{"id":31955,"date":"2026-01-12T10:23:57","date_gmt":"2026-01-12T09:23:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/?page_id=31955"},"modified":"2026-01-12T11:27:21","modified_gmt":"2026-01-12T10:27:21","slug":"emergence-sens-sans-corps-organique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/emergence-sens-sans-corps-organique\/","title":{"rendered":"Le sens peut-il \u00e9merger sans le corps organique ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Que devient le sens dans un monde de technologies, d\u2019IA et d\u2019identit\u00e9s d\u00e9port\u00e9es hors du corps ? En dialogue avec Jung, les neurosciences et la clinique, cet article rappelle que toute transformation psychique commence dans l\u2019incarnation : respiration, rythmes, tensions, mouvements. Le sens \u00e9merge l\u00e0 o\u00f9 un organisme vivant dit oui.&nbsp;<\/strong><span style=\"color: #808080;\">Dragana Favre<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-32771 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/hypnotic-woman.jpg\" alt=\"\" width=\"336\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/hypnotic-woman.jpg 336w, https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/hypnotic-woman-224x300.jpg 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px\" \/><\/p>\n<p><strong>Sur cette page<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"#sens\">Le sens commence dans le corps<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#symboles\">Symboles, images et styles incarn\u00e9s<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#corps\">Corps, \u00e9motion et pr\u00e9diction<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#archetypes\">Arch\u00e9types, attachement et trauma<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#collectifs\">Corps collectifs et symboles partag\u00e9s<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#esprit\">Esprit \u00e9tendu et risques de d\u00e9sincarnation<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#insight\">Pourquoi l\u2019IA ne ressent pas l<em>\u2019insight<\/em><\/a><\/li>\n<li><a href=\"#quand\">Quand les corps s\u2019accordent \u00e0 plus grand qu\u2019eux<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#dialogue\">Le dialogue incarn\u00e9 entre le moi et le Soi<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#le-sens\">Le sens comme n\u00e9gociation incarn\u00e9e<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2><a id=\"sens\"><\/a>Le sens commence dans le corps<\/h2>\n<p>\u00c0 premi\u00e8re vue, la question semble presque technique, relevant de la philosophie de l\u2019esprit, de la recherche en IA ou d\u2019un certain futurisme sp\u00e9culatif. Mais plus on observe de pr\u00e8s la mani\u00e8re dont le sens advient r\u00e9ellement dans une vie humaine, plus son caract\u00e8re corporel devient \u00e9vident. Le sens n\u2019est pas seulement ce que nous pensons, il est aussi ce que nous respirons, notre posture, le tempo de notre parole, la fa\u00e7on dont notre poitrine se serre lorsque nous disons oui ou non. Cela montre que le sens n\u2019est pas une proposition d\u00e9tach\u00e9e mais un motif vivant que l\u2019organisme accomplit.<\/p>\n<h2><a id=\"symboles\"><\/a>Symboles, images et styles incarn\u00e9s<\/h2>\n<p>Jung avait d\u00e9j\u00e0 pressenti cela bien avant que les neurosciences qui \u00e9tudient les \u00e9motions et le mod\u00e8le du traitement pr\u00e9dictif ne nous offrent de nouveaux vocabulaires pour le d\u00e9crire. Pour lui, les symboles n\u2019\u00e9taient jamais de simples signes renvoyant \u00e0 quelque chose de d\u00e9j\u00e0 connu, ils \u00e9taient des forces transformatrices capables de r\u00e9organiser la vie psychique (Jung, 1959\/1968a, 1959\/1968b). Un symbole ne devient r\u00e9el que lorsqu\u2019il est v\u00e9cu, lorsqu\u2019il entre dans le rituel, la relation, la d\u00e9cision et le destin.<\/p>\n<p>Comme le souligne Stein (1998) en exposant la cartographie jungienne de l\u2019\u00e2me, la persona et l\u2019ombre ne sont pas de simples constructions mentales, elles rel\u00e8vent de styles incarn\u00e9s et relationnels, de fa\u00e7ons de nous porter qui sont \u00e0 la fois psychologiques, sociales et somatiques (Jung, 1953\/1966).