{"id":3458,"date":"2017-04-14T09:44:48","date_gmt":"2017-04-14T07:44:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/?page_id=3458"},"modified":"2017-04-24T21:28:51","modified_gmt":"2017-04-24T19:28:51","slug":"complexite-du-chez-jung-et-nietzsche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/ariaga-ecrits-jung\/relation-c-g-jung-friedrich-nietzsche\/complexite-du-chez-jung-et-nietzsche\/","title":{"rendered":"La complexit\u00e9 du divin chez Jung et Nietzsche"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;id\u00e9e que Jung se faisait de Dieu fut influenc\u00e9e par Nietzsche mais il suivit son propre chemin. Il propose entre la mort de Dieu et le Dieu fig\u00e9 des chr\u00e9tiens une nouvelle voie : la relativit\u00e9 du divin.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4050 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Jung-pense.jpg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"538\" srcset=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Jung-pense.jpg 480w, https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Jung-pense-268x300.jpg 268w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le dialogue Jung Nietzsche<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christine Maillard, au cours des chapitres de commentaires qui suivent sa traduction des Sept Sermons, effectue un travail tr\u00e8s exhaustif sur la dimension religieuse des Sermons et leur r\u00f4le de <em>pr\u00e9misses d\u2019une th\u00e9ologie<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dehors du contexte religieux, et des exp\u00e9riences personnelles de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence de Jung, elle met en \u00e9vidence diverses sources d\u2019inspiration. Citons la <em>Bhagavad-G\u00eet\u00e2<\/em>, l\u2019oeuvre de Ma\u00eetre Eckhart et <em>Le p\u00e8lerin ch\u00e9rubinique<\/em> d\u2019Ang\u00e9lus Silesius.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne retiendrons que les allusions \u00e0 Nietzsche qui sont un appui pour notre propos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le Dieu est mort, proclam\u00e9 dans le <em>Zarathoustra<\/em> et <em>Le Gai Savoir<\/em><\/strong>, fut certainement \u00e0 l\u2019origine d\u2019un <strong>dialogue,<\/strong> dont nous pensons qu\u2019il fut, tout d\u2019abord relativement <strong>inconscient<\/strong>.\u00a0 En effet,\u00a0 la personnalit\u00e9 de<strong> Nietzsche faisait figure d\u2019Ombre pour Jung. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme l\u2019\u00e9crit Christine Maillard, au moment o\u00f9 elle commente la phrase du Sermon II, \u201c<em>Dieu n\u2019est pas mort, il est aussi vivant que jamais. Dieu est cr\u00e9ature, car il est quelque chose de d\u00e9fini et donc distinct du Pl\u00e8r\u00f4me \u201c :<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cDans ces conditions, la premi\u00e8re affirmation de Basilide au sujet de Dieu, posant qu\u2019il est \u201cCr\u00e9ature\u201d, doit \u00eatre entendue comme la r\u00e9ponse de Jung \u00e0 la proclamation nietzsch\u00e9enne. A la racine de ce que nous appelons la th\u00e9ologie jungienne se pose la question de la \u201cmort de Dieu\u201d, qui constitue le fondement, la condition de possibilit\u00e9 de cette th\u00e9ologie : Jung con\u00e7oit l\u2019ensemble de son \u0153uvre comme une parole adress\u00e9e \u201c\u00e0 ceux pour qui Dieu est mort\u201d et incompr\u00e9hensible pour les \u201cbeati possidentes de la foi\u201d<sup class='footnote'><a href='#fn-3458-1' id='fnref-3458-1' onclick='return fdfootnote_show(3458)'>1<\/a><\/sup><br \/>\n<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019enseignement de Basilide est destin\u00e9 \u00e0 ceux qui ont abandonn\u00e9 <em>l\u2019esprit de pesanteur<\/em>, et bris\u00e9 les tables sur lesquelles \u00e9taient inscrites les anciennes valeurs. <strong>Il faut consentir \u00e0 la perte du sens pour le trouver \u00e0 nouveau.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette th\u00e9ologie n\u2019est pas celle de la mort du divin. <strong>Elle concerne la disparition du Dieu des chr\u00e9tiens, sous sa forme fig\u00e9e<\/strong>. Ce dieu-l\u00e0 a perdu toute complexit\u00e9, toute puissance de manifestation symbolique de l\u2019arch\u00e9type divin.<strong> L\u2019arch\u00e9type est vide<\/strong>.\u00a0 Il ne subsiste plus, de ce qui devrait \u00eatre un symbole vivant, que des traces. C&rsquo;est ce que Nietzsche dans <em>Ecce homo<\/em> (p.72) ou <em>l&rsquo;Ant\u00e9christ<\/em> (p. 48)\u00a0 appelle ironiquement<em> la moraline<\/em>.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Jung propose une nouvelle voie : la relativit\u00e9 du divin.