{"id":26461,"date":"2024-08-31T15:20:23","date_gmt":"2024-08-31T13:20:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/?page_id=26461"},"modified":"2026-04-11T10:29:12","modified_gmt":"2026-04-11T08:29:12","slug":"visite-musee-emma-carl-gustav-jung","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/rachel-huber\/visite-musee-emma-carl-gustav-jung\/","title":{"rendered":"Visite du foyer d&rsquo;Emma et de Carl Gustav Jung"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une visite du domicile d&rsquo;Emma et Carl Gustav Jung laisse une impression marquante sur la plupart des visiteurs. En ao\u00fbt 2024, Rachel Huber et Bernard Hort ont partag\u00e9 leurs impressions, insistant sur l&rsquo;atmosph\u00e8re de recueillement de cette maison. <br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-26472 size-full\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/musee-emma-carl-gustav-jung.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"308\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/tour\/kuesnacht_musee_cg_jung.htm\">Le mus\u00e9e Emma et Carl Gustav Jung \u00e0 K\u00fcsnacht<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/jps\/articles\/rachel-huber\/visit-museum-emma-carl-gustav-jung\/\">Version anglaise de cet article<\/a><\/p>\n<h2>Introduction de Rachel Huber<\/h2>\n<p>Bien que je voyage en Suisse depuis 2009, je n&rsquo;avais pas encore eu l&rsquo;occasion, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, de visiter le lieu de vie d&rsquo;Emma et Carl Gustav Jung, un projet qui me tenait pourtant \u00e0 c\u0153ur depuis longtemps. Gr\u00e2ce \u00e0 un heureux concours de circonstances, j&rsquo;ai eu le plaisir, cet \u00e9t\u00e9, de participer, aux c\u00f4t\u00e9s du th\u00e9ologien Bernard Hort, \u00e0 une visite priv\u00e9e de leur foyer.<\/p>\n<p>Celle-ci fut extr\u00eamement bien guid\u00e9e par Denise Rudin, <a href=\"https:\/\/centre-dp.org\/en\/centre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">dipl\u00f4m\u00e9e en psychologie analytique<\/a>, qui a r\u00e9pondu avec finesse et \u00e9rudition \u00e0 nos nombreuses questions.<\/p>\n<p>Profond\u00e9ment inspir\u00e9s par la pens\u00e9e du psychanalyste zurichois, Bernard et moi tenions \u00e0 partager ce moment important, en exprimant ce qui a r\u00e9sonn\u00e9 en nous \u00e0 l&rsquo;approche de cette visite ou au cours de celle-ci.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Impressions de Rachel Huber<\/h1>\n<h2>R\u00e9v\u00e9lations int\u00e9rieures<\/h2>\n<p>Le processus d&rsquo;individuation en germe dans notre \u00e2me et aspirant \u00e0 se d\u00e9ployer pr\u00e9sente parfois des contours difficiles \u00e0 cerner, tandis qu&rsquo;\u00e0 d&rsquo;autres moments, il se manifeste plus clairement. A l&rsquo;image d&rsquo;un minutieux travail de fouilles arch\u00e9ologiques, chaque indice m\u00e9rite une attention \u00e0 la fois particuli\u00e8re et bienveillante.<\/p>\n<p>\u00c0 ce sujet me viennent \u00e0 l&rsquo;esprit certains \u00e9l\u00e9ments du mobilier de la demeure d&rsquo;Emma et Carl Gustav Jung, qui, bien au-del\u00e0 de leur fonction et de leur style, r\u00e9v\u00e8lent d\u00e9j\u00e0 une part du cheminement int\u00e9rieur de leurs propri\u00e9taires.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9sentation subjective est un fil conducteur. Peut-\u00eatre y d\u00e9couvrirez-vous un \u00e9cho qui r\u00e9sonnera avec votre \u00e2me, lors de votre visite des lieux.<\/p>\n<h2>De la rencontre au refuge : les murs de l&rsquo;\u00e2me<\/h2>\n<p>Un peu d\u2019histoire : nous sommes en 1896 et Carl Gustav Jung, alors jeune \u00e9tudiant de 21 ans, rend visite \u00e0 ses parents \u00e0 Schaffhouse. Il croise le regard d\u2019Emma Rauschenbach, qui a alors 14 ans. La rencontre est si intense pour le jeune homme qu&rsquo;il ressent d\u00e8s ce moment une certitude profonde : Emma deviendra un jour son \u00e9pouse.<\/p>\n<p>Six ans plus tard, devenu m\u00e9decin dipl\u00f4m\u00e9, Carl Gustav demande Emma en mariage. Le 14 f\u00e9vrier 1903, ils scellent leur union et s\u2019installent dans un modeste appartement au sein de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique du Burgh\u00f6lzli, o\u00f9 le psychiatre commence sa carri\u00e8re. Ils y vivent durant six ann\u00e9es.