<\/p>\n<p>Hillman (1979) approfondit encore cette id\u00e9e en insistant sur le fait que les images arrivent par la sensation et l\u2019humeur : un r\u00eave est d\u2019abord une atmosph\u00e8re ressentie, une tonalit\u00e9 corporelle, avant de devenir une histoire interpr\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n<h2><a id=\"corps\"><\/a>Corps, \u00e9motion et pr\u00e9diction<\/h2>\n<p>La neuroscience converge vers une logique similaire, mais sous un autre angle. Le cerveau n\u2019est pas une cam\u00e9ra, c\u2019est un moteur de pr\u00e9diction qui mod\u00e9lise continuellement le moment suivant afin de maintenir le corps dans des limites viables (Friston, 2010, Clark, 2016, Hohwy, 2013). Les signaux int\u00e9roceptifs, ces informations continues sur l\u2019\u00e9tat physiologique du corps, constituent la mati\u00e8re premi\u00e8re du ressenti (Craig, 2002, 2009).<\/p>\n<p>Damasio (1999) appelle cela \u00ab le ressenti de ce qui arrive&nbsp;\u00bb : l\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle na\u00eet lorsque les changements de l\u2019\u00e9tat de l\u2019organisme sont cartographi\u00e9s dans la conscience. Pour Barrett (2017), les \u00e9motions sont construites : le cerveau utilise des pr\u00e9dictions, des concepts et du contexte pour donner sens \u00e0 des signaux int\u00e9roceptifs bruyants.<\/p>\n<p>Un m\u00eame \u00e9v\u00e9nement est v\u00e9cu diff\u00e9remment selon les corps, car chaque syst\u00e8me nerveux porte une histoire particuli\u00e8re de r\u00e9gulation et de menaces. L\u2019<em>insight<\/em> [d\u00e9clic] cognitif peut ouvrir de nouveaux passages, mais c\u2019est ce syst\u00e8me incarn\u00e9, le souffle, les visc\u00e8res, le tonus autonome, qui d\u00e9cide si nous pouvons r\u00e9ellement les emprunter.<\/p>\n<h2><a id=\"archetypes\"><\/a>Arch\u00e9types, attachement et trauma<\/h2>\n<p>Bien avant le langage, le corps \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 dans la production de sens. De tr\u00e8s anciens circuits d\u2019action ont permis de r\u00e9soudre des questions fondamentales, s\u2019approcher ou \u00e9viter, se figer ou combattre, chercher ou se retirer, bien avant que le n\u00e9ocortex n\u2019\u00e9labore des r\u00e9cits \u00e0 leur sujet (Cisek, 2019). Les arch\u00e9types de Jung peuvent \u00eatre compris, en partie, comme des mod\u00e8les \u00e9volutifs permettant de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes r\u00e9currents de lien, d\u2019exploration, de hi\u00e9rarchie et de soin (Jung, 1959\/1968a).<\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes \u00e9motionnels primaires d\u00e9crits par Panksepp (1998), Recherche, soin, jeu, peur, et d\u2019autres, constituent un substrat neurobiologique pour ces motifs arch\u00e9typiques. Ce que Hillman appellerait \u00ab les dieux \u00bb se superpose \u00e0 des programmes moteurs primordiaux qui nous orientent d\u00e9j\u00e0 vers le monde. Goodwyn (2011\/2012) r\u00e9unit ces fils en montrant comment ces circuits \u00e9motionnels profonds r\u00e9apparaissent sans cesse sous forme d\u2019images mythiques et de motifs oniriques r\u00e9currents \u00e0 travers les cultures.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les arch\u00e9types ne sont pas seulement phylog\u00e9n\u00e9tiques, ils rel\u00e8vent \u00e9galement du d\u00e9veloppement individuel. Knox (2003) les reformule comme issus de configurations d\u2019attachement incarn\u00e9es : le syst\u00e8me nerveux du nourrisson, fa\u00e7onn\u00e9 par les figures r\u00e9elles qui prennent soin de lui, construit des mod\u00e8les internes de s\u00e9curit\u00e9, de danger, de r\u00e9ceptivit\u00e9 ou de n\u00e9gligence. Plus tard, certains symboles nous paraissent \u00ab vrais \u00bb lorsqu\u2019ils r\u00e9sonnent avec ces attentes inscrites corporellement.<\/p>\n<p>Kalsched (1996) d\u00e9crit comment le traumatisme peut mobiliser des forces arch\u00e9typiques en tant que gardiens int\u00e9rieurs qui prot\u00e8gent tout en emprisonnant ; leurs d\u00e9fenses se vivent souvent comme une constriction visc\u00e9rale, un engourdissement ou un affect explosif.