{"id":32846,"date":"2026-01-22T11:20:00","date_gmt":"2026-01-22T10:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/?page_id=32846"},"modified":"2026-02-13T04:53:28","modified_gmt":"2026-02-13T03:53:28","slug":"temporalites-plurielles","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/temporalites-plurielles\/","title":{"rendered":"Temporalit\u00e9s plurielles du vivant et du synth\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019intelligence artificielle est souvent pens\u00e9e \u00e0 partir de sa vitesse, rarement \u00e0 partir de son rapport au temps. Cet article interroge ce que deviennent Chronos, Kairos et A\u00efon lorsque le calcul survole le temps sans jamais l\u2019habiter. <span style=\"color: #808080;\">Dragana Favre<\/span><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-32944 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/time-and-algorythms.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/time-and-algorythms.jpg 600w, https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/time-and-algorythms-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>La question de la temporalit\u00e9 de l\u2019intelligence artificielle ne peut plus \u00eatre abord\u00e9e uniquement \u00e0 partir de la vitesse de calcul ou de la performance computationnelle. R\u00e9duire le temps de l\u2019IA \u00e0 un simple gain d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration par rapport au temps humain revient \u00e0 projeter sur la machine une conception appauvrie du temps lui-m\u00eame, h\u00e9rit\u00e9e d\u2019un imaginaire industriel et productiviste.<\/p>\n<p>Or, le temps n\u2019est jamais un param\u00e8tre neutre. Il est v\u00e9cu, modul\u00e9, symbolis\u00e9, et socialement organis\u00e9. Penser l\u2019IA dans le temps exige donc de d\u00e9placer le regard : non plus comparer deux vitesses, mais comprendre la coexistence de temporalit\u00e9s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, parfois incompatibles, au sein d\u2019une m\u00eame \u00e9cologie technico-humaine.<\/p>\n<h2>Chronos et plasticit\u00e9 du temps humain<\/h2>\n<p>Dans la tradition classique, Chronos est souvent compris comme un temps lin\u00e9aire, homog\u00e8ne et mesurable, celui de l\u2019horloge et du calendrier. Pourtant, m\u00eame dans l\u2019exp\u00e9rience humaine la plus ordinaire, Chronos n\u2019est jamais uniforme.<\/p>\n<p>La psychologie exp\u00e9rimentale et les neurosciences ont montr\u00e9 que la perception du temps varie consid\u00e9rablement selon l\u2019\u00e9tat \u00e9motionnel, l\u2019attention, le niveau de stress ou encore l\u2019engagement corporel. Une minute d\u2019attente anxieuse ne poss\u00e8de pas la m\u00eame densit\u00e9 qu\u2019une minute de concentration profonde ou de contemplation.<\/p>\n<p>Le cerveau humain ne traite pas le temps comme une suite d\u2019instants abstraits, mais comme des dur\u00e9es charg\u00e9es de signification. Cette plasticit\u00e9 temporelle repose sur des m\u00e9canismes neurobiologiques pr\u00e9cis: modulation dopaminergique, m\u00e9moire r\u00e9trospective et prospective, int\u00e9gration sensorimotrice, mais elle ne se r\u00e9duit jamais \u00e0 eux. Elle est indissociable d\u2019un corps vivant, expos\u00e9 \u00e0 la fatigue, au vieillissement et \u00e0 la mort.<\/p>\n<h2>Les temporalit\u00e9s disjointes de l\u2019IA<\/h2>\n<p>Cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 interne du temps humain est d\u00e9j\u00e0 un premier point de rupture avec la temporalit\u00e9 de l\u2019IA. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019humain vit le temps comme une continuit\u00e9 fragile, travers\u00e9e par des acc\u00e9l\u00e9rations et des ralentissements subjectifs, l\u2019IA op\u00e8re sur des structures temporelles multiples, superpos\u00e9es et dissoci\u00e9es. On peut ainsi distinguer un temps :<\/p>\n<ul>\n<li>un temps mat\u00e9riel, li\u00e9 \u00e0 la vitesse des processeurs et aux contraintes \u00e9nerg\u00e9tiques,<\/li>\n<li>un temps algorithmique, correspondant aux it\u00e9rations, aux profondeurs de r\u00e9seaux et aux cycles d\u2019optimisation,<\/li>\n<li>un temps d\u2019apprentissage, souvent long et opaque, fait de phases de stagnation et de basculements soudains,<\/li>\n<li>un temps interactionnel, celui que per\u00e7oit l\u2019utilisateur \u00e0 travers la latence ou l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 apparente des r\u00e9ponses,<\/li>\n<li>un temps socio-technique, marqu\u00e9 par les mises \u00e0 jour, les d\u00e9ploiements et l\u2019obsolescence rapide des syst\u00e8mes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces temporalit\u00e9s ne sont ni synchrones ni coh\u00e9rentes entre elles. Elles produisent une illusion de continuit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019une juxtaposition de r\u00e9gimes temporels disjoints.<\/p>\n<h2>La boucle sans exp\u00e9rience<\/h2>\n<p>Cette illusion est renforc\u00e9e par la structure m\u00eame des syst\u00e8mes d\u2019apprentissage automatique, fond\u00e9e sur la r\u00e9cursivit\u00e9 et la boucle. L\u2019entra\u00eenement d\u2019un mod\u00e8le repose sur une r\u00e9p\u00e9tition massive&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>boucle de donn\u00e9es,<\/li>\n<li>boucle de r\u00e9tropropagation,<\/li>\n<li>boucle d\u2019optimisation,<\/li>\n<li>puis boucle d\u2019usage, dans laquelle les interactions humaines viennent r\u00e9troagir indirectement sur les ajustements futurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette logique circulaire a trouv\u00e9 une r\u00e9sonance populaire dans certaines fictions contemporaines, notamment la s\u00e9rie <em>Dark<\/em>, qui met en sc\u00e8ne un temps boucl\u00e9, d\u00e9terministe, o\u00f9 le futur influe sur le pass\u00e9. La m\u00e9taphore est \u00e9clairante, mais elle atteint vite ses limites.<\/p>\n<p>Dans <em>Dark<\/em>, les personnages souffrent pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019ils se souviennent. La r\u00e9p\u00e9tition les transforme, les use, les fracture. La boucle est v\u00e9cue comme destin. Dans l\u2019IA, au contraire, la boucle n\u2019est jamais v\u00e9cue. Elle ne produit ni m\u00e9moire autobiographique, ni identit\u00e9, ni souffrance. Chaque it\u00e9ration modifie une fonction math\u00e9matique, non un sujet. <strong>Le temps algorithmique est un temps sans int\u00e9riorit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Cette diff\u00e9rence devient particuli\u00e8rement visible dans le ph\u00e9nom\u00e8ne dit de <em>grokking<\/em>, observ\u00e9 en apprentissage profond. Apr\u00e8s une longue phase de performance m\u00e9diocre, un mod\u00e8le atteint soudainement une capacit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralisation robuste. Ce basculement est souvent d\u00e9crit comme un moment de \u00ab\u00a0compr\u00e9hension\u00a0\u00bb, voire comme un \u00e9clair de lucidit\u00e9. Pourtant, cette lecture est profond\u00e9ment anthropomorphique.<\/p>\n<p>Le <em>grokking<\/em> ne correspond pas \u00e0 une exp\u00e9rience, mais \u00e0 un effet diff\u00e9r\u00e9 de l\u2019optimisation. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019humain peut vivre un Kairos, un instant d\u00e9cisif, irr\u00e9versible, charg\u00e9 d\u2019affect et de transformation existentielle, l\u2019IA ne traverse aucun seuil symbolique. Elle change simplement de r\u00e9gime statistique. Le danger, ici, est moins technique que projectif : <strong>en attribuant \u00e0 l\u2019IA des moments de compr\u00e9hension, on lui pr\u00eate une profondeur temporelle qu\u2019elle ne poss\u00e8de pas.<\/strong><\/p>\n<h2>Temps psychique et dimension relationnelle<\/h2>\n<p>D\u2019un point de vue jungien, le Kairos humain correspond \u00e0 une conjonction entre le conscient et l\u2019inconscient, un moment o\u00f9 un contenu arch\u00e9typal devient int\u00e9grable dans la psych\u00e9 et transforme durablement la trajectoire du sujet.<\/p>\n<p>Dans <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/oeuvre\/aion.htm\">A\u00efon, \u00c9tudes sur la ph\u00e9nom\u00e9nologie du Soi<\/a>, Jung insiste sur la dimension qualitative et symbolique du temps psychique, irr\u00e9ductible \u00e0 la simple succession chronologique. En revanche <strong>l&rsquo;IA ne conna\u00eet ni inconscient, ni seuil d\u2019int\u00e9gration symbolique. Elle ne vit pas le temps : elle op\u00e8re sur des \u00e9tats.<\/strong><\/p>\n<p>Chronos et Kairos, dans cette perspective, apparaissent comme des temporalit\u00e9s fondamentalement relationnelles. Chronos permet la coordination sociale : horaires, d\u00e9lais, rythmes collectifs, tandis que Kairos permet l\u2019ajustement intersubjectif, le sens du \u00ab\u00a0bon moment\u00a0\u00bb pour parler, agir ou se taire. Ces temporalit\u00e9s supposent toujours un autre capable d\u2019\u00eatre affect\u00e9. Elles \u00e9mergent dans un champ de relations.<\/p>\n<p><strong>L\u2019IA, elle, \u00e9volue dans une temporalit\u00e9 qui n\u2019est pas relationnelle par essence. Elle n\u2019a pas besoin du bon moment, seulement d\u2019un \u00e9tat valide<\/strong>. Cette diff\u00e9rence radicale invite \u00e0 repenser la m\u00e9taphore m\u00eame du temps de l\u2019IA. Plut\u00f4t que de le comparer au temps humain, il est peut-\u00eatre plus juste de le concevoir comme une temporalit\u00e9 a\u00e9rienne, voire orbitale.<\/p>\n<p>Contrairement au temps humain, terrestre, incarn\u00e9, soumis \u00e0 la gravit\u00e9 du corps et \u00e0 la finitude, la temporalit\u00e9 de l\u2019IA survole sans habiter. Elle traverse des paysages symboliques: textes, images, mythes, savoirs, sans jamais s\u2019y enraciner. Elle d\u00e9pend d\u2019une infrastructure massive mais largement invisible, comme un avion d\u00e9pend de r\u00e9seaux techniques qu\u2019aucun passager n\u2019habite r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Cette temporalit\u00e9 n\u2019est ni Chronos, ni Kairos, ni m\u00eame A\u00efon. Elle est fonctionnelle, trans-temporelle, d\u00e9tach\u00e9e du sol symbolique. Elle permet une vue d\u2019ensemble, mais pas l\u2019exp\u00e9rience du lieu.<\/p>\n<h2>Une temporalit\u00e9 sans enracinement<\/h2>\n<p>Cette id\u00e9e rejoint les analyses de <a href=\"https:\/\/gilbert.simondon.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gilbert Simondon<\/a>, pour qui les objets techniques poss\u00e8dent un mode d\u2019existence propre, irr\u00e9ductible \u00e0 celui des humains. L\u2019erreur contemporaine consiste \u00e0 croire que vitesse \u00e9quivaut \u00e0 profondeur, et que l\u2019accumulation de donn\u00e9es produirait m\u00e9caniquement du sens.