<\/p>\n<p>D\u00e8s 1907, le couple d\u00e9cide de construire une maison pour accueillir leur famille grandissante. Ils s\u00e9lectionnent un terrain \u00e0 K\u00fcsnacht, au bord du lac de Zurich : un lieu que Carl Gustav a toujours r\u00eav\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir. Le financement de ce projet ambitieux repose sur les ressources d\u2019Emma, provenant de la dot qu&rsquo;elle a re\u00e7ue \u00e0 son mariage et des b\u00e9n\u00e9fices de la fortune familiale des Rauschenbach.<\/p>\n<h2>La r\u00e9sidence des Jung : un univers int\u00e9rieur exprim\u00e9 dans l&rsquo;architecture<\/h2>\n<p>La construction d\u00e9bute rapidement avec l\u2019aide de l\u2019architecte et arch\u00e9ologue Ernst Fiechter, cousin de Jung et des paysagistes de renom que sont les fr\u00e8res Walter et Oskar Mertens pour l&rsquo;am\u00e9nagement des ext\u00e9rieurs. Carl Gustav joue un r\u00f4le actif dans la conception de sa maison et des jardins environnants.<\/p>\n<p>Il y int\u00e8gre de nombreux motifs et id\u00e9es qui occupent son esprit et qui influenceront sa carri\u00e8re, comme la tour qui se dresse \u00e0 l&rsquo;avant de la demeure et abrite la porte d&rsquo;entr\u00e9e. Je retrouve en Jung l&rsquo;aspiration fondamentale de l&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 mat\u00e9rialiser ses conceptions cosmiques dans la pierre.<\/p>\n<p>Cette qu\u00eate se manifeste d\u00e9j\u00e0 dans la Ziggourat d&rsquo;Ur, construite vers 2100-2000 avant J.-C., un monument embl\u00e9matique de la civilisation m\u00e9sopotamienne, qui prend la forme d&rsquo;une tour \u00e0 plusieurs niveaux, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 des fins religieuses.<\/p>\n<p>Le terme ziggourat, d\u00e9riv\u00e9 du verbe zaq\u0101ru, signifiant \u00ab \u00e9lever \u00bb, d\u00e9signe un \u00e9difice \u00e0 \u00e9tages qui, lorsqu&rsquo;il en compte sept, symbolise les sept cieux. On les retrouvera par exemple chez Saint Ir\u00e9n\u00e9e de Lyon au IIe si\u00e8cle. Selon lui, \u00ab Le monde se compose de sept cieux. Y habitent les vertus, les anges et les archanges ; ils accomplissent les fonctions du culte envers le Dieu bon et cr\u00e9ateur de tout&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Cette pens\u00e9e r\u00e9sonne avec l&rsquo;inscription latine grav\u00e9e au-dessus de la porte d&rsquo;entr\u00e9e : \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/peggy-vermeesch\/forces-archetypiques\/\"><em>Vocatus atque non vocatus Deus aderit <\/em><\/a>\u00bb \u2013 Invoqu\u00e9 ou non invoqu\u00e9, Dieu sera pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce microcosme de l\u2019univers psychique de Carl Gustav que la famille Jung emm\u00e9nage en 1909, avec leurs premiers enfants : Agathe, n\u00e9e le 28 d\u00e9cembre 1904, Gret, n\u00e9e le 8 f\u00e9vrier 1906, et Franz, n\u00e9 le 28 novembre 1908. La nouvelle r\u00e9sidence devient ainsi le foyer de la famille en pleine expansion.<\/p>\n<p>Cette m\u00eame ann\u00e9e, Carl Gustav quitte son poste \u00e0 la clinique du Burgh\u00f6lzli pour ouvrir son cabinet priv\u00e9 \u00e0 domicile. Cette d\u00e9cision lui permet de s&rsquo;\u00e9loigner de l&rsquo;h\u00f4pital psychiatrique et de se consacrer pleinement \u00e0 ses propres recherches. Elle lui permet \u00e9galement de concilier ses responsabilit\u00e9s professionnelles et familiales, et il conservera cette approche tout au long de sa carri\u00e8re. Marianne et Helene na\u00eetront \u00e9galement en ces lieux, respectivement les 20 septembre 1910 et 18 mars 1914.<\/p>\n<h2>Premi\u00e8res impressions<\/h2>\n<p>Avancer dans l&rsquo;all\u00e9e centrale, vers l&rsquo;entr\u00e9e majestueuse de la maison, c&rsquo;est aussi se diriger vers les rives du lac. Bord\u00e9e de buis, l&rsquo;all\u00e9e laisse filtrer les rayons du soleil entre les troncs, tandis que les gravillons crissent sous nos pas. Il est 14h et ce mois d&rsquo;ao\u00fbt 2024, particuli\u00e8rement chaud, rend le bruit de l&rsquo;eau et le jeu de la lumi\u00e8re en clair-obscur \u00e0 travers les arbres d&rsquo;autant plus saisissants.<\/p>\n<p>Denise nous accueille sur le pas de la porte. Quelques marches nous conduisent dans un petit hall distribuant les pi\u00e8ces. Une atmosph\u00e8re solennelle et chaleureuse, parfaitement restitu\u00e9e par notre guide.