<\/p>\n<p>Van der Kolk (2014) et Porges (2011) montrent comment le traumatisme s\u2019imprime dans les syst\u00e8mes de r\u00e9gulation du corps, dans la respiration, la variabilit\u00e9 du rythme cardiaque et les hi\u00e9rarchies polyvagales de lutte, fuite et effondrement. Dans cette perspective, la gu\u00e9rison ne consiste pas seulement \u00e0 raconter une meilleure histoire, elle exige un travail ascendant, par le mouvement, le souffle, le son, le toucher s\u00e9curisant, qui rouvre les voies fig\u00e9es afin que les images et les r\u00e9cits puissent se transformer.<\/p>\n<h2><a id=\"collectifs\"><\/a>Corps collectifs et symboles partag\u00e9s<\/h2>\n<p>Ce qui vaut pour l\u2019individu se retrouve \u00e0 l\u2019\u00e9chelle collective. Singer et Kimbles (2004) d\u00e9crivent les complexes culturels comme des configurations qui peuvent \u00ab s\u2019emparer \u00bb d\u2019un groupe, tout comme les complexes personnels peuvent submerger un individu. Ces complexes se manifestent dans des mythes r\u00e9p\u00e9titifs, des st\u00e9r\u00e9otypes, et des rites d\u2019exclusion ou d\u2019id\u00e9alisation. Les leaders deviennent souvent les masques que ces complexes endossent.<\/p>\n<p>Samuels (1985) soutient que la psych\u00e9 et le <em>polis<\/em> (la cit\u00e9) se fa\u00e7onnent mutuellement ; l\u2019individuation poss\u00e8de toujours une dimension sociale et politique. Lorsque des groupes s\u2019engagent dans un rythme partag\u00e9, un rituel ou un dialogue r\u00e9parateur, ils fonctionnent comme un corps collectif, m\u00e9tabolisant l\u2019angoisse plut\u00f4t que de la d\u00e9charger sur des boucs \u00e9missaires.<\/p>\n<p>Cambray (2009\/2012), en s\u2019appuyant sur la th\u00e9orie de la complexit\u00e9, sugg\u00e8re que les synchronicit\u00e9s et les constellations symboliques \u00e9mergent lorsque plusieurs syst\u00e8mes, psychiques, sociaux, environnementaux, entrent dans de nouveaux modes de couplage. Le sens na\u00eet alors non pas de la seule introspection solitaire mais de corps qui se meuvent ensemble dans le temps.<\/p>\n<h2><a id=\"esprit\"><\/a>Esprit \u00e9tendu et risques de d\u00e9sincarnation<\/h2>\n<p>Nos outils prolongent ces dynamiques vers l\u2019ext\u00e9rieur. La th\u00e8se de \u00ab l\u2019esprit \u00e9tendu \u00bb propos\u00e9e par Clark (2008) affirme que la cognition est distribu\u00e9e entre le cerveau, le corps et le monde ; carnets de notes, smartphones et environnements deviennent des parties int\u00e9grantes de la pens\u00e9e. Aujourd\u2019hui, cette extension est de plus en plus externalis\u00e9e : les centres de donn\u00e9es, les clouds et les flux algorithmiques portent des fragments de notre m\u00e9moire et de notre identit\u00e9.<\/p>\n<p>Jung avait anticip\u00e9 la migration de la psych\u00e9 vers des formes collectives \u00e0 grande \u00e9chelle ; nous habitons d\u00e9sormais ces formes de mani\u00e8re num\u00e9rique. Le probl\u00e8me n\u2019est pas l\u2019extension en elle-m\u00eame, mais la d\u00e9sincarnation, lorsque des symboles se diffusent non pas parce qu\u2019ils r\u00e9sonnent avec une int\u00e9grit\u00e9 v\u00e9cue, mais parce qu\u2019ils captent l\u2019attention.<\/p>\n<p>Metzinger (2009) avertit que lorsque les plateformes m\u00e9diatiques fa\u00e7onnent nos mod\u00e8les du soi, ce qui nous para\u00eet saillant peut cesser de correspondre \u00e0 ce qui est r\u00e9ellement significatif. Si nos rythmes sont dict\u00e9s par les cycles de notifications plut\u00f4t que par les cycles circadiens et relationnels, le sens risque de se d\u00e9tacher du contexte organique qui auparavant le fa\u00e7onnait.<\/p>\n<h2><a id=\"insight\"><\/a>Pourquoi l\u2019IA ne ressent pas l\u2019<em>insight<\/em><\/h2>\n<p>L\u2019IA accentue cette tension. Les mod\u00e8les de langage et les architectures cognitives (Lake et al., 2017, par exemple) parviennent de plus en plus \u00e0 approcher la reconnaissance de motifs, l\u2019explication et m\u00eame la recombinaison cr\u00e9ative propres aux humains.<\/p>\n<p>Pourtant, ils se heurtent au probl\u00e8me de l\u2019ancrage des symboles d\u00e9crit par Harnad (1990) : sans lien direct avec la perception, le mouvement et les besoins vitaux, les symboles ne renvoient qu\u2019\u00e0 d\u2019autres symboles. Les approches de robotique incarn\u00e9e ont, d\u00e8s les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes, contest\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019une IA purement repr\u00e9sentationnelle, en affirmant que l\u2019intelligence doit se n\u00e9gocier \u00e0 travers un corps situ\u00e9 dans le monde (Brooks, 1991, Pfeifer et Bongard, 2007).