En revenant aux quatre fonctions décrites par Carl Gustav Jung (sensation, pensée, intuition et sentiment), Michelle Nahon nous invite à mieux comprendre les différentes manières dont notre conscience s’oriente dans la réalité extérieure comme dans notre monde intérieur.

Les mots « introverti » et « extraverti » sont aujourd’hui entrés dans le langage courant. Les quatre fonctions psychiques définies par Jung et leur articulation restent en revanche moins connues, alors qu’elles occupent une place essentielle dans sa compréhension de la personnalité et du développement de la conscience.
Michelle Nahon revient d’abord sur le chemin qui conduisit Jung à distinguer les deux attitudes fondamentales, l’introversion et l’extraversion, puis à reconnaître quatre fonctions d’orientation de la psyché. En s’appuyant largement sur ses textes et sur les entretiens accordés à Richard Evans, elle restitue la progression d’une pensée issue de l’observation clinique autant que de l’expérience intérieure de Jung.
Deux de ces fonctions, la pensée et le sentiment, sont dites rationnelles parce qu’elles formulent un jugement. La sensation et l’intuition sont dites irrationnelles, non parce qu’elles seraient contraires à la raison, mais parce qu’elles perçoivent sans passer d’abord par elle.
L’article montre également que ces fonctions ne sont pas développées de manière égale. L’une d’elles tend généralement à dominer notre manière d’appréhender le monde, tandis qu’une autre demeure plus difficilement accessible. Prendre conscience de cette organisation permet de mieux comprendre nos préférences, nos limites, mais aussi les différences qui peuvent apparaître dans nos relations avec les autres.
Dans une perspective résolument pédagogique, Michelle Nahon propose de ne pas réduire la typologie jungienne à un classement des personnes. Elle invite plutôt chacun à observer son propre fonctionnement et à solliciter, devant une situation nouvelle, les différentes ressources de la sensation, de la pensée, du sentiment et de l’intuition.
À travers cette présentation documentée et nourrie de nombreuses citations de Jung, l’autrice poursuit une œuvre de transmission. Elle rappelle que la typologie n’est pas seulement une théorie de la personnalité : elle peut aussi devenir un instrument de connaissance de soi et contribuer au travail, toujours inachevé, par lequel la conscience cherche à élargir son regard.
Lire cet article, c’est revenir aux sources de la typologie jungienne et découvrir comment quatre fonctions, présentes en chacun de nous, participent à notre manière de percevoir, de comprendre, d’évaluer et d’imaginer le monde.
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Août 2026
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Michelle Nahon
Michelle Nahon est psychologue de formation, attirée depuis longtemps par les « sciences parallèles » dites ésotériques. Elle a lu Jung et s’est intéressée à l’astrologie, à l’alchimie, à la gnose, ainsi qu’aux écoles de mystère de la Grèce antique, qu’elle a pu approcher grâce à sa formation de base en latin et en grec.
Elle a travaillé plusieurs années sur ses rêves avec Rolande Biès. Elle a également participé au Groupe de travail jungien de Bordeaux (2001–2019), fondé par Jean-Pierre Marmonier, docteur en psychologie et enseignant à l’Université de Bordeaux.
Elle est l’auteure d’un ouvrage consacré à Martinès de Pasqually et poursuit actuellement l’étude de l’œuvre de Raymond Abellio (1907–1986).
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