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re pi\u00e8ce qui retient mon attention est le salon du rez-de-chauss\u00e9e, sur l\u2019aile gauche : une petite pi\u00e8ce avec toutes les commodit\u00e9s, notamment le chauffage central. Pourtant, s\u2019y trouve un imposant po\u00eale de fa\u00efence. Il s\u2019agit d\u2019un <em>Kachelofen <\/em>typiquement originaire d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Autriche et de Suisse, con\u00e7u pour chauffer les maisons en accumulant de la chaleur, puis en la restituant lentement.<\/p>\n<p>Denise attise notre curiosit\u00e9 en nous demandant de bien l\u2019observer. Ce po\u00eale, c\u2019est Emma qui en a d\u00e9cid\u00e9 l\u2019acquisition, et ce, en l\u2019absence de son mari.<\/p>\n<h2>Des flammes du foyer aux flammes de l&rsquo;\u00e2me : l&rsquo;alchimie personnelle d&rsquo;Emma et Carl Gustav<\/h2>\n<p>Nous sommes en 1925, Emma a 43 ans. Elle a v\u00e9cu cinq grossesses et \u00e9lev\u00e9 autant d&rsquo;enfants, soutenue par son personnel de maison, une organisation courante dans les milieux ais\u00e9s de l&rsquo;\u00e9poque. Sa derni\u00e8re-n\u00e9e a 11 ans.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, elle joue un r\u00f4le significatif dans les travaux de son mari. Denise nous explique que, dans sa pratique d&rsquo;analyste comme dans ses \u00e9crits, Emma fait preuve d&rsquo;une ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit, d&rsquo;une diff\u00e9renciation claire et exerce une autorit\u00e9 subtile sur son entourage.<\/p>\n<p>En effet, les ann\u00e9es 1910 \u00e0 1913 marquent un tournant d\u00e9cisif dans l&rsquo;engagement d&rsquo;Emma au sein de la psychologie analytique, une p\u00e9riode qui co\u00efncide avec une phase de crise et de transformation dans la vie de Carl Gustav, notamment sa rupture avec Freud en 1913.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de ce moment, Emma s&rsquo;implique plus activement dans l\u2019approche th\u00e9orique d\u00e9velopp\u00e9e par son mari, s&rsquo;affirmant non seulement comme \u00e9pouse, malgr\u00e9 les \u00e9preuves li\u00e9es \u00e0 sa vie conjugale, mais aussi comme collaboratrice essentielle dans ses travaux. En d\u00e9pit des d\u00e9fis personnels que traverse leur relation, y compris les tensions dues \u00e0 des aspects de leur vie priv\u00e9e, Emma reste une partenaire pr\u00e9cieuse et engag\u00e9e.<\/p>\n<p>En 1916, elle entreprend une formation plus formelle d&rsquo;analyste et suit des cours en psychologie et en psychanalyse, encourag\u00e9e par Carl Gustav qui reconna\u00eet ses talents naturels pour l&rsquo;introspection et l&rsquo;analyse. Elle se pr\u00e9pare ainsi \u00e0 exercer de mani\u00e8re ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1920, elle devient une analyste accomplie, recevant ses propres patients tout en approfondissant ses \u00e9tudes et en participant activement aux s\u00e9minaires de son mari. Une grande partie de sa vie est consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de la qu\u00eate du Graal, un projet initi\u00e9 d\u00e8s avant la guerre et poursuivi sans \u00eatre achev\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1955.<\/p>\n<p>Ces recherches ont \u00e9t\u00e9 reprises et compl\u00e9t\u00e9es par Marie-Louise von Franz, qui les a parachev\u00e9es sous la forme d&rsquo;un livre intitul\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/mlvf\/oeuvre\/legende_graal.htm\">La L\u00e9gende du Graal<\/a>. Cette exploration des mythes arthuriens et de la psychologie f\u00e9minine lui ouvre les portes de sa propre r\u00e9alit\u00e9 inconsciente et approfondit sa compr\u00e9hension des grandes images arch\u00e9typiques.<\/p>\n<h2>Le Grand \u0152uvre domestique<strong><span style=\"color: #0000ff;\"><br \/>\n<\/span><\/strong><\/h2>\n<p>Revenons justement au Kachelofen. Carl Gustav a 50 ans, il voyage en Afrique : au Kenya et en Ouganda. Cette fois, Emma ne l\u2019a pas accompagn\u00e9 et elle communique donc son projet \u00e0 son \u00e9poux en lui adressant une lettre. Denise nous invite \u00e0 imaginer leur correspondance \u00e0 ce sujet. Tout en observant m\u00e9ticuleusement cette proposition et le po\u00eale en question, je remarque les d\u00e9tails, nombreux.