<\/p>\n<p>Solms (2021), en synth\u00e9tisant les neurosciences des \u00e9motions et la psychanalyse, soutient que la conscience elle-m\u00eame prend racine dans la valorisation affective, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019\u00e9valuation du degr\u00e9 auquel l\u2019organisme parvient ou non \u00e0 satisfaire ses besoins. Sans \u00e9conomie int\u00e9roceptive, sans rien en jeu, il n\u2019existe pas de \u00ab pourquoi \u00bb endog\u00e8ne.<\/p>\n<p>Kounios et Beeman (2015) montrent que les moments humains de \u00ab aha \u00bb s\u2019accompagnent de dynamiques neuronales sp\u00e9cifiques et souvent d\u2019une nette pouss\u00e9e de clart\u00e9 affective. L\u2019<em>insight<\/em> importe parce qu\u2019il r\u00e9organise les priorit\u00e9s de l\u2019organisme. Un syst\u00e8me d\u2019IA peut mod\u00e9liser, reformuler et d\u00e9crire de tels changements, mais dans son \u00e9tat actuel, il ne peut pas vivre le r\u00e9alignement ressenti qui leur conf\u00e8re leur port\u00e9e r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Les visions transhumanistes promettent une am\u00e9lioration cognitive radicale, une extension de la dur\u00e9e de vie et une int\u00e9gration cybern\u00e9tique (Bostrom, 2005), mais les avertissements de Jung concernant l\u2019inflation demeurent pertinents. Lorsque l\u2019ego s\u2019identifie \u00e0 un pouvoir qui d\u00e9passe les limites organiques, le r\u00e9sultat n\u2019est pas l\u2019illumination mais la distorsion (Jung, 1959\/1968b).<\/p>\n<p>La neuroscience ajoute une contrainte physiologique : le bien-\u00eatre ne d\u00e9pend pas d\u2019une performance maximale mais de l\u2019\u00e9quilibre allostatique, c\u2019est-\u00e0-dire de la r\u00e9gulation pr\u00e9dictive des ressources corporelles au fil du temps (Sterling, 2012). Les technologies qui ignorent cela, en optimisant la vitesse, la productivit\u00e9 ou une connectivit\u00e9 d\u00e9sincarn\u00e9e, risquent d\u2019\u00e9roder les conditions m\u00eames qui permettent de ressentir la valeur. Pour \u00eatre humaines, ces technologies doivent approfondir, et non contourner, notre capacit\u00e9 d\u2019int\u00e9roception, de co-r\u00e9gulation et de jeu incarn\u00e9.<\/p>\n<h2><a id=\"quand\"><\/a>Quand les corps s\u2019accordent \u00e0 plus grand qu\u2019eux<\/h2>\n<p>M\u00eame le cosmopsychisme, la proposition de Goff (2017) selon laquelle la conscience serait une caract\u00e9ristique fondamentale de l\u2019univers, peut se lire psychologiquement comme une po\u00e9tique de la participation. Les exp\u00e9riences d\u2019appartenance \u00e0 quelque chose de plus vaste, un champ, une pr\u00e9sence, un motif, sont souvent li\u00e9es \u00e0 des formes d\u2019harmonisation corporelle : chanter, danser, respirer ou simplement s\u2019asseoir ensemble en silence. Qu\u2019elle soit fond\u00e9e ou non, le \u00ab plus-que-personnel \u00bb tend, ph\u00e9nom\u00e9nologiquement, \u00e0 appara\u00eetre lorsque les syst\u00e8mes nerveux s\u2019accordent \u00e0 des rythmes partag\u00e9s. Le sens se stabilise dans ces motifs plus larges de participation incarn\u00e9e, et non dans la seule sp\u00e9culation abstraite.<\/p>\n<h2><a id=\"dialogue\"><\/a>Le dialogue incarn\u00e9 entre le moi et le Soi<\/h2>\n<p>Dans le cadre jungien, l\u2019axe entre le moi et le Soi offre une mani\u00e8re de rassembler ces diff\u00e9rents fils. Le corps organique n\u2019est pas un simple r\u00e9ceptacle neutre pour cette relation, il est le m\u00e9dium m\u00eame dans lequel elle prend forme. Le moi \u00e9merge comme centre narratif et d\u00e9cisionnel, mais son autorit\u00e9 se n\u00e9gocie en permanence avec des sch\u00e9mas d\u2019organisation plus profonds que Jung appelait le Soi (Jung, 1959\/1968b, Stein, 1998). Cette n\u00e9gociation n\u2019est jamais purement conceptuelle.