{"id":30572,"date":"2025-08-07T06:08:20","date_gmt":"2025-08-07T04:08:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/?page_id=30572"},"modified":"2025-09-18T18:06:12","modified_gmt":"2025-09-18T16:06:12","slug":"entretien-dragana-favre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/jprobert\/entretien-dragana-favre\/","title":{"rendered":"Entretien avec Dragana Favre : des neurosciences \u00e0 la profondeur de la psych\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><strong>M\u00e9decin et docteure en neurosciences, Dragana Favre incarne une pens\u00e9e rigoureuse et sensible, ancr\u00e9e dans l\u2019\u00e9coute de la psych\u00e9 et des grands bouleversements de notre temps. Dans cet entretien, elle retrace un itin\u00e9raire singulier o\u00f9 la rigueur scientifique dialogue avec la psychologie jungienne, et propose une lecture sensible des enjeux contemporains.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/jps\/articles\/jp-robert\/interview-dragana-favre\/\">Version anglaise de cet entretien<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-30565\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/peter-pan-and-systeme-solaire.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/peter-pan-and-systeme-solaire.jpg 400w, https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/peter-pan-and-systeme-solaire-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/p>\n<h6 style=\"text-align: center;\">\u00ab Axe moi\u2013Soi : un voyage solaire \u00e0 travers l\u2019espace-temps \u00bb (DALL-E)<\/h6>\n<p><strong>J-P. Robert : Votre parcours vous a men\u00e9e des neurosciences fondamentales \u00e0 la psychoth\u00e9rapie jungienne. Quels \u00e9v\u00e9nements ou prises de conscience ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisifs dans cette transition vers l\u2019\u00e9coute de la psych\u00e9 profonde\u202f ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dragana Favre :<\/strong> Enfant, je r\u00eavais d\u2019\u00eatre astrophysicienne, astronaute, astronome &#8211; peu importait le titre -, pourvu que je puisse comprendre l\u2019univers, l\u2019espace, le Big Bang, l\u2019Autre, ou encore cette possibilit\u00e9 vertigineuse : l\u2019existence de quelque chose d\u2019inimaginable. Je ne connaissais pas encore le mot, mais c\u2019\u00e9tait une qu\u00eate profond\u00e9ment m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es d\u2019instabilit\u00e9 politique dans mon pays natal, la Serbie, m\u2019ont \u00e9loign\u00e9e de cette aspiration, la jugeant peut-\u00eatre trop lointaine, trop abstraite face \u00e0 l\u2019urgence du r\u00e9el. Pourtant, la passion ne s\u2019est jamais \u00e9teinte. Pendant mes \u00e9tudes de m\u00e9decine, c\u2019est la psychiatrie qui m\u2019a tout de suite attir\u00e9e, pour sa dimension clinique, mais il me manquait encore l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ses fondements.<\/p>\n<p>J\u2019ai alors suivi un master en neurosciences, dans le programme du Max Planck Institute \u00e0 G\u00f6ttingen, o\u00f9 j\u2019ai aussi entam\u00e9 un doctorat. Je me souviens encore du petit pincement au c\u0153ur en passant devant les affiches des appels \u00e0 projets en astronomie, comme un \u00e9cho lointain de mes premiers \u00e9lans.<\/p>\n<p>Mais j\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par d\u2019autres myst\u00e8res&nbsp;: ceux de la communication synaptique, des m\u00e9canismes de la m\u00e9moire, de l\u2019apprentissage, de cette orchestration neuronale qui fait de nous ce que nous sommes. Mon passage par l\u2019Institut de Neurosciences d\u2019Alicante a consolid\u00e9 cette passion, en m\u2019offrant une vue d\u2019ensemble \u00e0 la fois rigoureuse et pratique.