<\/p>\n<p>J&rsquo;examine la volumineuse structure, bleu cobalt d\u00e9lav\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre p\u00e2le. Sur la face avant, align\u00e9s verticalement, se trouvent un cercle d\u00e9coratif et deux portes carr\u00e9es dor\u00e9s. La petite porte, situ\u00e9e en haut, donne acc\u00e8s \u00e0 la chambre de combustion secondaire, facilitant le nettoyage, l&rsquo;entretien et le r\u00e9glage de l\u2019air. La grande porte, en dessous, permet de charger le bois. Chacune est orn\u00e9e d\u2019une frise suivant les bordures. Un motif en losange et des boucles au centre pour celle du bas.<\/p>\n<p>Les carreaux, appel\u00e9s <em>Kacheln<\/em>, qui recouvrent la surface du po\u00eale, sont d\u00e9cor\u00e9s de motifs zodiacaux, de figures d&rsquo;animaux mythiques, comme la licorne, et l\u2019un d\u2019eux t\u00e9moigne de la date de livraison, 1926. Ce po\u00eale comprend \u00e9galement une petite alc\u00f4ve int\u00e9grant un banc pour s\u2019y lover et se r\u00e9chauffer : <em>l\u2019Ofenbank<\/em>.<\/p>\n<p>Denise nous pose une question : \u00ab Pouvez-vous reconnaitre ce que repr\u00e9sente la statuette qui tr\u00f4ne au sommet du Kachelofen ? \u00bb Bien-s\u00fbr ! Il s\u2019agit d\u2019un\u2026 p\u00e9lican !<\/p>\n<p><strong>Ce couple m\u2019inspire !<\/strong><\/p>\n<p>Je poursuis mes r\u00e9flexions int\u00e9rieures sur leur \u00e9change \u00e9pistolaire \u00e0 ce sujet. Comment ce choix s\u2019est-il impos\u00e9 aux \u00e9poux ?<\/p>\n<h2>Le p\u00e9lican : embl\u00e8me du foyer et de la profondeur de leur lien ?<\/h2>\n<p>Dans <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/qui.htm\" rel=\"noopener\">Ma vie<\/a>, pages 263-266, Jung d\u00e9voile nombre de ses r\u00eaves. Il me revient celui du \u00ab douanier et du chevalier \u00bb de 1911. Le chevalier, qui lui fait une grande impression, est du XIIe si\u00e8cle, \u00ab \u00e9poque o\u00f9 l\u2019alchimie d\u00e9buta ainsi que la qu\u00eate du Saint Graal \u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Il ajoute que depuis sa jeunesse, les histoires du Graal jouent chez lui un grand r\u00f4le, qu\u2019il les a lues pour la premi\u00e8re fois \u00e0 quinze ans et que ce fut \u00ab un \u00e9v\u00e9nement inoubliable, une impression qui ne dispara\u00eet jamais plus ! \u00bb. Il soup\u00e7onne d\u2019ailleurs qu\u2019un myst\u00e8re y est cach\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la dynamique de leur relation, leurs nombreux int\u00e9r\u00eats communs trouvent une r\u00e9sonance symbolique dans le choix du p\u00e9lican, ornant le Kachelofen-athanor. Ce symbole alchimique et christique refl\u00e8te le processus int\u00e9rieur en cours dans la psych\u00e9 d\u2019Emma et de Carl Gustav ainsi que dans l\u2019entit\u00e9 que repr\u00e9sente leur couple. Il illustre leur qu\u00eate commune de transformation et de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, mettant en lumi\u00e8re la profonde connexion entre leur parcours individuel et leur cheminement ensemble.<\/p>\n<p>En moi, un lien se tisse, peut-\u00eatre de la nature de celui qui les unit ? Malgr\u00e9 les multiples \u00e9preuves auxquelles le couple a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9, le p\u00e9lican, en tant que symbole, rev\u00eat pour Emma et Carl Gustav une signification profonde et r\u00e9siliente.<\/p>\n<p>Le p\u00e9lican incarne le sacrifice n\u00e9cessaire \u00e0 la transformation et \u00e0 la renaissance. C\u2019est \u00e9galement un alambic destin\u00e9 \u00e0 purifier et sublimer la mati\u00e8re :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab un vase de distillation utilis\u00e9 en alchimie par lequel le distillat ne retourne pas dans la partie ant\u00e9rieure, mais dans le ventre de la retorte. Cela illustre le processus de r\u00e9alisation de la conscience et de r\u00e9application des vues conscientes \u00e0 l\u2019inconscient. Il restitue l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la vie ant\u00e9rieure \u00e0 ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 proches de la mort. [\u2026] et repr\u00e9sente une all\u00e9gorie du Christ. \u00bb <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/oeuvre\/aion.htm\" rel=\"noopener\">Aion<\/a> p. &nbsp;160, cf note.