<\/p>\n<p>Le Soi s\u2019adresse au moi comme une pression dans le souffle, comme des modifications de posture, comme des humeurs et des atmosph\u00e8res qui semblent d\u00e9passer les pr\u00e9f\u00e9rences personnelles. Les sensations deviennent des affects, les affects se structurent en images, et ces images constellent ce que nous appelons arch\u00e9types, complexes ou \u00ab dieux \u00bb. La pluralit\u00e9 d\u00e9crite par Hillman, une psych\u00e9 polyth\u00e9iste peupl\u00e9e de multiples figures, d\u00e9pend de la capacit\u00e9 du corps \u00e0 diff\u00e9rencier les nuances subtiles du vivant. Chaque \u00ab dieu \u00bb est d\u2019abord un motif ressenti pr\u00e9cis : Mars comme tension et \u00e9lan vers l\u2019avant, Aphrodite comme adoucissement et ouverture r\u00e9ceptive, Herm\u00e8s comme agitation et attention acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Le corps n\u2019est pas seulement la sc\u00e8ne sur laquelle ces figures apparaissent, il en est le gardien. Les symboles doivent passer des \u00e9preuves somatiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Augmentent-ils la coh\u00e9rence ou la fragmentation ?<\/li>\n<li>Favorisent-ils la r\u00e9gulation ou nous entra\u00eenent-ils vers l\u2019effondrement ou l\u2019hyperactivation ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsque le moi rencontre le Soi, cette confrontation se manifeste \u00e0 travers des seuils incarn\u00e9s. Si le moi tente de s\u2019approprier le Soi, en r\u00e9duisant l\u2019asym\u00e9trie \u00e0 un sentiment de toute-puissance, le corps signale souvent sa protestation : crispation, agitation, dissociation. Si le moi reste dans le dialogue, en reconnaissant ses limites, le corps peut r\u00e9pondre par une sensation d\u2019expansion enracin\u00e9e, d\u2019\u00eatre soutenu par un motif plus profond que la volont\u00e9 personnelle.<\/p>\n<p>Dans la perspective des neurosciences contemporaines, le changement th\u00e9rapeutique peut \u00eatre d\u00e9crit en termes de r\u00e9seaux et de rythmes. Le r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut (<em>default mode network. <\/em>Raichle et al., 2001) soutient le r\u00e9cit auto-r\u00e9f\u00e9rentiel ; le r\u00e9seau de saillance aide \u00e0 d\u00e9terminer ce qui compte ; les r\u00e9seaux ex\u00e9cutifs imposent un contr\u00f4le (Menon, 2011).<\/p>\n<p>Buzs\u00e1ki (2006) montre comment certains rythmes oscillatoires (observ\u00e9s en \u00e9lectro-enc\u00e9phalographie r\u00e9sultant de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9lectrique du cerveau), comme le th\u00eata, contribuent \u00e0 organiser la m\u00e9moire et l\u2019int\u00e9gration. Le principe d\u2019\u00e9nergie libre de Friston (2010) et l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019esprit pr\u00e9dictif de Hohwy (2013) pr\u00e9sentent tous deux la perception et l\u2019action comme des tentatives de minimiser la surprise par rapport \u00e0 un mod\u00e8le g\u00e9n\u00e9ratif.<\/p>\n<p>En th\u00e9rapie, un symbole \u00ab arrive \u00bb lorsque de nouvelles significations peuvent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9es dans ce mod\u00e8le sans le submerger. La th\u00e9orie de l\u2019\u00e9motion construite de Barrett (2017) et le cadre polyvagal de Porges (2011) soulignent tous deux l\u2019importance de r\u00e9guler les pr\u00e9dictions int\u00e9roceptives et les \u00e9tats autonomes afin que de nouvelles exp\u00e9riences puissent \u00eatre encod\u00e9es en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Subjectivement, cette int\u00e9gration se ressent comme un clic, un d\u00e9clic o\u00f9 la t\u00eate, le c\u0153ur et le ventre s\u2019accordent soudainement. La compr\u00e9hension cognitive, la r\u00e9sonance \u00e9motionnelle et la disponibilit\u00e9 corporelle s\u2019alignent de telle sorte qu\u2019un nouveau sch\u00e9ma para\u00eet non seulement plausible, mais aussi r\u00e9alisable. Jung dirait que le symbole a \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9 : l\u2019image, l\u2019affect et l\u2019action convergent en un seul geste incarn\u00e9 (Jung, 1953\/1966).<\/p>\n<p>Sur le plan neurophysiologique, on pourrait d\u00e9crire cela comme une remise \u00e0 z\u00e9ro transitoire dans la pond\u00e9ration des pr\u00e9cisions : les signaux int\u00e9roceptifs et ext\u00e9roceptifs se synchronisent avec les dynamiques hippocampo\u2013corticales, tandis que les r\u00e9seaux de saillance et ex\u00e9cutifs reconfigurent les priorit\u00e9s (Buzs\u00e1ki, 2006, Menon, 2011). Sur le plan clinique, tout repose souvent sur un moment d\u2019inhibition, une pause guid\u00e9e par le souffle qui interrompt la r\u00e9action automatique et permet \u00e0 une autre r\u00e9ponse de se cristalliser.