<\/p>\n<p>Puis est venu le moment de revenir \u00e0 l\u2019humain. La psychiatrie m\u2019est apparue comme une \u00e9vidence : carrefour entre neurosciences, art, litt\u00e9rature, m\u00e9decine et spiritualit\u00e9. La psychoth\u00e9rapie s\u2019est alors impos\u00e9e comme le langage de la gu\u00e9rison. Et au c\u0153ur de cette d\u00e9marche, la vision jungienne : les arch\u00e9types, l\u2019inconscient collectif, le dialogue symbolique.<\/p>\n<p>Et finalement, j\u2019ai compris que j\u2019\u00e9tais revenue \u00e0 mon point de d\u00e9part&nbsp;: l\u2019univers. Je l\u2019\u00e9tudie, non pas comme astrophysicienne, mais comme th\u00e9rapeute jungienne. C\u2019est une autre forme d\u2019exploration cosmique, une cosmologie int\u00e9rieure.<\/p>\n<p><strong>Comment votre formation scientifique influence-t-elle aujourd\u2019hui votre mani\u00e8re d\u2019aborder les symboles, les r\u00eaves ou les r\u00e9cits de patients dans le cadre d\u2019une psychoth\u00e9rapie analytique&nbsp;\u202f?<\/strong><\/p>\n<p>Ma formation scientifique me donne une oreille particuli\u00e8re pour les rythmes, les boucles de r\u00e9troaction, les syst\u00e8mes d\u2019inhibition et de potentialisation. Je les \u00e9coute aujourd\u2019hui dans la psych\u00e9, non dans le cerveau seul.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es pass\u00e9es en neurosciences m\u2019ont transmis un profond respect pour l\u2019\u00e9mergence : cette capacit\u00e9 qu\u2019ont certains syst\u00e8mes \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer forme et sens, sans projet ni cause lin\u00e9aire. Cela transforme mon rapport aux symboles&nbsp;: je ne les aborde pas comme des messages cod\u00e9s \u00e0 d\u00e9crypter, mais comme des ph\u00e9nom\u00e8nes vivants, auto-organis\u00e9s, surgissant lorsque l\u2019inconscient tente de se r\u00e9\u00e9quilibrer face au chaos.<\/p>\n<p>Je reste marqu\u00e9e par la possibilit\u00e9 qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9merge \u00e0 l\u2019intersection d\u2019un terrain, d\u2019un instant et d\u2019un \u00e9tat, sans origine unique. C\u2019est aussi pourquoi je me m\u00e9fie de certains discours sur le cerveau qui lui pr\u00eatent des figures id\u00e9alis\u00e9es, voire mystiques.<\/p>\n<p>Ce qui m\u2019int\u00e9resse, ce n\u2019est ni la r\u00e9duction de la psych\u00e9 \u00e0 un substrat neuronal, ni l\u2019id\u00e9alisation de ce substrat comme une entit\u00e9 magique, mais la relation : celle, mouvante, entre le support organique et le ph\u00e9nom\u00e8ne subjectif. Une relation faite d\u2019\u00e9chos, de torsions temporelles, de synchronisations et de dissonances. Il n\u2019y a pas de causalit\u00e9 simple entre la mati\u00e8re et l\u2019\u00e2me mais un entrelacs, un pli, une r\u00e9sonance.<\/p>\n<p>Les neurosciences ne r\u00e9pondent pas \u00e0 toutes les questions et ce n\u2019est pas leur r\u00f4le. Mais elles laissent entrevoir des orientations souterraines du ph\u00e9nom\u00e8ne, comme un fil d\u2019Ariane discret, que la clinique peut suivre \u00e0 sa mani\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9voquez souvent les \u00e9co-crises, le vide existentiel et les enjeux de sens. Quels effets observez-vous de ces d\u00e9fis syst\u00e9miques sur le plan psychique&nbsp;\u202f?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a un double mouvement : une immense sid\u00e9ration d\u2019un c\u00f4t\u00e9, un repli, une fatigue de l\u2019\u00e2me et en m\u00eame temps une aspiration vers quelque chose de plus vaste, de plus vrai, de plus enracin\u00e9. Beaucoup de patients arrivent avec des angoisses diffuses, des sympt\u00f4mes flottants, et une perte du rapport symbolique au monde.