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2>Au-del\u00e0 de la pr\u00e9sence physique : le f\u00e9minin comme centre spirituel<\/h2>\n<p>Mais plongeons un instant dans l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de Carl Gustav, lorsqu\u2019en Afrique, il r\u00e9fl\u00e9chit avec Emma \u00e0 cet \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9coration central. Il raconte que, lors de sa visite chez les Elgonyis [<a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/qui.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ma vie<\/a>, p. 417-418], il fait la connaissance d\u2019\u00ab une jolie femme d\u2019\u00e2ge moyen, c\u2019est-\u00e0 dire environ trente ans \u00bb, \u00e0 qui il peut s\u2019adresser selon la biens\u00e9ance en vigueur dans la coutume locale. Introduit en sa demeure, nous lisons, en fran\u00e7ais dans le texte : \u00ab <strong>Madame \u00e9tait chez elle <\/strong>\u00bb, puis :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab J\u2019avais l\u2019impression que l\u2019assurance et le sentiment de valeur personnelle qu\u2019on lisait dans son comportement reposait, dans une tr\u00e8s large mesure, sur une identit\u00e9 avec sa totalit\u00e9, qui \u00e9tait manifeste, compos\u00e9e de son monde \u00e0 elle, fait d\u2019enfants, de sa maison, de son petit b\u00e9tail, de la <em>Shamba<\/em>, et \u2013 <em>last but not least <\/em>&#8211; de son physique, qui ne manquait pas d\u2019attrait. <strong>On ne fit que peu d\u2019allusions \u00e0 l\u2019homme. <\/strong>Il semblait tant\u00f4t \u00eatre pr\u00e9sent, tant\u00f4t ne pas l\u2019\u00eatre. Pour le moment, il s\u00e9journait dans un lieu inconnu.<\/p>\n<p><strong>Mon h\u00f4tesse incarnait, pleinement et sans probl\u00e8me, tout ce qui \u00e9tait existant, v\u00e9ritable <em>pied \u00e0 terre <\/em>pour le mari<\/strong>. <strong>La question n\u2019\u00e9tait pas semble-t-il, qu\u2019<em>il <\/em>f\u00fbt l\u00e0 ou non, mais bien plut\u00f4t qu\u2019<em>elle <\/em>f\u00fbt pr\u00e9sente dans sa totalit\u00e9 comme le centre g\u00e9omagn\u00e9tique de son \u00e9poux qui errait avec ses troupeaux. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L&rsquo;observation de la femme Elgonyi r\u00e9v\u00e8le un aspect profond de l&rsquo;arch\u00e9type de la Grande M\u00e8re, que Jung associe souvent \u00e0 des notions de compl\u00e9tude, de stabilit\u00e9 et de centre. Cette femme, par sa pr\u00e9sence enti\u00e8re et assur\u00e9e, pourrait bien incarner pour lui une manifestation du f\u00e9minin arch\u00e9typal.<\/p>\n<p>Il souligne sa parfaite coh\u00e9rence identitaire avec sa \u00ab\u00a0totalit\u00e9\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle est en harmonie avec son environnement, ses enfants, sa maison et m\u00eame son propre corps. Elle n&rsquo;a pas besoin de la pr\u00e9sence physique de son mari pour se sentir compl\u00e8te ; au contraire, elle est elle-m\u00eame le centre autour duquel tout gravite, y compris son \u00e9poux, qui peut errer mais toujours revenir \u00e0 elle.<\/p>\n<p>Cette image rappelle peut-\u00eatre \u00e0 Carl Gustav un aspect d&rsquo;Emma : sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre ce pilier central, ce foyer spirituel et \u00e9motionnel qui ancre la famille et offre une sensation de s\u00e9curit\u00e9 et de compl\u00e9tude. Dans leur relation, malgr\u00e9 les crises et les \u00e9preuves, Emma demeure une figure de stabilit\u00e9, incarnant pour son \u00e9poux cet arch\u00e9type f\u00e9minin de la Grande M\u00e8re, qui nourrit, soutient et maintient l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 psychique.<\/p>\n<p>L&rsquo;analogie entre la femme Elgonyi et Emma r\u00e9side \u00e9galement dans leur capacit\u00e9 commune \u00e0 incarner une forme de totalit\u00e9 et de compl\u00e9tude. Cette qualit\u00e9 n\u2019est pas seulement une question de pr\u00e9sence physique, mais de pr\u00e9sence psychique, un ancrage spirituel et \u00e9motionnel qui reste constant, que l&rsquo;autre soit physiquement pr\u00e9sent ou non. En ce sens, Emma semble incarner pour Carl Gustav ce m\u00eame type de centre magn\u00e9tique, le point fixe autour duquel son propre d\u00e9veloppement psychologique et spirituel peut se structurer.<\/p>\n<h2>Le sacrifice du p\u00e9lican : un miroir du couple Jung ?