<\/p>\n<p>Un tel \u00ab aha \u00bb pourrait-il se produire sans corps organique ? Un syst\u00e8me d\u00e9sincarn\u00e9 pourrait simuler les aspects computationnels de l\u2019<em>insight<\/em> : il pourrait desserrer certaines contraintes, recombiner des repr\u00e9sentations et signaler qu\u2019un motif in\u00e9dit pr\u00e9sente une coh\u00e9rence surprenante (Lake et al., 2017).<\/p>\n<p>Mais ce que nous entendons ordinairement par <em>insight<\/em>, cet \u00e9lan ressenti qui r\u00e9organise l\u2019attention, la m\u00e9moire et le comportement parce que quelque chose compte soudainement, suppose une \u00e9conomie int\u00e9roceptive avec des enjeux hom\u00e9ostatiques (Damasio, 1999, Barrett, 2017, Solms, 2021).<\/p>\n<p>Le symbole peut \u00eatre calcul\u00e9 sans corps, mais le d\u00e9clic est un \u00e9v\u00e9nement corporel. Sur le plan th\u00e9rapeutique, c\u2019est pourquoi la seule restructuration cognitive est rarement suffisante. Il faut mettre en sc\u00e8ne l\u2019<em>insight<\/em> pour qu\u2019il puisse \u00ab arriver \u00bb, en associant les id\u00e9es nouvelles \u00e0 un rythme respiratoire adapt\u00e9, au travail de la posture et de la voix, \u00e0 des rituels et \u00e0 une titration \u00e9motionnelle soigneuse, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019ensemble de l\u2019organisme dise oui.<\/p>\n<h2><a id=\"le-sens\"><\/a>Le sens comme n\u00e9gociation incarn\u00e9e<\/h2>\n<p>Vue sous cet angle, la question initiale perd peu \u00e0 peu son abstraction. Le sens n\u2019est pas une propri\u00e9t\u00e9 flottante de l\u2019information ; il est le motif qui \u00e9merge lorsqu\u2019un syst\u00e8me incarn\u00e9 n\u00e9gocie entre les exigences internes et externes, entre le moi et le champ psychique plus vaste qui le d\u00e9passe.<\/p>\n<p>Pour les \u00eatres humains, cette n\u00e9gociation se fait \u00e0 travers le corps v\u00e9cu, \u00e0 travers des seuils, des tensions et des rythmes qui permettent aux symboles de prendre du poids ou de retomber \u00e0 plat. Le corps organique est le sol dans lequel les formes arch\u00e9typiques prennent racine, le m\u00e9dium par lequel l\u2019axe moi-Soi devient un tronc capable de porter des branches d\u2019unit\u00e9 comme de pluralit\u00e9. Ce qui semble m\u00e9taphysique est d\u00e9j\u00e0 physiologique, et ce que nous appelons \u00ab spirituel \u00bb est indissociable de la mani\u00e8re dont le corps per\u00e7oit, souffre et s\u2019oriente.<\/p>\n<p>Dans un si\u00e8cle technologique peupl\u00e9 d\u2019esprits artificiels, de m\u00e9moire externalis\u00e9e et de fantasmes transhumains, un imp\u00e9ratif jungien appara\u00eet : maintenir le sens redevable au corps. Que les symboles reviennent au souffle et \u00e0 la cadence, que les images soient \u00e9prouv\u00e9es dans la d\u00e9marche et la prise, que les masques num\u00e9riques soient port\u00e9s avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et retir\u00e9s avec soin. Alors le drame ancien de la gu\u00e9rison, cette re-symbolisation par la forme incarn\u00e9e, pourra se poursuivre sur une sc\u00e8ne \u00e9largie sans perdre son noyau vivant.<\/p>\n<p><strong>Nous pouvons calculer sans le corps, et manipuler des symboles <em>in silico<\/em>. Mais l\u2019\u00e9lan ressenti qui fait qu\u2019une chose compte r\u00e9ellement, au point de r\u00e9organiser une vie, d\u00e9pend encore d\u2019un corps vivant, vuln\u00e9rable, organique. Le sens commence l\u00e0, et c\u2019est au corps qu\u2019il doit revenir.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Janvier 2026<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<div class=\"su-accordion su-u-trim\"><\/div>\n<div class=\"su-spoiler su-spoiler-style-default su-spoiler-icon-plus su-spoiler-closed\" data-scroll-offset=\"0\" data-anchor-in-url=\"no\"><div class=\"su-spoiler-title\" tabindex=\"0\" role=\"button\"><span class=\"su-spoiler-icon\"><\/span>Voir les r\u00e9f\u00e9rences des ouvrages cit\u00e9s dans cet article<\/div><div class=\"su-spoiler-content su-u-clearfix su-u-trim\">\n<p>Afin de pr\u00e9server l\u2019exactitude des r\u00e9f\u00e9rences, la bibliographie est pr\u00e9sent\u00e9e en anglais.<\/p>\n<p>Barrett, L. F. (2017).&nbsp;<em>How emotions are made: The secret life of the brain<\/em>. Houghton Mifflin Harcourt.