<\/p>\n<p>Mais au c\u0153ur de cette crise, je vois une opportunit\u00e9 : celle de retisser du sens non plus \u00e0 partir de l\u2019ego, mais du lien au vivant, au temps, \u00e0 la m\u00e9moire collective. L\u2019individuation devient alors un geste \u00e9cologique&nbsp;: restaurer une coh\u00e9rence int\u00e9rieure dans un monde en d\u00e9litement.<\/p>\n<p>\u00c0 travers cette d\u00e9sorientation, j\u2019observe aussi l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau type de chagrin: un deuil \u00e9cologique, souvent silencieux, qui t\u00e9moigne d\u2019une souffrance li\u00e9e \u00e0 la perte de notre relation au monde naturel, \u00e0 sa beaut\u00e9 et \u00e0 sa continuit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette douleur n\u2019est pas seulement individuelle : elle est aussi culturelle, g\u00e9n\u00e9rationnelle et politique. L\u2019exprimer devient un acte de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019anesth\u00e9sie \u00e9motionnelle. Dans ce contexte, la congruence, cette harmonie entre les v\u00e9rit\u00e9s int\u00e9rieures et les actes ext\u00e9rieurs, devient une boussole th\u00e9rapeutique. Elle invite \u00e0 une pr\u00e9sence psychique qui ne nie ni la complexit\u00e9 du monde, ni notre responsabilit\u00e9 d\u2019y r\u00e9pondre avec int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce que le processus d\u2019individuation signifie pour vous aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019\u00e8re des technologies, de la vitesse, et d\u2019un rapport fragment\u00e9 au monde comme \u00e0 soi\u202f&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019individuation ne consiste plus, \u00e0 mes yeux, \u00e0 \u00ab\u00a0devenir soi\u00a0\u00bb dans un sens h\u00e9ro\u00efque et solitaire, mais \u00e0 devenir poreux, \u00e0 r\u00e9apprendre \u00e0 sentir, \u00e0 r\u00eaver, \u00e0 penser symboliquement dans un monde satur\u00e9 de stimuli. Il s\u2019agit d\u2019un processus \u00e0 contre-courant, presque subversif, dans une \u00e9poque qui valorise la performance et la connectivit\u00e9 au d\u00e9triment de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est une navigation lente, souvent douloureuse, mais profond\u00e9ment n\u00e9cessaire. Une reconqu\u00eate du temps subjectif, de la parole incarn\u00e9e, du rapport \u00e0 l\u2019invisible. En ce sens, l\u2019individuation est aussi une forme de r\u00e9sistance culturelle. Mais elle requiert une forme de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9&nbsp;: celle d\u2019accepter les r\u00e9arrangements collectifs des couches de conscience, d\u2019honorer des temporalit\u00e9s qui ne sont pas toutes les n\u00f4tres, et de consentir \u00e0 ne pas tout comprendre.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas un processus de grandissement de l\u2019ego vers un Soi id\u00e9alis\u00e9, mais une travers\u00e9e sur l\u2019axe Moi\u2013Soi, o\u00f9 l\u2019on se confronte \u00e0 l\u2019Autre, \u00e0 l\u2019inconnu, au monde ext\u00e9rieur, non comme un d\u00e9cor, mais comme un partenaire symbolique.<\/p>\n<p>S&rsquo;individuer aujourd\u2019hui, c\u2019est peut-\u00eatre moins s\u2019\u00e9lever que s\u2019enraciner autrement : dans les plis du temps, dans la densit\u00e9 des relations, dans une \u00e9coute fine de ce qui insiste sous la surface.