<\/h2>\n<p>Ainsi, le choix ornemental du p\u00e9lican, en tant que symbole alchimique, pourrait bien constituer un \u00e9l\u00e9ment clef pour comprendre la dynamique du couple Jung. Ce mythe, o\u00f9 l&rsquo;oiseau se lac\u00e8re pour nourrir ses petits de son propre sang, refl\u00e8te \u00e0 la fois les d\u00e9fis et les transformations profondes qu&rsquo;ils ont travers\u00e9s ensemble. Cette image puissante incarne la mort n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, un principe fondamental de l&rsquo;alchimie. Non seulement le p\u00e9lican symbolise la purification et la sublimation, mais il repr\u00e9sente aussi l&rsquo;arch\u00e9type du sacrifice et de la renaissance. Emma, dans ce contexte, agit comme un pilier central et une source de stabilit\u00e9 dans la vie de Carl Gustav.<\/p>\n<p>\u00c0 travers ce symbole, nous pouvons d\u00e9duire un parall\u00e8le avec leur exp\u00e9rience : la transformation,<sub>&nbsp;<\/sub>personnelle et partag\u00e9e, souvent marqu\u00e9e par des \u00e9preuves et des crises, est essentielle \u00e0 l&rsquo;individuation. Le p\u00e9lican devient alors une m\u00e9taphore puissante de leur parcours relationnel, symbolisant la capacit\u00e9 d&rsquo;Emma \u00e0 incarner une fonction de centrage et de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration psychologique. En ce sens, le p\u00e9lican refl\u00e8te la dynamique complexe et \u00e9volutive de leur relation, illustrant leur qu\u00eate commune de sens et de compr\u00e9hension int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>En nous invitant \u00e0 poursuivre la visite, Denise attirera notre attention sur une multitude de d\u00e9tails significatifs pr\u00e9sents dans toutes les pi\u00e8ces de la maison, y compris, bien s\u00fbr, dans le cabinet de consultation du c\u00e9l\u00e8bre fondateur de la psychologie des profondeurs. L\u00e0, dans une ambiance en clair-obscur se trouve, face au bureau de Carl Gustav, un objet dissimul\u00e9 sous une \u00e9paisse tapisserie. Ce myst\u00e8re pourrait bien \u00eatre le sujet d\u2019une future exploration d\u00e9taill\u00e9e, offrant peut-\u00eatre un aper\u00e7u fascinant lors d&rsquo;un prochain article.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Impressions de Bernard Hort<\/h1>\n<h2>Quelques pistes pour pr\u00e9parer la visite<\/h2>\n<p>Aller \u00e0 la maison de Jung , c\u2019est prendre le temps de faire un long chemin, et vivre une attente croissante\u2026 Avant m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e, se donne beaucoup \u00e0 penser, \u00e0 int\u00e9grer et \u00e0 sentir.<\/p>\n<p>Nous aimerions partager ici quelques-unes des r\u00e9flexions qui nous ont aid\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer la visite, et \u00e0 d\u00e9canter l&rsquo;afflux de questions qui accompagne ce temps d\u2019approche. Il ne s\u2019agit \u00e9videmment que de pistes possibles. A chaque voyageur d\u2019aller puiser aux sources, de vivre son acheminement et d\u2019inventer son propre pr\u00e9lude.<\/p>\n<h2>Jung et la Suisse<\/h2>\n<p>Il y a l\u2019universel et le particulier, la <em>psych\u00e9 <\/em>objective et l\u2019infinie vari\u00e9t\u00e9 des circonstances. <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/tour\/kuesnacht.htm\">Aller \u00e0 K\u00fcsnacht<\/a>, c\u2019est rencontrer ce paradoxe. Longeant les berges du lac de Zurich, on sent le poids de l\u2019histoire et de la g\u00e9ographie. On d\u00e9couvre des paysages vallonn\u00e9s, une paix lacustre, un environnement fortement paysag\u00e9. Jung \u00e9tait suisse.<\/p>\n<p>Mais comment le conciliait-t-il avec son int\u00e9r\u00eat pour les horizons les plus vastes, son \u00e9coute de l\u2019Orient, son envie de voyages, ses contacts internationaux incessants et essentiels ? Comment a-t-il transfigur\u00e9 cette tension, et fait ici aussi \u00ab co\u00efncider les oppos\u00e9s \u00bb ? On est saisi par la question quand on approche du portail de sa demeure.<\/p>\n<p>Jung s\u2019en est expliqu\u00e9 avec profondeur dans un article publi\u00e9 dans <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/oeuvre\/drame_contemporain.htm\">Aspect du drame contemporain<\/a> (p. 93), \u00ab Signification de la Suisse dans l\u2019analyse spectrale de l\u2019Europe \u00bb. Il y r\u00e9pond.