|
Aïon :
études sur la phénoménologie du Soi
Le
processus d'individuation vécu et décrit par C.G. Jung constitue l'axe
de la psychologie des profondeurs. Il aboutit à la réalisation d'une
totalité psychique transcendant le moi et dénommée Soi,
rassemblant en elle les contraires et offrant empiriquement les
caractéristiques du « dieu intérieur » de la philosophie éternelle. Aïon
étudie le Soi dans son rapport avec l'Homme-Dieu chrétien.
Le Christ lumineux est confronté dès l'origine avec
sa contrepartie obscure, l'Antéchrist, dont le règne doit précéder le
retour du Seigneur ou Parousie. L'association des deux contraires se
rencontre dans le signe zodiacal des Poissons. Le poisson est
historiquement l'un des premiers symboles du Christ. Le signe des Poissons
gouverne l'ère (aïon) chrétienne et
désigne le « le grand mois » platonicien suivant celui du Bélier et
auquel doit succéder l'âge du Verseau.
Le survol de deux millénaires chrétiens révèle des
correspondances (synchronicités) que l'on
pourrait être tenté d'interpréter comme le passage de l'ère du Christ
à celui de l'Antéchrist, parallèlement au déplacement du point vernal
de l'un à l'autre des Poissons. Des prédictions explicites d'astrologues
de la Renaissance, dont l'illustre Nostradamus, projettent une lumière
curieuse sur la présence de telles préoccupations dans l'esprit
occidental.
Jung étudie le symbolisme du poisson et celui du Soi
en s'appuyant sur des documents émanant des gnostiques et de leurs
successeurs, les alchimistes. Il considère
les uns et les autres comme des psychologues avant la lettre, qui ont
refusé les limites du dogme pour demeurer fidèles aux données de
l'expérience intérieure. C'est pourquoi il voit en eux les ancêtres de
sa psychologie des profondeurs. (4eme de couverture)
(Traduction par Etienne Perrot
et Marie-Martine Louzier-Sahler, éditions Albin Michel, 332 pages).

|