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Federico Fellini et Carl Gustav Jung

Le fac-similé Le Livre de mes rêves regroupe les carnets de rêves de Frederico Fellini qui témoignent de l’importance et du rôle qu’ont joué les rêves dans la vie du cinéaste italien.

C’est sur les conseils d’Ernst Bernhard, analyste jungien italien (voir ci-dessous), que le 30 novembre 1960 -il est âgé de 40 ans- Fellini commence à rédiger et illustrer Le Livre de mes rêves.  Il est à l’apogée de sa puissance créatrice et reconnu sur le plan international.

Éditions Flammarion – 25,1 x 34,9 x 4,8 cm – 3,3 kg – 584 pages

Sous les feux des projecteurs 24h sur 24, il ressent la nécessité de maintenir sa vie créatrice, menacée par la dépression. Il n’hésite pas, sur les conseils avisés de Bernhard et à l’instar de Jung, de consigner ses rêves de 1960 à 1990.

Comme pour le Livre rouge de C.G. Jung, ce document manuscrit n’était initialement pas destiné à la publication. Il est de taille voisine du Livre rouge et contient près de 450 pages. Il est composé de la reproduction :

  • du volume i (rêves 1960-1968) format 25 x 35 cm, quasi identique à cette édition,
  • du volume ii (rêves 1973-1990) format 34 x 48 cm, reproduit à une échelle réduite,
  • de feuilles volantes iii,
  • de feuilles offertes iv données à des amis.

S’ajoutent en français la transcription de la totalité des rêves et la traduction d’un corpus de contributions critiques.

Jung consigne ses imaginations actives dans son Livre rouge, alors que dans le Livre de mes rêves de Fellini ne figurent que ses rêves avec parfois leur contexte et quelques tirages du Yi Jing.

Frederico Fellini donne l’exemple du soin et du sérieux qui doivent  être apportés à la collecte et à l’analyse des rêves. Pour les amateurs de l’œuvre de Fellini cet ouvrage éclaire les interactions entre sa vie intérieure et ce qu’il a donné à voir à partir de son œuvre cinématographique.

Fellini rêve de C.G. Jung

Quatre extraits …

Rêve mois de janvier 1965, page i/121

« J’appelle Bernhard au téléphone. Comment va ? – me dit-il, et sa voix tremble. Vous êtes à nouveau malade ? Vous avez eu une rechute ? Je l’interroge, mais je n’arrive pas à comprendre sa réponse.

Je suis maintenant dans son bureau. Détail d’un gros livre sur lequel est écrit « Jung Doctrine ». Une photo de Jung en couverture ? Jung a transcrit dans ce livre toutes ses expériences de médecin et sa pensée de philosophe.

Bernhard interprète le rêve en le rapportant à mes préoccupations pour la partie finale du film. L’aspect doctrinaire n’est pas proportionné à la fantaisie légère de mon histoire. Il faut l’exclure. »

Rêve mois de juillet 1966, page i/163

« On m’amène un type très malade, car il a le tube digestif hors du corps.

Si c’est ça – pensé-je – il va mourir, il ne peut pas se nourrir, il ne peut pas assimiler, il va rapidement se délabrer. Situation dangereuse. La nourriture ne nourrit pas le corps. Le corps n’assimile pas. Danger de mort.

A déjeuner avec Jung sur la place d’un petit village en Ligurie (ou en Suisse). Jung est un très beau vieillard, quelle vigueur physique et intellectuelle émane de son corps robuste de paysan, de son regard limpide, aigu, bienveillant et ironique !

Nous mangeons des spaghettis (il y a aussi Liliana) [amie, proche de Fellini] et nous en croquons un, qui est le même et qui était dans les trois assiettes. »

Rêve du 13 octobre 1966, page i/167

« […] Je rêve de Jung, il est comme sur les photos, quel beau visage de vieux magicien-paysan. Il est en train de déménager, il se dirige vers l’Italie, précédé de grands camions remplis des rêves de ses patients.

Jung, assis dans sa voiture (ou bien c’était un taxi), sourit et allume sa pipe. »

Il consulte régulièrement le Yi Jing, ici en 1986, page ii/152

La relation Fellini / Jung

Fellini n’a jamais rencontré Jung.  Il a éprouvé un vif intérêt pour son œuvre et a visité la tour de Bollingen. Quelques années plus tard il évoque sa visite à son ami Georges Simenon dans l’ouvrage Carissimo Simenon – Mon cher Fellini, voici un aperçu de leurs échanges.

Ernts Bernhard

Ernst Bernhard est né à Berlin en 1896, sa famille est d’origine juive. Médecin pédiatre, il devient psychanalyste et adhère dès 1913 à l’Association Internationale de Psychanalyse. Dans les années 1930 il rencontre C.G. Jung et pratique alors l’analyse jungienne.

Les mesures anti-juives promulguées par les nazis les contraignent, lui et sa femme Dora, à fuir l’Allemagne. Ils trouvent refuge en Italie et résident à Rome dès 1936. Ils échappent de peu à la déportation et peuvent librement exercer leurs activités après la libération.

Avec son épouse, ils fondent en 1939 un club sur le modèle de celui existant à Zurich. Ils sont les seuls italiens à faire partie des membres de l’IAAP (International Association for Analytical Psychology) à sa création, en 1955. En 1961 Ernst Bernard, accompagné des premiers analystes jungiens italiens – dont sa femme Dora- forme l’AIPA (Associazione Italiana di Psicologia Analitica), membre de l’IAAP, il devient son premier président.

Il fut l’analyste de Frederico Fellini qui s’est appuyé sur ses connaissances pour tenir son livre de rêves.

Il meurt en 1965 à l’âge de 69 ans, sa femme décède en 1998 à l’âge de 102 ans.


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