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1995 : la lettre de décembre
"Seule la persévérance fait que le lent
progrès ne se perd pas dans les
sables".
Yi King
(hexagramme no 53).
Durant ce mois de décembre
qui nous rapproche de Noël (la naissance du Christ, le Nouveau Soleil, nous-même en tant
que porteur de l'étincelle divine), nous explorerons en dix étapes notre prise de
conscience à partir de l'Art de domestiquer la Vache.
Au
fur et à mesure du processus d'individuation nous verrons les différentes parties du
corps de la vache (correspondant aux différents plans de conscience) s'éclaircir les uns
après les autres.
Le Bouddhisme, - qui est philosophie, mode de vie plus que religion, - nous montrera
d'abord dans cet ouvrage la disparition graduelle de la couleur noire de la vache, qui
représente la fausse vision du moi conscient uniquement rationnel, puis la disparition
même de l'animal, qui signifiera l'abdication du "moi" et du mental.
Première image. Le Bouddhisme Chan, ou Zen, nous dit :
"Il recherche la vache, les sens se jouent de nous". Cette situation correspond
à la description du premier palier de la réalisation. La vache, tout entière de couleur
noire, représente les possibilités de prises de conscience dont dispose l'être humain,
son moi, sa nature ignorante, son être potentiel. Dans la mesure où l'être humain ne le
voit qu'obscurément, ou dans ses seules apparences extérieures, la vache est noire. Elle
n'est pas totalement sauvage cependant, puisqu'elle a déjà une attache au museau. C'est
dire le désir de l'être humain d'évoluer. Les nuages, également noirs dans le ciel,
soulignent l'idée (fausse) que, dans l'imaginaire, on voit "tout noir plus noir que
le noir". Tel est le commencement du travail sur soi où alterneront douceur et
rigueur, comme l'attestent dans les mains du personnage - l'être humain - l'herbe
agréable (la carotte !) et le bâton.
De son côté, et semblablement saint Jean de la Croix écrit en termes chrétiens :
"L'âme, par amour pour Dieu, meurt au péché et à tout ce qui n'est pas
Dieu". Comme notre texte, il débute par la mort des sens et du mental. Mû par la
même humilité, nous entendons Lao-tseu dire : "Tous les êtres sont clairs, moi
seul suis trouble" C.G. Jung leur fait écho, parlant de lui-même : "Je ne suis
tout à fait sûr en rien".
Rolande Biès
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