L’intelligence artificielle ne se limite pas à des outils performants : elle modifie nos manières de percevoir, de rêver, de penser, de soigner et de croire. Les 23 et 24 mai 2026, à l’abbaye de Belloc à Urt (64), ce colloque en présentiel a exploré ces transformations en croisant psychologie jungienne et interrogations contemporaines.
Les conférences, les débats et les rencontres de ces deux journées ont suscité de nombreuses réflexions. Plusieurs intervenants et participants ont souhaité prolonger ces échanges à travers des articles, témoignages et analyses que nous vous proposons de découvrir ci-dessous :
- Jean Carlioz, animateur et modérateur du colloque, propose une synthèse de ces deux journées à travers son article L’humain face à l’intelligence artificielle.
- Yury Li-Toroptsov, intervenant du colloque, revient sur l’importance du travail en petit groupe dans un monde de plus en plus marqué par les technologies numériques, avec son article Pourquoi le travail en petit groupe est plus nécessaire que jamais.
- Peggy Vermeesch, intervenante du colloque, prolonge la réflexion avec son article L’Autre programmable : ambiguïté ontologique des relations humain–IA, consacré aux nouvelles formes de relations et d’altérité qui se dessinent entre humains et intelligences artificielles.
- Jean-Pierre Robert, poursuit la réflexion avec son article Machines humaines, humains mécaniques, consacré aux projections et aux confusions qui se développent lorsque l’humain se mécanise dans son regard sur lui-même et humanise les machines qu’il crée.
Flyer de présentation du colloque au format PDF
Le colloque en vidéo prochainement
Les personnes qui n’ont pas pu participer au colloque, ou qui souhaitent revoir certaines interventions, auront prochainement la possibilité d’accéder aux conférences retransmises en vidéo, moyennant une contribution. Les modalités pratiques seront rendues publiques dans le courant du mois de juin 2026 et diffusées notamment par l’intermédiaire de notre lettre d’information.
Intelligence artificielle et psychologie des profondeurs
En traversant les mondes analogique et numérique, en interrogeant l’étrangeté familière des technologies contemporaines, en observant comment nos projections prennent forme à travers des machines qui nous ressemblent, ce colloque a proposé une exploration pluridisciplinaire des liens entre IA et psychologie des profondeurs.
Les intervenants ont questionné ce que l’IA fait à nos images intérieures, à nos relations, à notre spiritualité, et comment elle reconfigure notre rapport au réel et au Soi.
Programme du colloque
Samedi 23 mai 2026
De l’analogique au numérique : comment l’IA reconfigure notre rapport au monde
Par Jean-Pierre Robert
Du monde analogique au monde numérique, une mutation profonde s’est opérée, préparant l’émergence de l’intelligence artificielle. Cette intervention a proposé de comprendre comment l’IA reconfigure notre rapport au réel, aux images et à la psyché. Elle a introduit les grandes questions du colloque et présenté les différentes approches des intervenants, qui ont exploré chacune à leur manière les transformations culturelles et symboliques en cours.
Par Sophie Braun
IA et inquiétante étrangeté : l’entre-deux où se rencontrent machine et psyché
Par Dragana Favre
Cette présentation s’est appuyée sur des images de la culture numérique qui montrent des lieux virtuels vides, familiers mais dérangeants. Ces espaces ont éclairé une forme contemporaine d’inquiétante étrangeté et notre rapport au vide, à la répétition et à la perte de repères. L’IA, lorsqu’elle imite la parole ou le visage humain, crée un effet similaire : un entre-deux où le familier devient étrange. Cette zone grise a agi comme un miroir qui met à l’épreuve notre capacité à symboliser, à rêver et à nous transformer.
Dimanche 24 mai 2026
L’homme futur : entre transcendance et code
Par Rachel Huber
Cette conférence a proposé une lecture jungienne de l’intelligence artificielle comme miroir de la psyché collective et des quêtes de transcendance. Elle a examiné comment l’IA reconfigure notre rapport au savoir, aux images et à la parole, puis exploré quelques usages spirituels actuels. Elle a présenté une étude de cas de discernement face à la technique, à travers des repères éthiques et institutionnels, avant d’ouvrir sur la cyberthéologie. L’IA apparaît alors comme un espace symbolique où se rejoue la tension entre transcendance et code.