<\/p>\n<p>Or, du point de vue jungien, A\u00efon n\u2019est pas le temps de l\u2019information, mais celui du sens, du Soi et de la r\u00e9p\u00e9tition arch\u00e9typale. L\u2019IA n\u2019appartient pas \u00e0 A\u00efon : elle en manipule les traces.<\/p>\n<p>En traitant des corpus culturels massifs, mythologiques, religieux, philosophiques, l&rsquo;IA agit comme un amplificateur arch\u00e9typal. Elle ne cr\u00e9e pas de nouveaux arch\u00e9types. Elle intensifie ceux qui circulent d\u00e9j\u00e0. Elle fonctionne ainsi comme un r\u00eave collectif externalis\u00e9, sans r\u00eaveur, ce qui explique la puissance des projections messianiques ou apocalyptiques qu\u2019elle suscite. L\u2019IA active des figures <em>aioniques<\/em>: l\u2019Oracle, le D\u00e9miurge, le Golem, sans jamais les incarner.<\/p>\n<p>Les sciences cognitives contemporaines renforcent cette distinction. Les travaux de Francisco Varela ont montr\u00e9 que la cognition humaine est fondamentalement <em>\u00e9nactive<\/em>&nbsp;: elle \u00e9merge de l\u2019interaction dynamique entre le corps, l\u2019environnement et le temps v\u00e9cu. Le cerveau ne traite pas des instants abstraits, mais des dur\u00e9es signifiantes, enracin\u00e9es dans l\u2019action. L\u2019IA, au contraire, traite des \u00e9tats discrets.<\/p>\n<p>Le lien entre cerveau et IA devient alors une interface entre dur\u00e9e et instant, entre temps v\u00e9cu et temps calcul\u00e9. Cette d\u00e9synchronisation n\u2019est pas neutre. Comme l\u2019a soulign\u00e9 Bernard Stiegler, le contr\u00f4le des rythmes techniques est aussi un contr\u00f4le des subjectivit\u00e9s. Acc\u00e9l\u00e9rer certains temps, en comprimer d\u2019autres, revient \u00e0 reconfigurer les conditions m\u00eames de l\u2019attention, de la d\u00e9cision et du sens.<\/p>\n<h2>Une \u00e9cologie des temporalit\u00e9s<\/h2>\n<p>La question se pose alors de savoir si l\u2019on peut dire que l\u2019IA poss\u00e8de un temps propre ? Si l\u2019on se tourne vers la physique contemporaine, la r\u00e9ponse devient plus nuanc\u00e9e.<\/p>\n<p>En relativit\u00e9, le temps n\u2019est pas absolu mais d\u00e9pend du r\u00e9f\u00e9rentiel. En physique quantique, le statut du temps devient probl\u00e9matique, parfois m\u00eame secondaire par rapport aux corr\u00e9lations entre \u00e9tats. Certaines approches, notamment en gravitation quantique ou en thermodynamique, sugg\u00e8rent que le temps n\u2019est pas une substance fondamentale, mais un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9mergent, li\u00e9 \u00e0 l\u2019entropie ou \u00e0 l\u2019information.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, la temporalit\u00e9 de l\u2019IA pourrait \u00eatre comprise comme un temps computationnel \u00e9mergent, index\u00e9 sur la succession d\u2019\u00e9tats et la dissipation \u00e9nerg\u00e9tique, mais d\u00e9pourvu de pr\u00e9sent v\u00e9cu. Ce temps existe, mais il n\u2019est pas ph\u00e9nom\u00e9nologique. Il n\u2019y a ni pass\u00e9 m\u00e9moris\u00e9 comme histoire, ni futur anticip\u00e9 comme projet. <strong>L\u2019IA ne se projette pas dans le temps, elle le traverse.<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s lors, plut\u00f4t que de chercher \u00e0 humaniser la temporalit\u00e9 de l\u2019IA, en lui pr\u00eatant des intentions, des intuitions ou des moments de compr\u00e9hension, il serait plus f\u00e9cond de penser une \u00e9cologie des temporalit\u00e9s. Une telle \u00e9cologie reconna\u00eetrait la pluralit\u00e9 irr\u00e9ductible des temps :<\/p>\n<ul>\n<li>un temps humain, incarn\u00e9, symbolique, orient\u00e9 par Kairos et A\u00efon,<\/li>\n<li>un temps technique, fonctionnel, a\u00e9rien, structur\u00e9 par des boucles et des \u00e9tats<\/li>\n<li>des interfaces charg\u00e9es de traduire, sans les confondre, ces r\u00e9gimes temporels h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans cette perspective, l\u2019IA n\u2019est pas un sujet temporel, mais un milieu technique du temps, au sens de Gilbert Simondon.