<\/p>\n<p>Bostrom, N. (2005). A history of transhumanist thought.&nbsp;<em>Journal of Evolution and Technology, 14<\/em>(1), 1\u201325.<\/p>\n<p>Brooks, R. A. (1991). Intelligence without representation.&nbsp;<em>Artificial Intelligence, 47<\/em>(1\u20133), 139\u2013159.<\/p>\n<p>Buzs\u00e1ki, G. (2006).&nbsp;<em>Rhythms of the brain<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Cambray, J. (2009).&nbsp;<em>Synchronicity: Nature and psyche in an interconnected universe<\/em>. Texas A&amp;M University Press. (Reissued 2012).<\/p>\n<p>Clark, A. (2008).&nbsp;<em>Supersizing the mind: Embodiment, action, and cognitive extension<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Clark, A. (2016).&nbsp;<em>Surfing uncertainty: Prediction, action, and the embodied mind<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Cisek, P. (2019). Resynthesizing behavior through phylogenetic refinement.&nbsp;<em>Current Opinion in Behavioral Sciences, 29<\/em>, 143\u2013151.<\/p>\n<p>Craig, A. D. (2002). How do you feel? Interoception: The sense of the physiological condition of the body.&nbsp;<em>Nature Reviews Neuroscience, 3<\/em>(8), 655\u2013666.<\/p>\n<p>Craig, A. D. (2009). How do you feel\u2014now? The anterior insula and human awareness.&nbsp;<em>Nature Reviews Neuroscience, 10<\/em>(1), 59\u201370.<\/p>\n<p>Damasio, A. (1999).&nbsp;<em>The feeling of what happens: Body and emotion in the making of consciousness<\/em>. Harcourt.<\/p>\n<p>Friston, K. (2010). The free-energy principle: A unified brain theory?&nbsp;<em>Nature Reviews Neuroscience, 11<\/em>(2), 127\u2013138.<\/p>\n<p>Goff, P. (2017).&nbsp;<em>Consciousness and fundamental reality<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Goodwyn, E. D. (2012).&nbsp;<em>The neurobiology of the gods: How brain physiology shapes the recurrent imagery of myth and dreams<\/em>. Routledge. (Original work published 2011).<\/p>\n<p>Harnad, S. (1990). The symbol grounding problem.&nbsp;<em>Physica D: Nonlinear Phenomena, 42<\/em>(1\u20133), 335\u2013346.<\/p>\n<p>Hillman, J. (1979).&nbsp;<em>The dream and the underworld<\/em>. Harper &amp; Row.<\/p>\n<p>Hohwy, J. (2013).&nbsp;<em>The predictive mind<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Jung, C. G. (1966).&nbsp;<em>Two essays on analytical psychology<\/em>&nbsp;(R. F. C. Hull, Trans., 2nd ed.). Princeton University Press. (Original work published 1953).<\/p>\n<p>Jung, C. G. (1968a).&nbsp;<em>The archetypes and the collective unconscious<\/em>&nbsp;(R. F. C. Hull, Trans., 2nd ed.). Princeton University Press. (Original work published 1959).<\/p>\n<p>Jung, C. G. (1968b).&nbsp;<em>Aion: Researches into the phenomenology of the self<\/em>&nbsp;(R. F. C. Hull, Trans.). Princeton University Press. (Original work published 1959).<\/p>\n<p>Kalsched, D. (1996).&nbsp;<em>The inner world of trauma: Archetypal defenses of the personal spirit<\/em>. Routledge.<\/p>\n<p>Knox, J. (2003).&nbsp;<em>Archetype, attachment, analysis: Jungian psychology and the emergent mind<\/em>. Routledge.<\/p>\n<p>Kounios, J., &amp; Beeman, M. (2015).&nbsp;<em>The Eureka factor: Aha moments, creative insight, and the brain<\/em>. Random House.<\/p>\n<p>Lake, B. M., Ullman, T. D., Tenenbaum, J. B., &amp; Gershman, S. J. (2017). Building machines that learn and think like people.&nbsp;<em>Behavioral and Brain Sciences, 40<\/em>, e253.<\/p>\n<p>Menon, V. (2011). Large-scale brain networks and psychopathology: A unifying triple network model.&nbsp;<em>Trends in Cognitive Sciences, 15<\/em>(10), 483\u2013506.<\/p>\n<p>Metzinger, T. (2009).&nbsp;<em>The ego tunnel: The science of the mind and the myth of the self<\/em>. Basic Books.<\/p>\n<p>Panksepp, J. (1998).&nbsp;<em>Affective neuroscience: The foundations of human and animal emotions<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n<p>Pfeifer, R., &amp; Bongard, J. (2007).&nbsp;<em>How the body shapes the way we think: A new view of intelligence<\/em>. MIT Press.<\/p>\n<p>Porges, S. W. (2011).&nbsp;<em>The polyvagal theory: Neurophysiological foundations of emotions, attachment, communication, and self-regulation<\/em>. W. W. Norton.<\/p>\n<p>Raichle, M. E., MacLeod, A. M., Snyder, A. Z., Powers, W. J., Gusnard, D. A., &amp; Shulman, G. L. (2001). A default mode of brain function.