<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jung va pr\u00e9f\u00e9rer le terme de m\u00e9tamorphose \u00e0 celui de mort. Il ne se contentera pas de d\u00e9truire, il proposera <strong>une voie nouvelle entre le th\u00e9isme et l\u2019ath\u00e9isme<\/strong>. Cette voie est celle de la relativit\u00e9 du divin qu\u2019il va faire descendre des hauteurs de la pens\u00e9e abstraite pour <strong>le ramener dans la vie de l\u2019homme.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019affirmation que<em> Dieu est cr\u00e9ature,<\/em> rel\u00e8gue l\u2019id\u00e9e d\u2019un Dieu transcendant au niveau de <strong>l\u2019arch\u00e9type en soi irrepr\u00e9sentable<\/strong> (<a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/cg-jung\/les-archetypes-le-soi\/\">cf. les arch\u00e9types, le Soi<\/a>).\u00a0 Elle redonne sens \u00e0 un divin omnipr\u00e9sent dans la vie humaine et se manifestant sur le plan de <strong>la repr\u00e9sentation arch\u00e9typique<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Homme, s\u2019il ne peut avoir de relation avec le Dieu abstrait, celui-l\u00e0 m\u00eame qui \u00e9tait mort pour Nietzsche, retrouve <strong>un Dieu, symbole vivant de la manifestation de l\u2019absolu.<\/strong> Cette voie paradoxale, inspir\u00e9e par Nietzsche, et revisit\u00e9e par Jung, conduit \u00e0 une approche du divin qui, comme l\u2019\u00e9crit Christine Maillard :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201c<em>Impliquera donc \u00e0 la fois une subversion radicale de la conception chr\u00e9tienne, et le renoncement \u00e0 la n\u00e9gation pure et simple de celle-ci proclam\u00e9e dans \u201cla mort de Dieu\u201d<\/em>. (Op cit\u00e9,p.122)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019erreur des morts,<\/strong> venus demander son enseignement \u00e0 Basilide-Jung, est de <strong>prendre pour le seul Dieu une manifestation de\u00a0 la totalit\u00e9 contenant une pluralit\u00e9 de<\/strong> <strong>possibles<\/strong>. Or, le Dieu Cr\u00e9ature du deuxi\u00e8me Sermon est pourvu <strong>d\u2019attributs.<\/strong> Il ne peut donc, de par sa discrimination et son appartenance au monde manifest\u00e9, \u00eatre que <strong>multiple.<\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La remise en question du monoth\u00e9isme chr\u00e9tien<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">On assiste au cours du <strong>quatri\u00e8me Sermon<\/strong>, \u00e0 une remise en question du monoth\u00e9isme chr\u00e9tien dogmatique. Elle \u00e9tait <strong>pr\u00e9figur\u00e9e par Nietzsche et son <em>Gai savoir<\/em><\/strong> :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cL\u2019art et la force admirables de cr\u00e9er des dieux, &#8211; le polyth\u00e9isme &#8211; voil\u00e0 en quoi cette impulsion avait loisir de se d\u00e9penser, o\u00f9 elle se purifiait, se perfectionnait \u2026 En revanche le monoth\u00e9isme, cette cons\u00e9quence rigide de la doctrine d\u2019un homme normal unique &#8211; dont la croyance en un dieu normal, hormis lequel il n\u2019existe plus que des divinit\u00e9s fallacieuses et mensong\u00e8res &#8211; constituait peut-\u00eatre le plus grand danger de l\u2019humanit\u00e9 jusqu\u2019alors.\u201d<sup class='footnote'><a href='#fn-3458-2' id='fnref-3458-2' onclick='return fdfootnote_show(3458)'>2<\/a><\/sup><br \/>\n<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment ne pas reconna\u00eetre <strong>les m\u00eames accents dans ces lignes du Sermon IV<\/strong> :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201c<em>Heureux suis-je, moi \u00e0 qui il est donn\u00e9 de conna\u00eetre la multiplicit\u00e9 et la diversit\u00e9 des dieux. Malheur \u00e0 vous qui remplacez cette multiplicit\u00e9 de dieux incompatibles par le Dieu unique. Ce faisant vous engendrez le tourment de l\u2019incompr\u00e9hension et la mutilation de la Cr\u00e9ature, dont l\u2019essence et la tendance sont diff\u00e9renciation. Comment pouvez-vous \u00eatre fid\u00e8les \u00e0 votre essence si vous voulez r\u00e9duire le multiple \u00e0 l\u2019un. Ce que vous ferez aux dieux, vous le subirez vous-m\u00eames. Vous serez tous coul\u00e9s dans le m\u00eame moule et vous en serez mutil\u00e9s dans votre essence.\u201d<\/em> (p.24)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019homme monoth\u00e9iste est inachev\u00e9,<\/strong>comme cela est dit clairement dans ce m\u00eame sermon :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cAlors les morts sanglot\u00e8rent et s\u2019agit\u00e8rent, car ils \u00e9taient des inachev\u00e9s.