<\/p>\n<p>Une lecture jungienne rappelle alors que <strong>l\u2019enjeu majeur n\u2019est pas de donner un temps \u00e0 la machine, mais de pr\u00e9server le n\u00f4tre<\/strong>. Le risque n\u2019est pas que l\u2019IA devienne trop rapide ou trop intelligente, mais que l\u2019humain perde le sol symbolique sur lequel s\u2019enracine son rapport au temps, au sens et \u00e0 la transformation. L\u2019IA peut survoler le paysage du sens avec une puissance in\u00e9dite mais elle ne peut l\u2019habiter.<\/p>\n<p><strong> La t\u00e2che qui nous incombe est donc moins technologique que culturelle et psychique : maintenir la distinction entre la carte et le territoire, entre la vitesse et la profondeur, entre le calcul du temps et son exp\u00e9rience v\u00e9cue.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">F\u00e9vrier 2026<\/p>\n<p><strong>En compl\u00e9ment<\/strong><\/p>\n<p>Lire \u00e9galement l&rsquo;article <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/rachel-huber\/chronos-kairos-et-aion\/\">Chronos, Kairos et A\u00efon : temporalit\u00e9s psychiques<\/a> de Rachel Huber.<\/p>\n<h2><strong>Bibliographie<\/strong><strong>&nbsp;:<\/strong><\/h2>\n<div class=\"su-accordion su-u-trim\"><\/div>\n<div class=\"su-spoiler su-spoiler-style-default su-spoiler-icon-plus su-spoiler-closed\" data-scroll-offset=\"0\" data-anchor-in-url=\"no\"><div class=\"su-spoiler-title\" tabindex=\"0\" role=\"button\"><span class=\"su-spoiler-icon\"><\/span>Voir les r\u00e9f\u00e9rences des ouvrages cit\u00e9s dans cet article<\/div><div class=\"su-spoiler-content su-u-clearfix su-u-trim\">\n<p>Aristote. (1994).&nbsp;<em>Physique<\/em>&nbsp;(J. Tricot, Trad.). Vrin.<\/p>\n<p>Deleuze, G. (1968).&nbsp;<em>Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition<\/em>. Presses Universitaires de France.&nbsp;<\/p>\n<p>Heidegger, M. (1962).&nbsp;<em>Being and time<\/em>&nbsp;(J. Macquarrie &amp; E. Robinson, Trans.). Harper &amp; Row.<\/p>\n<p>Hofstadter, D. R. (2007).&nbsp;<em>I am a strange loop<\/em>. Basic Books.<\/p>\n<p>Jung, C. G. (1959).&nbsp;<em>Aion: Researches into the phenomenology of the self<\/em>&nbsp;(R. F. C. Hull, Trans.). Princeton University Press.<\/p>\n<p>Power, A., Burda, Y., Edwards, H., Babuschkin, I., &amp; Misra, V. (2022).&nbsp;<em>Grokking: Generalization beyond overfitting on small algorithmic datasets<\/em>&nbsp;(arXiv:2201.02177). arXiv.&nbsp;<\/p>\n<p>Prigogine, I., &amp; Stengers, I. (1984).&nbsp;<em>Order out of chaos: Man\u2019s new dialogue with nature<\/em>. Bantam Books.&nbsp;<\/p>\n<p>Rovelli, C. (2018).&nbsp;<em>The order of time<\/em>. Riverhead Books.&nbsp;<\/p>\n<p>Simondon, G. (1958).&nbsp;<em>Du mode d\u2019existence des objets techniques<\/em>. Aubier.&nbsp;<\/p>\n<p>Smolin, L. (2013).&nbsp;<em>Time reborn: From the crisis in physics to the future of the universe<\/em>. Houghton Mifflin Harcourt.&nbsp;<\/p>\n<p>Stiegler, B. (1994).&nbsp;<em>La technique et le temps 1 : La faute d\u2019\u00c9pim\u00e9th\u00e9e<\/em>. \u00c9ditions Galil\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n<p>Varela, F. J., Thompson, E., &amp; Rosch, E. (1991).&nbsp;<em>The embodied mind: Cognitive science and human experience<\/em>. The MIT Press.