<\/p>\n<p>Au comte Hermann von Keyserling, un c\u00e9l\u00e8bre aventurier qui affichait son peu d&rsquo;estime pour la Suisse, \u00ab peuple d\u2019h\u00f4teliers \u00bb, mat\u00e9rialiste et sans grandeur, Jung r\u00e9pond :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Je ne voudrais en rien (\u2026) donner l\u2019impression que je tente de m\u00e9tamorphoser en valeurs nos d\u00e9fauts nationaux (\u2026). Je ne nie pas le manque de gr\u00e2ce, de vertus et la laideur du caract\u00e8re purement terrien, mais je le con\u00e7ois comme une donn\u00e9e et je cherche \u00e0 approfondir son &lsquo;sens&rsquo; europ\u00e9en \u00bb (p. 112).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En effet, si l\u2019Europe a pu accoucher d\u2019\u0153uvres sublimes,<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019intellectualit\u00e9, la spiritualit\u00e9 sont elles-m\u00eames entach\u00e9es du danger qu\u2019elles d\u00e9racinent l\u2019homme, qu\u2019elles l\u2019arrachent \u00e0 sa terre, qu\u2019elles l\u2019enthousiasment, lui faisant tenter des envol\u00e9es semblables \u00e0 celles d\u2019Icare, le laissant \u00e0 la fin s\u2019enliser dans des choses sans fond \u00bb (p. 110).<\/p>\n<p>Par ses d\u00e9fauts et limitations m\u00eames, la Suisse a donc, selon Jung, un r\u00f4le compensatoire \u00e0 jouer. Elle rappelle \u00e0 l\u2019intuitif, au cr\u00e9ateur, \u00e0 l\u2019artiste, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019incarner son propos et de vaincre l\u2019inflation psychique.<\/p>\n<p>Dans l\u2019esprit de Jung, les pesanteurs et les petitesses helv\u00e9tiques sont reconnues, mais transfigur\u00e9es. Sous sa plume, les usages pr\u00e9cautionneux de la Suisse acqui\u00e8rent un sens universel et ouvert, d\u00e8s lors que l\u2019on consid\u00e8re psychologiquement leur fonction. Il fallait vraiment \u00eatre Jung pour faire ainsi co\u00efncider racines locales et cosmopolitisme dynamique !<\/p>\n<h2>Comment faire l\u2019histoire de Jung ?<\/h2>\n<p>C\u2019est aussi une question qui peut se poser pendant ce temps d\u2019approche. Un Mus\u00e9e, pourquoi ? Des expositions, des brochures, des flyers sur Jung, pourquoi ? Car Jung nous offre une psychologie \u00ab avec \u00e2me \u00bb, qui voudrait favoriser elle-m\u00eame un monde \u00ab sans perte d\u2019\u00e2me \u00bb. Et la pure connaissance historique de d\u00e9tail va souvent dans le sens contraire. Une importance excessive accord\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire peut, manifestement, nuire \u00e0 la vitalit\u00e9 et \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 !<\/p>\n<p>Quelqu\u2019un l\u2019avait bien vu : <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/ariaga-ecrits-jung\/relation-c-g-jung-friedrich-nietzsche\/\">Friedrich Nietzsche<\/a>, un homme dont Jung partageait l\u2019ambition de donner un sens singulier \u00e0 la vie, tout en se m\u00e9fiant fortement de son incapacit\u00e9 \u00e0 dominer ses pens\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi, dans sa <em>Seconde consid\u00e9ration intempestive. De l\u2019utilit\u00e9 et de l\u2019inconv\u00e9nient des \u00e9tudes historique pour la vie<\/em>(1874), Nietzsche, confront\u00e9 \u00e0 une inflation d&rsquo;\u00e9tudes historiques, souligne fortement que l\u2019histoire ne doit pas seulement \u00eatre un moyen d\u2019\u00e9rudition, mais aussi une source d\u2019inspiration et de cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Dans ce cadre, il distingue et examine :<\/p>\n<ul>\n<li><em>L\u2019histoire monumentale<\/em>, qui c\u00e9l\u00e8bre le g\u00e9nie des grands hommes. Cette d\u00e9marche est certes exaltante. Mais elle peut induire un rejet paralysant du pr\u00e9sent, qui risque d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme n&rsquo;\u00e9tant jamais \u00ab \u00e0 la hauteur \u00bb des plus grandes figures du pass\u00e9.<\/li>\n<li><em>L\u2019histoire antiquaire<\/em>, qui se centre sur la connaissance des d\u00e9tails, sans \u00eatre capable d\u2019en tirer des le\u00e7ons pour la vie r\u00e9elle. C\u2019est une \u00e9tape utile, mais qui peut engendrer une stagnation et une d\u00e9mission existentielles.