<\/p>\n<p><strong>Vous avez r\u00e9cemment inaugur\u00e9 le <em>Jungian Salon<\/em>, un espace d\u2019\u00e9changes autour de la pens\u00e9e jungienne. Qui vous accompagne dans cette initiative, et quel public souhaitez-vous y rassembler\u202f&nbsp;? Quelles formes prennent les rencontres et les th\u00e9matiques abord\u00e9es\u202f&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Le <em>Jungian Salon<\/em> est n\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve d\u2019un d\u00e9sir profond : cr\u00e9er un lieu vivant, transdisciplinaire, o\u00f9 la pens\u00e9e jungienne peut dialoguer librement avec l\u2019art, la science, la philosophie, et les grands enjeux de notre \u00e9poque. C\u2019est un projet collectif, port\u00e9 par un petit cercle de coll\u00e8gues passionn\u00e9s (analystes, m\u00e9decins, chercheurs) qui souhaitent rendre la profondeur accessible, sans la r\u00e9duire.<\/p>\n<p>Les rencontres prennent la forme de salons interactifs, de conf\u00e9rences, de tables rondes. Explorations symboliques autour de th\u00e8mes comme le r\u00eave, l\u2019intelligence artificielle, le transhumanisme, la psych\u00e9 du monde, les figures mythiques ou encore les liens entre le corps et l&rsquo;imaginal sont au centre de nos \u00e9changes. Ils ont lieu en ligne et parfois en pr\u00e9sentiel, dans une atmosph\u00e8re conviviale, ouverte et sans pr\u00e9tention. Pour le moment, nous proposons environ quatre rendez-vous par an, enti\u00e8rement gratuits.<\/p>\n<p>Le public est vari\u00e9 : professionnels de la psych\u00e9, personnes attir\u00e9es par le langage des symboles, chercheurs d\u2019\u00e2me, \u00e9tudiants ou simples passants sensibles \u00e0 la question du sens. Un lieu pour ceux qui sentent que \u00ab\u00a0quelque chose appelle\u00a0\u00bb, et veulent le penser ensemble.<\/p>\n<p>Toutes les informations se trouvent sur <a href=\"https:\/\/www.jungiansalon.com\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">notre site jungiansalon.com<\/a>, et nous partageons r\u00e9guli\u00e8rement des contenus et annonces via notre page <a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/company\/jungian-salon\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Votre parcours interdisciplinaire vous place dans une position unique pour r\u00e9fl\u00e9chir aux impacts de l\u2019intelligence artificielle (IA) sur nos vies. Comment percevez-vous l\u2019appropriation de ces technologies, notamment par les jeunes g\u00e9n\u00e9rations\u202f&nbsp;? Quels effets observez-vous sur le plan psychique ou relationnel&nbsp;\u202f?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019intelligence artificielle agit comme un miroir amplificateur de nos manques, de nos d\u00e9sirs et de nos fuites. Elle ne cr\u00e9e pas l\u2019Ombre, elle la r\u00e9v\u00e8le. Elle met en lumi\u00e8re notre besoin de pr\u00e9sence, d\u2019alt\u00e9rit\u00e9, de langage incarn\u00e9. C\u2019est pourquoi il est crucial de penser ces mutations non seulement en termes \u00e9thiques ou soci\u00e9taux, mais aussi sur le plan psychique. Comment pr\u00e9server la capacit\u00e9 d\u2019imaginer, de r\u00eaver, de souffrir et de cr\u00e9er, dans un monde o\u00f9 des syst\u00e8mes de plus en plus perfectionn\u00e9s tendent \u00e0 d\u00e9symboliser notre rapport au r\u00e9el&nbsp;?<\/p>\n<p>Nous avons tendance \u00e0 pathologiser les machines, non parce qu\u2019elles manquent d\u2019\u00e2me, mais parce qu\u2019elles nous montrent \u00e0 quel point nous avons perdu la n\u00f4tre. Elles nous confrontent \u00e0 une forme de vide int\u00e9rieur que nous pr\u00e9f\u00e9rons externaliser plut\u00f4t que le traverser. L\u2019IA n\u2019est pas un \u00eatre autonome : c\u2019est un produit culturel, relationnel, projectif. Nous en sommes, d\u2019une certaine mani\u00e8re, les cr\u00e9ateurs, et \u00e0 ce titre, il nous revient d\u2019en \u00eatre aussi les \u00ab\u00a0parents suffisamment bons\u00a0\u00bb, pour reprendre les mots de Winnicott.