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1996 : la lettre de février
"Pénétrons plus avant dans la profondeur".
St. Jean de la Croix (Cantique spirituel -35).
Sur la
troisième
image, nous constatons que la vache a la tête blanche. La couleur noire
représentait l'obscurité de l'esprit. Il nous faudra donc tendre vers un accroissement
de lucidité. La vache, docile, suit son bouvier. Elle cesse de gambader ; mais l'homme
tient toujours le licou - plus souple -, et veille sans cesse en la regardant. Il tient
aussi la branche en cas de nécessité. Il devient spectateur de l'animal qui habite en
lui. Celui-ci n'est plus vicieux, car, bien "tenu", il ne se sent plus coupable
d'exister. Ainsi nous n'irons plus brouter l'herbe des autres : nous mangerons le monde,
certes, (la terre nourrit ses enfants), mais pas plus que ce dont notre corps a besoin.
Le
soleil est là, encore entouré de nuages : la conscience cherche à se dégager de
l'inconscience. Sans oublier que l'inconscient contient aussi les sources sombres de
l'instinct, - celui de conservation englobe tous les autres, - et de l'intuition.
Il n'est pas pour autant question de refouler l'"animal" qui vit en nous : il
donne une certaine valeur à la vie. Il ne doit être que
domestiqué, habile à RELIER raison et non-raison, conscient et inconscient.
Que nous dit, de son côté, le troisième échelon de st.
Jean de la Croix ? "On fait agir l'âme, et l'on met en elle ce feu" (la
conscience éveillée) "pour l'empêcher de tomber" ; de tomber dans ces
passions que sont ignorance, méchanceté, intempérance, injustice, envie, ruse, colère,
et même tristesse ! Ce "feu" n'est pas sans rappeler le soleil de l'image ; de
même que le ruisseau qu'on voit en bas, cette "eau limpide coulant de la
colline", comme dit encore st. Jean de la Croix.
Rolande Biès
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