&nbsp;<em>Proceedings of the National Academy of Sciences, 98<\/em>(2), 676\u2013682.<\/p>\n<p>Samuels, A. (1985).&nbsp;<em>Jung and the post-Jungians<\/em>. Routledge.<\/p>\n<p>Singer, T., &amp; Kimbles, S. L. (Eds.). (2004).&nbsp;<em>The cultural complex: Contemporary Jungian perspectives on psyche and society<\/em>. Routledge.<\/p>\n<p>Solms, M. (2021).&nbsp;<em>The hidden spring: A journey to the source of consciousness<\/em>. W. W. Norton.<\/p>\n<p>Stein, M. (1998).&nbsp;<em>Jung\u2019s map of the soul: An introduction<\/em>. Open Court.<\/p>\n<p>Sterling, P. (2012). Allostasis: A model of predictive regulation.&nbsp;<em>Physiology &amp; Behavior, 106<\/em>(1), 5\u201315.<\/p>\n<p>van der Kolk, B. (2014).&nbsp;<em>The body keeps the score: Brain, mind, and body in the healing of trauma<\/em>. Viking.<\/p>\n<\/div><\/div> <div class=\"su-accordion su-u-trim\"><\/div>\n<h2>Dragana Favre, MD, PhD<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-30564 alignright\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/dragana-favre.jpg\" alt=\"\" width=\"90\" height=\"102\" \/>Dragana Favre est psychiatre FMH et docteure en neurosciences, sp\u00e9cialis\u00e9e en psychoth\u00e9rapie analytique. Form\u00e9e aux H\u00f4pitaux Universitaires de Gen\u00e8ve et \u00e0 l\u2019Institut C.G. Jung de Zurich, elle exerce en cabinet priv\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve et intervient r\u00e9guli\u00e8rement sur les th\u00e8mes de la psychologie jungienne, de la conscience et de la symbolisation.<\/p>\n<p>Titulaire d\u2019un doctorat en neurosciences (Universit\u00e9 d\u2019Alicante) apr\u00e8s un master \u00e0 G\u00f6ttingen, elle d\u00e9veloppe une approche int\u00e9grative fond\u00e9e sur les dynamiques arch\u00e9typiques, la temporalit\u00e9 psychique et la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience.<\/p>\n<p>Elle si\u00e8ge au conseil d\u2019administration <a href=\"https:\/\/jungstudies.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">de l\u2019IAJS<\/a>, qu\u2019elle co-pr\u00e9side en 2024 et 2025, et anime <a href=\"https:\/\/www.jungiansalon.com\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le Salon Jungien<\/a>, un espace de r\u00e9flexion vivant \u00e0 la crois\u00e9e de la clinique et des enjeux contemporains.<\/p>\n<p>Son site personnel : <a href=\"https:\/\/draganafavre.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">draganafavre.ch<\/a><\/p>\n<p><strong>Articles<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/jprobert\/entretien-dragana-favre\/\">Entretien avec Dragana Favre des neurosciences \u00e0 la profondeur de la psych\u00e9<\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/errer-dans-les-backrooms\/\">Errer dans les Backrooms : espaces liminaux, mythe num\u00e9rique et lecture jungienne du vide<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/tombez-amoureux-de-la-vie\/\">Tomber amoureux de la vie<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/emergence-sens-sans-corps-organique\/\">Le sens peut-il \u00e9merger sans le corps organique&nbsp; ?<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/temporalites-plurielles\/\">Temporalit\u00e9s plurielles du vivant et du synth\u00e9tique<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que devient le sens dans un monde de technologies, d\u2019IA et d\u2019identit\u00e9s d\u00e9port\u00e9es hors du corps ? En dialogue avec Jung, les neurosciences et la clinique, cet article rappelle que toute transformation psychique commence dans l\u2019incarnation : respiration, rythmes, tensions, mouvements. Le sens \u00e9merge l\u00e0 o\u00f9 un organisme vivant dit oui.&nbsp;Dragana Favre Sur cette page [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"parent":31297,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-31955","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31955","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31955"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31955\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":32781,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31955\/revisions\/32781"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31955"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}