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1996 : la lettre de novembre
"Se cognestre, estre et non parestre";
Devise de la Salle des Gardes du Château
de Dampierre-sur-Boutonne. Saintonge.
François 1er
prohibait l'imprimerie, et surtout les écrits concernant la science d'Hermès. Celle-ci
fut alors sculptée dans la pierre des plafonds, donc hors de portée des iconoclastes,
mais visible pour ceux qui savent regarder au ciel tout en ayant les pieds sur terre.
Rendons
hommage d'abord au nom du Château : Dampierre. Nous le lirons Dame Pierre, Notre-Dame la
Pierre philosophale, celle qui est porteuse de Sagesse. Les quatre-vingt treize caissons
de la galerie ouverte du premier étage composent les pages de ce texte apparemment muet.
Nous en étudierons ceux qui sont porteurs du message alchimique.
Entrons dans ce labyrinthe de Salomon - comme on le nommait autrefois. On peut y lire
en phylactère : FATA VIAM INVENIENT (Enéide, III, 395) : "Les destins trouveront
leur voie". Que sera le "fil d'Ariane" ? Un livre peut-être, l'épreuve ou
les preuves d'une véritable rencontre. La vie alors sera régénérée, la voie secrète
sacrée, sera consacrée. Un seule entrée, par la gauche : l'irrationnel vers le centre
où se déroule le combat de tous nos opposés : matériels et spirituels ; vers le
centre, - notre profondeur, - lieu de leur relation. Il s'agit d'une voie longue,
"humide".
Cette lenteur décourage le présomptueux, le touche-à-tout, celui qui, sans aucun
savoir, méprise celui qui, par humilité, cherche d'abord à pousser sur les racines de
sa propre culture.
Le labyrinthe nous aide à entrer et à sortir de notre ego. Y entrer correspond à
cette exigence que représente la connaissance de soi. En sortir exige le sacrifice de
notre volonté propre, par amour de l'autre. Ce "travail" sur le "ici et
maintenant" est quotidien, d'instant en instant ; il exige de la persévérance dans
le labeur analytique ; c'est lui, le Fil d'Ariane.
Rolande Biès
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