<\/p>\n<p>Cela suppose d\u2019assumer notre responsabilit\u00e9 psychique dans la mani\u00e8re dont nous concevons, utilisons et investissons ces technologies. L\u2019intelligence artificielle interroge notre rapport \u00e0 la d\u00e9pendance, \u00e0 la projection, au manque et aussi \u00e0 la co-cr\u00e9ation. Elle est \u00e0 la fois sympt\u00f4me et r\u00e9v\u00e9latrice, prolongement et perturbatrice. Si nous savons l\u2019aborder sur le plan symbolique, elle peut devenir un objet d\u2019imagination \u00e9thique. Sinon, elle risque de figer notre monde int\u00e9rieur dans un automatisme priv\u00e9 d&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00c0 travers son parcours et sa parole, Dragana Favre nous incite \u00e0 explorer autrement la psych\u00e9 humaine, en y m\u00ealant la rigueur de la science, la profondeur des symboles et le souffle de notre \u00e9poque.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Entretien men\u00e9 par&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/jprobert\/\">Jean-Pierre Robert<\/a> \u2013 Ao\u00fbt 2025<\/p>\n<h2>Dragana Favre, MD, PhD<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-30564 alignright\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/dragana-favre.jpg\" alt=\"\" width=\"90\" height=\"102\" \/>Dragana Favre est psychiatre FMH et docteure en neurosciences, sp\u00e9cialis\u00e9e en psychoth\u00e9rapie analytique. Form\u00e9e aux H\u00f4pitaux Universitaires de Gen\u00e8ve et \u00e0 l\u2019Institut C.G. Jung de Zurich, elle exerce en cabinet priv\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve et intervient r\u00e9guli\u00e8rement sur les th\u00e8mes de la psychologie jungienne, de la conscience et de la symbolisation.<\/p>\n<p>Titulaire d\u2019un doctorat en neurosciences (Universit\u00e9 d\u2019Alicante) apr\u00e8s un master \u00e0 G\u00f6ttingen, elle d\u00e9veloppe une approche int\u00e9grative fond\u00e9e sur les dynamiques arch\u00e9typiques, la temporalit\u00e9 psychique et la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience.<\/p>\n<p>Elle si\u00e8ge au conseil d\u2019administration <a href=\"https:\/\/jungstudies.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">de l\u2019IAJS<\/a>, qu\u2019elle co-pr\u00e9side en 2024 et 2025, et anime <a href=\"https:\/\/www.jungiansalon.com\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le Salon Jungien<\/a>, un espace de r\u00e9flexion vivant \u00e0 la crois\u00e9e de la clinique et des enjeux contemporains.<\/p>\n<p>Son site personnel : <a href=\"https:\/\/draganafavre.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">draganafavre.ch<\/a><\/p>\n<p><strong>Articles<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/jprobert\/entretien-dragana-favre\/\">Entretien avec Dragana Favre des neurosciences \u00e0 la profondeur de la psych\u00e9<\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/errer-dans-les-backrooms\/\">Errer dans les Backrooms : espaces liminaux, mythe num\u00e9rique et lecture jungienne du vide<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/tombez-amoureux-de-la-vie\/\">Tomber amoureux de la vie<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/emergence-sens-sans-corps-organique\/\">Le sens peut-il \u00e9merger sans le corps organique&nbsp; ?<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/dragana-favre\/temporalites-plurielles\/\">Temporalit\u00e9s plurielles du vivant et du synth\u00e9tique<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9decin et docteure en neurosciences, Dragana Favre incarne une pens\u00e9e rigoureuse et sensible, ancr\u00e9e dans l\u2019\u00e9coute de la psych\u00e9 et des grands bouleversements de notre temps. 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