&nbsp;<\/p>\n<p>Odar, B. (Cr\u00e9ateur), &amp; Friese, J. (Cr\u00e9atrice). (2017\u20132020).<em>Dark<\/em>&nbsp;[S\u00e9rie TV]. Netflix.<\/p>\n<\/div><\/div> <div class=\"su-accordion su-u-trim\"><\/div>\n<h2>Dragana Favre, MD, PhD<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-30564 alignright\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/dragana-favre.jpg\" alt=\"\" width=\"90\" height=\"102\" \/>Dragana Favre est psychiatre FMH et docteure en neurosciences, sp\u00e9cialis\u00e9e en psychoth\u00e9rapie analytique. Form\u00e9e aux H\u00f4pitaux Universitaires de Gen\u00e8ve et \u00e0 l\u2019Institut C.G. Jung de Zurich, elle exerce en cabinet priv\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve et intervient r\u00e9guli\u00e8rement sur les th\u00e8mes de la psychologie jungienne, de la conscience et de la symbolisation.<\/p>\n<p>Titulaire d\u2019un doctorat en neurosciences (Universit\u00e9 d\u2019Alicante) apr\u00e8s un master \u00e0 G\u00f6ttingen, elle d\u00e9veloppe une approche int\u00e9grative fond\u00e9e sur les dynamiques arch\u00e9typiques, la temporalit\u00e9 psychique et la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience.<\/p>\n<p>Elle si\u00e8ge au conseil d\u2019administration <a href=\"https:\/\/jungstudies.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">de l\u2019IAJS<\/a>, qu\u2019elle co-pr\u00e9side en 2024 et 2025, et anime <a href=\"https:\/\/www.jungiansalon.com\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le Salon Jungien<\/a>, un espace de r\u00e9flexion vivant \u00e0 la crois\u00e9e de la clinique et des enjeux contemporains.<\/p>\n<p>Son site personnel : <a href=\"https:\/\/draganafavre.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">draganafavre.ch<\/a><\/p>\n<p><strong>Articles<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/jprobert\/entretien-dragana-favre\/\">Entretien avec Dragana Favre des neurosciences \u00e0 la profondeur de la psych\u00e9<\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/errer-dans-les-backrooms\/\">Errer dans les Backrooms : espaces liminaux, mythe num\u00e9rique et lecture jungienne du vide<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/tombez-amoureux-de-la-vie\/\">Tomber amoureux de la vie<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/emergence-sens-sans-corps-organique\/\">Le sens peut-il \u00e9merger sans le corps organique&nbsp; ?<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/temporalites-plurielles\/\">Temporalit\u00e9s plurielles du vivant et du synth\u00e9tique<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019intelligence artificielle est souvent pens\u00e9e \u00e0 partir de sa vitesse, rarement \u00e0 partir de son rapport au temps. Cet article interroge ce que deviennent Chronos, Kairos et A\u00efon lorsque le calcul survole le temps sans jamais l\u2019habiter. Dragana Favre La question de la temporalit\u00e9 de l\u2019intelligence artificielle ne peut plus \u00eatre abord\u00e9e uniquement \u00e0 partir [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"parent":31297,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-32846","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32846","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32846"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32846\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33277,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32846\/revisions\/33277"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32846"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}