémitisme, vous ne devez pas oublier qu'il y avait Erich Neumann, qu'il y a James Kirsch, qu'il y a Aniéla Jaffé, qu'il y a Yolande Jacobi, que moi-même je suis là : dans le fond, certains de ses plus anciens élèves sont juifs, et il est significatif qu'il ait demandé à un Juif [Gerhard Adler] d'être l'un des coéditeurs de ses œuvres complètes, et qu'il ait demandé à un Juif — et même deux car Aniéla Jaffé était aussi dans ce comité — d'assurer la publication de sa correspondance. Voilà une indication très claire de son attitude soi-disant antisémite !"

C.G. Jung n'a pas esquivé l'inconnu, l'irrationnel

Gerhard Adler, page 131, à propos du manque de clarté de l'œuvre de Jung :

"Jung a été très souvent attaqué pour son manque de clarté, il a été qualifié de non scientifique, parce qu'il est entré dans des sujets aussi «non scientifiques» que l'alchimie, à laquelle il a consacré une grande part de sa vie, comme vous le savez, le Yi King que lui a fait connaître Richard Wilhelm et dont il a écrit une préface et la synchronicité.

Qu'il se soit engagé dans ces activités est, à mon avis, le signe d'un véritable esprit scientifique : il n'a pas esquivé l'inconnu, il n'a pas esquivé ce qui semblait irrationnel mais il a vraiment senti que «oui, quelque chose existe là et doit par conséquent être exploré». Alors que d'autres personnes ont reculé de peur d'avoir l'air non scientifiques, lui s'est attaqué au sujet. Je crois que c'est le vrai courage d'un grand scientifique, mais c'est quelque chose qui est très souvent oublié."

Des concepts détournés

Gerhard Adler, page 132 :

"Prenez par exemple la typologie, l'idée des types psychologiques de Jung qui est si souvent prise, à tort, pour la description d'états d'esprit statiques, alors qu'il s'agit, au contraire, de quelque chose de très dynamique, d'une interdépendance et d'une compensation de différents aspects humains, de différents aspects de la psyché humaine.

Pensez à sa définition du symbole : elle est totalement révolutionnaire avec sa dimension créatrice, elle est fondée, bien sûr, sur son idée d'énergie psychique qui oriente le point de vue sur le but, sur la finalité, plutôt que sur la causalité.

Pensez aussi à son concept de réalité de la psyché [...] ou à son concept de synchronicité qui s'oppose vraiment à l'idée de séquence causale..." 

La psyché n'est pas en nous, c'est nous qui sommes dans la psyché

Gerhard Adler, page 136 :

"[Henri Bergson] a dit une fois que l'électricité nous entoure depuis que le cosmos existe, mais que les hommes ne l'ont découverte qu'au cours des siècles derniers. A mon avis, on peut dire la même chose à propos de la psyché : elle a été présente de tout temps, en tout cas durant plusieurs millénaires, mais elle vient d'être découverte.

Jung a dit un jour : «La psyché n'est pas en nous, c'est nous qui sommes dans la psyché». Comme dans le cas de l'électricité qui nous entoure, j'ai parfois l'impression qu'une psyché plus vaste nous entoure."

Jung vivait avec les opposés en lui

Barbara Hannah, page 148 :

"Jung vivait avec les opposés en lui, même si cela lui était très pénible. En conséquence, les opposés se sont de plus en plus mis en rapport l'un avec l'autre et ils ont perdu leur caractère absolu. Il était toujours soucieux que ses élèves ne cherchent pas à le copier, mais trouvent leur propre voie pour affronter ce problème.

Quand certaines personnes se lamentaient auprès de lui, ce qui était fréquent, que l'Institut n'était pas un havre de paix, il répondait souvent :

«Pensez-vous que j'ai créé une école maternelle où les élèves ne trouvent que des pères bienveillants et des gentilles mères, où ils n'apprennent même pas à mettre une cuillère dans leur bouche ? Non, ils doivent en effet rencontrer les opposés à l'Institut durant leur formation, et peut-être seront-ils alors capables de les affronter ensuite, dans le monde, sinon ils n'auraient pas la moindre chance d'y arriver.» "

Présentation de l'ouvrage par l'éditeur

Trois analystes proches de C.G. Jung s’entretiennent avec Susan Wagner, une junguienne elle-même analyste aux États-Unis. Ayant personnellement connu Jung, ces trois continuateurs de sa pensée relatent leurs souvenirs et tracent, chacun à sa manière, le portrait de cette figure centrale de la psychologie du XXe siècle dont les découvertes continuent d’alimenter la pensée actuelle.

Marie-Louise von Franz est celle qui, au dire même de Jung, comprend le mieux l’ensemble de sa psychologie et le suit dans les domaines très variés qu’il traite, de l’analyse des contes de fées et des rêves à l’étude de l’alchimie, des nombres ou de la physique.

Barbara Hannah aborde la pensée de Jung à travers l’homme Jung aussi, car, après une analyse avec lui, des liens d’amitié se sont développés avec lui et son entourage. Devenue une de ses collaboratrices, elle approfondit le monde des symboles et des archétypes.

Quant à Gerhard Adler, moins connu en France, il a eu un grand rayonnement en Angleterre. Ce que Jung appelle « la réalité de la psyché » l’habite, tout comme le symbole vivant (pour reprendre le titre d’un de ses livres). À la demande de Jung, il a collaboré à l’édition et la publication des œuvres complètes en anglais, ainsi que de la correspondance.

Trois analystes proches de Jung, trois sensibilités différentes, trois points de vue qui permettent d’entrer plus avant dans l’œuvre complexe de Jung et de mieux comprendre certaines facettes de sa personnalité.

Comme en témoigne cet ouvrage, la pensée de C.G. Jung ne se dissocie pas de son vécu. Et, comme par ricochet, les lecteurs de C.G. Jung se trouvent amenés, en approfondissant sa psychologie, à explorer leur propre vie intérieure.

Editions La Fontaine de Pierre - Traduction Michel Bacchetta - 15,1 x 22 x 1,2 cm - 160 pages

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