\u201d<\/em>(p.23)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il n\u2019a pas os\u00e9 se mesurer \u00e0 la complexit\u00e9,<\/strong> et il est rest\u00e9 confin\u00e9 dans son unilat\u00e9ralit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En transposant sur le plan psychologique, on peut dire qu\u2019<strong>il n\u2019a pas accept\u00e9 la confrontation avec l\u2019inconscient et la diversit\u00e9<\/strong>, en apparence chaotique, de ses composants. <strong>Il n\u2019a pas suivi le chemin de l\u2019individuation<\/strong> qui comporte une int\u00e9gration d\u2019\u00e9l\u00e9ments appartenant \u00e0 une totalit\u00e9 psychique plus vaste que celle du Moi conscient.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les concordances entre Jung et Nietzsche<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a concordance entre les conceptions nietzsch\u00e9ennes de l\u2019ambivalence de toutes choses, en particulier divines, et le rejet, par Jung, de la conception d\u2019un dieu chr\u00e9tien envisag\u00e9 comme <em>summum bonum.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cette vision impr\u00e8gne le Zarathoustra et se retrouve th\u00e9oris\u00e9e dans<em> l\u2019Ant\u00e9christ<\/em>,<\/strong> un ouvrage r\u00e9serv\u00e9, selon Nietzsche, aux r<em>ares \u00e9lus qui comprennent son<\/em> <em>Zarathoustra.<\/em> Il y explique la <strong>n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une critique de l\u2019id\u00e9e chr\u00e9tienne de Dieu,<\/strong> par le fait que l\u2019on se projette soi-m\u00eame dans cette id\u00e9e. La religion serait, \u00e9crit-il, une <em>forme de reconnaissance<\/em> et :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cLa castration antinaturelle d\u2019un Dieu pour le r\u00e9duire \u00e0 un Dieu du bien ne serait en l\u2019occurrence nullement chose \u00e0 souhaiter.On a besoin du Dieu m\u00e9chant aussi bien que du Dieu bon ; on ne doit assur\u00e9ment pas sa propre existence pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la tol\u00e9rance, \u00e0 la philanthropie. Qu\u2019importerait un Dieu qui ne conna\u00eetrait pas la col\u00e8re, la vengeance, l\u2019envie, la ruse, la violence<\/em>.\u00a0\u00bb (p. 43)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a l\u00e0 des accents que l\u2019on retrouvera,<strong> bien plus tard,<\/strong> sous la plume de <strong>Jung,<\/strong> dans <em>R\u00e9ponse \u00e0 Job.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pour le Jung des Sermons<\/strong>, pr\u00e9coce annonce de celui de R\u00e9ponse \u00e0 Job,<strong> Dieu n\u2019est pas bon<\/strong> comme l\u2019enseigne l\u2019unilat\u00e9ralit\u00e9 du christianisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est une <strong>totalit\u00e9 complexe, incluant tous les p\u00f4les oppos\u00e9s<\/strong> : la cr\u00e9ation et la destruction, le masculin et le f\u00e9minin, le c\u00e9leste et le chtonien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Seule la relation avec la <em>Cr\u00e9ature<\/em>,<\/strong> et la conscience que cette derni\u00e8re pourra avoir de lui, <strong>permettra \u00e0 ce Dieu total de se diff\u00e9rencier<\/strong>. Il aura alors la possibilit\u00e9 de devenir accessible \u00e0 la repr\u00e9sentation, <strong>par l\u2019interm\u00e9diaire du symbole<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Appr\u00e9hender ce Dieu efficient, l\u2019Abraxas des Sermons, est une t\u00e2che difficile, ainsi que l\u2019exprime Basilide-Jung au Sermo III (p.21)<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201c<em>Les morts s\u2019approch\u00e8rent comme un brouillard qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve des mar\u00e9cages et s\u2019\u00e9cri\u00e8rent : parle-nous encore du Dieu supr\u00eame.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L\u2019Abraxas est le Dieu difficile \u00e0 conna\u00eetre. Sa puissance est la plus grande, car l\u2019Homme ne la voit pas. Du soleil il voit le summum bonum, du Diable l\u2019infinum malum, mais de l\u2019Abraxas il voit la VIE, toujours ind\u00e9finie, qui est la m\u00e8re du bien comme du mal.\u201d<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;enracinement profond des Sermons dans l\u2019\u0153uvre de Nietzsche<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Progresser sur la voie de la repr\u00e9sentation, comprendre les manifestations symboliques de ce dieu identique \u00e0 la Vie multiple et foisonnante, les accepter par un grand Oui fut la t\u00e2che de Jung.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette t\u00e2che, dont il eut une <strong>intuition quasiment initiatique<\/strong> au moment de la r\u00e9daction des Sermons, s\u2019enracine profond\u00e9ment dans l\u2019\u0153uvre de Nietzsche, particuli\u00e8rement le Zarathoustra. <strong>M\u00eame si cette lecture avait \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e<em>, <\/em><\/strong>selon Jung, dans le curieux \u00e9tat psychique o\u00f9 fut effectu\u00e9e cette r\u00e9daction, <strong>son souvenir \u00e9tait bien l\u00e0, \u00e0 la frange de la conscience.