|
|
| > Accueil > Ressources > Alchimie > Lettres 1990 > Mai | ||||
|
1990 : la lettre de mai Mai est le cinquième mois de l'année. En tant que cinquième, il correspond à la quintessence, qui n'est pas la somme des quatre éléments, principes du Tout, mais une matière "élémentée" qui contient en elle-même les quatre éléments : elle est une Semence. Les pauvres ont autant cette matière que les riches, quelle que soit la manifestation de cette richesse. Pourquoi a-t-on nommé un arbre le "mai" ? Parce que l'arbre est le symbole de l'être humain : son tronc est masculin, sa frondaison féminine (par ses fruits, ce qui correspond au pouvoir générateur de la femme ... d'où le mois de Marie) ainsi que ses racines cachées, boueuses. Tel l'homme, l'arbre respire, transpire, a une ombre. Il se renouvelle sans cesse, telle l'œuvre alchimique de transformation permanente. Le "mai" est aussi le mât de Cocagne qui permet de monter au ciel. La croix est faite du bois de l'arbre. Il s'agit de l'arbre de l'inconscience encore inanimée, animale, qui sera sacrifiée afin que la conscience, son enfant, puisse se manifester victorieuse. Combat contre la force paralysante de l'inconscient qui procure à l'être des forces créatrices. Au prix de quelles souffrances ! A l'ascension, il est dit que le Christ, la Lumière de la conscience, est remonté au ciel. Mais il est remonté parce qu'il est d'abord descendu, dans son ombre, son enfer. Mai est apparenté aussi à Maya, l'illusion, mais on peut dire que pour l'âme, l'illusion a une certaine réalité (celle du moment vécu). La réalité de l'âme n'est pas plus mesurable que la réalité de notre conscience. Et vouloir mesurer l'âme par la conscience, qui n'en est qu'une infime partie, est un grave malentendu. Ce qui est vrai, par contre, c'est que notre réalité est aussi illusoire que ce que nous décrétons illusion chez les autres. Saurons-nous abandonner la tunique des vieilles opinions, dépouiller de leurs peaux mortes les "pieds de notre âme", ne pas vivre les extrêmes mais le centre, le cœur, de même qu'on ne prend ni le grain ni le son pour faire du pain, mais la farine. Alors seulement nous serons le levain de notre vie. Rolande Biès |
|
|
|
|
@ Copyright 1998 - tous droits réservés |
|
|
||