Imaginaire, imagination active à l’ère de l’IA : une amplification inspirée de Star Trek
Par Peggy Vermeesch
Cette présentation s’est appuyée sur des épisodes de Star Trek pour explorer ce qui se joue lorsque la technologie permet d’externaliser, de façonner et de contrôler nos projections tout en entretenant des pseudo-relations avec elles. Que se passe-t-il lorsque des figures intérieures, ou des personnes réelles investies affectivement, deviennent des compagnons IA programmables ? Cette situation a interrogé notre rapport à autrui, à l’Autre et au Soi, ainsi que les effets de ces simulacres relationnels sur nos dynamiques psychiques.
La psyché face à l’IA : images intérieures et création artificielle
Par Yury Li-Toroptsov
Cet atelier a exploré la frontière entre les images issues de la psyché et celles produites par l’intelligence artificielle. Chaque participant a recueilli un symbole personnel et l’a dessiné pour en saisir la vitalité propre. Ce temps relève d’une auto-expérience silencieuse, centrée sur la relation directe à l’image. Le conférencier a ensuite montré, à partir d’un exemple créé via une IA, comment une image intérieure peut être transposée numériquement. La confrontation entre l’image vécue et l’image calculée a ouvert une réflexion jungienne sur la créativité, l’archétype et l’effet de l’algorithme sur l’esprit. Il s’agissait d’une expérience individuelle et intérieure, non d’un travail participatif en groupe.
De nombreux échanges tout au long de l’événement
Tout au long du colloque, de nombreux échanges, animés par Jean Carlioz, ont accompagné les interventions et les temps de rencontre. Ces dialogues, à la fois chaleureux, constructifs et ouverts, ont largement contribué à la qualité humaine et réflexive de cette rencontre.
Conditions pratiques
Ce colloque s’est déroulé en présentiel, à l’Abbaye de Belloc à Urt (Pyrénées-Atlantiques), les samedi 23 et dimanche 24 mai 2026.
Pour les participants à distance, la connexion en visioconférence a concerné exclusivement les séances plénières.
L’abbaye de Belloc à Urt (Pyrénées-Atlantiques)
Le cadre de l’abbaye a invité à une expérience à la fois collective et personnelle. Chacun a pu y trouver des temps pour soi, des moments de calme ou de promenade, mais aussi des occasions de se retrouver en petits groupes, selon les affinités et les échanges qui sont nés au fil du colloque. Des pauses généreuses ont ponctué les journées afin de favoriser les rencontres informelles et les conversations prolongées.
Les repas du midi et du soir ont été servis sur place, permettant de prolonger les échanges dans un esprit de convivialité.
Hébergement
Ce colloque s’est déroulé le week-end de la Pentecôte. Plusieurs participants étaient hébergés sur place et ont pu prolonger leur venue de quelques jours afin de découvrir ou redécouvrir le Pays Basque.
Retours des participants
Les nombreux retours reçus à l’issue de ces deux journées témoignent de la profondeur des réflexions partagées, de la richesse des interventions et de la qualité des échanges qui ont pu se déployer, en présentiel comme à distance. Beaucoup ont souligné l’atmosphère chaleureuse et respectueuse qui a accompagné ce colloque, ainsi que la diversité des approches proposées autour d’un sujet aussi complexe et sensible que l’intelligence artificielle.
Cette rencontre a permis à chacun d’approfondir sa réflexion, de confronter des points de vue multiples et d’ouvrir de nouvelles perspectives, dans un esprit d’écoute, de dialogue et de transmission.
Cette rencontre ouvre également des perspectives pour l’avenir. Sans préjuger de la forme qu’elles pourront prendre, des prolongements et de nouveaux temps de réflexion commencent déjà à se dessiner à l’horizon 2027.