<\/li>\n<li><em>L\u2019histoire critique<\/em>, qui met en question le pass\u00e9 et le juge s\u00e9v\u00e8rement avec les crit\u00e8res contemporains ! Cette d\u00e9marche peut aider \u00e0 prendre du recul, mais aussi nous faire passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce que nos h\u00e9ritages ont \u00e0 nous donner, voire \u00e0 nous inspirer, aujourd\u2019hui m\u00eame.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucune de ces trois approches n\u2019est donc autosuffisante. Manifestement, une pratique de l\u2019histoire au service de la vie et de la cr\u00e9ativit\u00e9 ne pourra na\u00eetre que d\u2019un \u00e9change permanent entre ces trois perspectives, que d\u2019une alternance inventive et dynamique entre elles !<\/p>\n<h2>Une belle d\u00e9monstration<\/h2>\n<p>Or justement, par sa disponibilit\u00e9, son ouverture \u00e0 nos questions, sa comp\u00e9tence et sa capacit\u00e9 \u00e0 sentir le \u00ab fond psychique \u00bb de la discussion et \u00e0 la r\u00e9orienter sans cesse, notre guide, Madame Denise Rudin, a su faire alterner de fa\u00e7on captivante ces trois mani\u00e8res de faire de l\u2019histoire. Son expos\u00e9 passait de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre avec autorit\u00e9 et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, de sorte que le Jung dont elle nous parlait n\u2019\u00e9tait ni monumentalis\u00e9, ni fossilis\u00e9, ni d\u00e9pass\u00e9, mais vivant, et, surtout, inspirant.<\/p>\n<p>\u00c0 mesure que le temps avan\u00e7ait, le r\u00e9cit de notre guide gagnait tranquillement en profondeur. Il se faisait de plus en plus interactif et propice \u00e0 \u00e9veiller la r\u00e9flexion personnelle. Elle nous a ainsi fait exp\u00e9rimenter concr\u00e8tement une pratique de l\u2019histoire dynamique et cr\u00e9ative. Et elle nous a montr\u00e9 qu\u2019un art mus\u00e9al au service de la vie, et m\u00eame de l\u2019individuation, \u00e9tait parfaitement possible. Ce souvenir-l\u00e0 aussi, nous le gardons pr\u00e9cieusement de la maison de Jung.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-26474\" src=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/rachel-huber-bernard-hort.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"333\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/rachel-huber\/\">Rachel Huber<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/ressources\/bernard-hort\/#hort\">Bernard Hort<\/a> &#8211; Septembre 2024<\/p>\n<p><strong>A lire \u00e9galement<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/tour\/carte_suisse.htm\">Lieux de vie de Carl Gustav Jung<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/ressources\/bernard-hort\/\">Bernard Hort souligne l&rsquo;importance de l&rsquo;oeuvre de Jung<\/a> (entretien men\u00e9 par Rachel Huber)<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/mlvf\/oeuvre\/legende_graal.htm\">La l\u00e9gende du graal<\/a>, \u00e9tude d&rsquo;Emma Jung reprise par Marie-Louise von Franz.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/accueil\/balade-poetique-en-suisse\/\">Balade po\u00e9tique en Suisse<\/a> du c\u00f4t\u00e9 de C. G. Jung et M-L. von Franz par Jo\u00eblle Caujolle.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une visite du domicile d&rsquo;Emma et Carl Gustav Jung laisse une impression marquante sur la plupart des visiteurs. En ao\u00fbt 2024, Rachel Huber et Bernard Hort ont partag\u00e9 leurs impressions, insistant sur l&rsquo;atmosph\u00e8re de recueillement de cette maison. Le mus\u00e9e Emma et Carl Gustav Jung \u00e0 K\u00fcsnacht Version anglaise de cet article Introduction de Rachel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"parent":22850,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-26461","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/26461","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26461"}],"version-history":[{"count":43,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/26461\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34175,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/26461\/revisions\/34175"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/22850"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cgjung.net\/espace\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26461"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}