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les textes, \u00e9maill\u00e9s de paradoxes, du Zarathoustra\u00a0 demeure une constante : le Oui \u00e0 la Vie,<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cl\u2019affirmation, immense, illimit\u00e9e qui dit \u00e0 tout oui et amen\u201d <\/em>(p. 327)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">de Nietzsche, que l\u2019on peut mettre en parall\u00e8le avec le<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cOui inconditionnel \u00e0 ce qui est\u201d<\/em>,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">affirm\u00e9 par Jung dans<em> Ma vie<\/em>. (p.340)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019acceptation, pleine d\u2019une crainte r\u00e9v\u00e9rencieuse de tous les aspects de l\u2019Abraxas du Sermo III, s\u2019inspire de la <strong>conception\u00a0 nietzsch\u00e9enne de Dionysos,<\/strong> un dieu \u00e0 la fois bon et terrible, symbole de la Vie sous tous ses aspects, y compris le d\u00e9cha\u00eenement des Bacchantes et le rire de Sil\u00e8ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cJe n\u2019aime au fond du c\u0153ur que la vie, et en v\u00e9rit\u00e9 je ne l\u2019aime jamais autant que lorsque je la hais\u201d<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">chante Zarathoustra dans <em>Chanson \u00e0 danser <\/em>(p.227).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La Seconde chanson \u00e0 danser est un hymne \u00e0 la Vie, une Vie capricieuse et impr\u00e9visible, comme la Nature :<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cJ\u2019ai plong\u00e9 r\u00e9cemment mon regard au fond de tes yeux, \u00f4 Vie; j\u2019ai vu scintiller l\u2019or au fond de tes yeux t\u00e9n\u00e9breux &#8211; et mon c\u0153ur ravi a cess\u00e9 de battre. \u2026<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je te crains, proche &#8211; je t\u2019admire lointaine &#8211; en fuyant tu m\u2019attires &#8211; quand tu m\u2019attires tu me glaces &#8211; je souffre mais que ne souffrirai-je volontiers pour toi ?\u201d<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette vie o\u00f9 la <em>belle humeur<\/em> est la condition d\u2019une acceptation inconditionnelle d\u2019une existence \u00e0 la fin de laquelle on pourra dire \u00e0 la mort, comme il est \u00e9crit dans <em>La chanson<\/em> <em>ivre, <\/em>p<em>.611 :<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u201cc\u2019\u00e9tait donc cela, la vie, eh bien recommen\u00e7ons ! \u201d<\/em><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><svg class=\"genericon genericond-genericons-neue genericons-neue-document genericond-genericons-neue-1x genericond-rotate-normal\" style=\"fill:#19486B;\" title=\"document\" role=\"img\" aria-labelledby=\"title\"><use xlink:href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/plugins\/genericond\/\/icons\/genericons-neue\/svg-sprite\/genericons-neue.svg#document\" \/><\/svg> <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/ariaga-ecrits-jung\/relation-c-g-jung-friedrich-nietzsche\/la-totalite-chez-jung\/\">Page pr\u00e9c\u00e9dente<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/ariaga-ecrits-jung\/relation-c-g-jung-friedrich-nietzsche\/maladie-chez-jung-et-nietzsche\/\">Page suivante<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/cg-jung\/avertissement\/\">Publi\u00e9 initialement dans le cadre d&rsquo;une th\u00e8se<\/a> cette page a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e par Ariaga (Ariane Callot), son auteure.<br \/>\nLes ouvrages cit\u00e9s <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/cg-jung\/bibliographie\/\">sont r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s \u00e0 la page bibliographie<\/a>.<\/em><\/span><\/p>\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes :<\/strong><\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-3458'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-3458-1'>Les Sept Sermons aux Morts, p.115. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-3458-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-3458-2'>Livre troisi\u00e8me, De la plus grande utilit\u00e9 du polyth\u00e9isme. p. 145 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-3458-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;id\u00e9e que Jung se faisait de Dieu fut influenc\u00e9e par Nietzsche mais il suivit son propre chemin. 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